{"id":253,"date":"2019-01-28T21:24:49","date_gmt":"2019-01-28T20:24:49","guid":{"rendered":"https:\/\/solidarites.ch\/neu\/2019\/01\/28\/resolution-ecosocialiste-janvier-2019-2\/"},"modified":"2019-01-28T21:24:49","modified_gmt":"2019-01-28T20:24:49","slug":"resolution-ecosocialiste-janvier-2019-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/solidarites.ch\/ne\/2019\/01\/28\/resolution-ecosocialiste-janvier-2019-2\/","title":{"rendered":"R\u00e9solution \u00e9cosocialiste &#8211;  janvier 2019"},"content":{"rendered":"<p><strong><\/strong><\/p>\n<p><em><strong> I&nbsp;<\/strong><\/em><em><strong>Pourquoi l\u2019\u00e9cosocialisme ?<\/strong><\/em><\/p>\n<p><strong>Ralliant \u00e9cologie et socialisme, le projet d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 \u00e9cosocialiste offre une mani\u00e8re alternative de concevoir et organiser les relations entre les humains et ce que l\u2019on a constitu\u00e9 en \u2018nature\u2019.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Premi\u00e8rement, l\u2019\u00e9cosocialisme est critique \u00e0 l\u2019\u00e9gard de l\u2019\u00e9cologie de march\u00e9 (le capitalisme vert) car elle reproduit les in\u00e9galit\u00e9s sociales et \u00e9cologiques. Deuxi\u00e8mement, il se distancie d\u2019une \u00e9conomie pr\u00e9tendument \u00ab\u2009socialiste\u2009\u00bb qui se base sur un productivisme singeant le capitalisme et niant comme lui l\u2019existence des limites biophysiques de la plan\u00e8te.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9cosocialisme vise par contre une soci\u00e9t\u00e9 qui rompt avec le capitalisme, c\u2019est-\u00e0-dire \u00e9cologique, socialiste et d\u00e9mocratique&nbsp;: elle pr\u00f4ne la gestion et le contr\u00f4le collectifs des ressources \u2018naturelles\u2019, des biens communs, des moyens de production en combinaison avec la transformation radicale des rapports sociaux (notamment de genre, de race et de classe) dans les sph\u00e8res de la production, la distribution, l\u2019\u00e9change et la consommation.<\/p>\n<p>Reste d\u00e8s lors \u00e0 d\u00e9terminer ce que nous voulons et devons produire sur notre plan\u00e8te, comment le produire, dans quels buts, pour qui, et par quelles proc\u00e9dures de d\u00e9cisions.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><strong> II&nbsp;<\/strong><\/em><em><strong>Une question de survie&nbsp;<\/strong><\/em><em><strong>de l\u2019humanit\u00e9&nbsp;<\/strong><\/em><em><strong>et de son environnement<\/strong><\/em><\/p>\n<p>La destruction de l\u2019environnement, un bien commun, signifie la destruction de l\u2019humanit\u00e9. Nous ne pouvons dissocier les multiples dimensions de la tr\u00e8s profonde crise syst\u00e9mique \u00e0 laquelle nous faisons face : \u00e9conomique, politique, sociale, alimentaire et \u00e9cologique. La crise actuelle est notamment d\u00e9termin\u00e9e par la consommation et par l\u2019\u00e9puisement, absolu ou relatif, d\u2019un certain nombre de ressources tir\u00e9es de notre milieu de vie, \u00e9nergies fossiles et autres mati\u00e8res premi\u00e8res, victimes d\u2019un extractivisme exacerb\u00e9 ; fond\u00e9 sur la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e des moyens de production, il est anim\u00e9 par un productivisme ob\u00e9issant lui-m\u00eame \u00e0 la seule r\u00e8gle capitaliste de la maximisation des profits, au b\u00e9n\u00e9fice des individus et des pays plus riches. Alors que nous avons les moyens de produire des aliments pour nourrir l\u2019ensemble de l\u2019humanit\u00e9 de mani\u00e8re \u00e9cologique, pr\u00e8s d\u2019un milliard d\u2019\u00eatres humains souffrent de faim et de malnutrition<\/p>\n<p>L\u2019agriculture intensive \u00e0 coup d\u2019engrais et de pesticides, l\u2019industrie de la viande et l\u2019industrie laiti\u00e8re, la production d\u2019OGM qui asservissent les petits paysans aux multinationales qui en d\u00e9tiennent les brevets, la production de soja pour nourrir des animaux destin\u00e9s \u00e0 la consommation dans les pays les plus riches, la sp\u00e9culation financi\u00e8re dans le trading des denr\u00e9es alimentaires ob\u00e9issent \u00e0 la m\u00eame logique productiviste et par cons\u00e9quent destructrice \u2013 au d\u00e9triment d\u2019une agriculture vivri\u00e8re ind\u00e9pendante, une agriculture de proximit\u00e9 susceptible de surmonter des crises alimentaires r\u00e9currentes.<\/p>\n<p>La crise actuelle se traduit par le changement climatique, la perturbation des \u00e9quilibres dynamiques de la biosph\u00e8re, la d\u00e9gradation des \u00e9cosyst\u00e8mes, l\u2019appauvrissement de la biodiversit\u00e9, l\u2019\u00e9puisement des ressources non renouvelables, la p\u00e9nurie d\u2019eau potable, l\u2019acidification des oc\u00e9ans, ou encore l\u2019appauvrissement des sols. Le cycle naturel de l\u2019eau est boulevers\u00e9, de m\u00eame que d\u2019autres cycles biog\u00e9ochimiques essentiels (oxyg\u00e8ne, hydrog\u00e8ne, carbone, azote, etc.) ; les r\u00e9gulations des principales composantes de notre environnement terrestre (oc\u00e9ans, biosph\u00e8re) ne sont plus assur\u00e9es. En raison de la mont\u00e9e du niveau des oc\u00e9ans par la fonte des calottes glaciaires et la dilatation des oc\u00e9ans, de lourdes menaces p\u00e8sent sur les zones c\u00f4ti\u00e8res o\u00f9 vivent des populations tr\u00e8s concentr\u00e9es, souvent dans des conditions pr\u00e9caires et principalement dans le Sud. Une autre menace s\u00e9rieuse et accrue est celle de la pr\u00e9sence et de la combinaison incommensurable de dizaines de milliers de mol\u00e9cules de chimie de synth\u00e8se dans notre environnement proche : habitat, ameublement, v\u00eatements, alimentation\u2026 Par ses cons\u00e9quences et sa dynamique, le d\u00e9r\u00e8glement climatique est certainement la menace la plus pressante pour l\u2019humanit\u00e9 (par exemple en impliquant une \u00e9l\u00e9vation du niveau des mers pouvant se situer entre 6 et 13 m\u00e8tres).<\/p>\n<p>Remettre en cause la surexploitation de notre \u00e9cosyst\u00e8me implique une d\u00e9croissance du recours aux ressources \u00ab naturelles \u00bb, sans laquelle la survie de l\u2019humanit\u00e9 est en question. En un demi-si\u00e8cle, un tiers des surfaces foresti\u00e8res de la plan\u00e8te a disparu non seulement en raison de l\u2019absence d\u2019alternative \u00e9nerg\u00e9tique pour les populations rurales, mais surtout par la destruction syst\u00e9matique de la for\u00eat primaire pour l\u2019exploitation mini\u00e8re ou pour l\u2019agriculture intensive. Cela en vue de la production de c\u00e9r\u00e9ales destin\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9levage du b\u00e9tail, \u00e0 la production laiti\u00e8re ou \u00e0 celle d\u2019huile de palme ainsi qu\u2019\u00e0 la fabrication d\u2019agrocarburants. Cette d\u00e9forestation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e ne fait qu\u2019aggraver l\u2019appauvrissement des sols et l\u2019effet de serre. Les soci\u00e9t\u00e9s soumises au mod\u00e8le impos\u00e9 par le capital pour une \u00e9conomie fond\u00e9e sur une croissance \u00e9valu\u00e9e en termes de profit purement financier ont une v\u00e9ritable addiction aux hydrocarbures. Ceci contribue \u00e0 l\u2019accroissement de la teneur en CO\u2082 de l\u2019air que nous respirons, avec des cons\u00e9quences sur l\u2019effet de serre et sur l\u2019augmentation d\u00e9sormais drastique des temp\u00e9ratures. De plus, sans compter la question des d\u00e9chets nucl\u00e9aires, la diss\u00e9mination des d\u00e9chets li\u00e9s \u00e0 l\u2019utilisation croissante des produits d\u00e9riv\u00e9s du p\u00e9trole a connu un saut quantitatif et qualitatif ces derni\u00e8res d\u00e9cennies, comme en t\u00e9moigne la naissance du nouveau continent de plastique dans l\u2019oc\u00e9an Pacifique, dont le niveau est mont\u00e9 avec les autres mers de 20&nbsp;cm durant le XXe si\u00e8cle.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><strong> III&nbsp;<\/strong><\/em><em><strong>La responsabilit\u00e9&nbsp;<\/strong><\/em><em><strong>des activit\u00e9s \u00e9conomiques : de l\u2019anthropoc\u00e8ne&nbsp;<\/strong><\/em><em><strong>au capitaloc\u00e8ne<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Loin d\u2019\u00eatre \u00ab naturelle \u00bb, la crise syst\u00e9mique profonde que nous vivons est largement attribuable aux activit\u00e9s humaines. Succ\u00e9dant \u00e0 l\u2019holoc\u00e8ne, l\u2019\u00e8re dans laquelle nous vivons a pu \u00eatre caract\u00e9ris\u00e9e comme anthropoc\u00e8ne, en tant que nouvel \u00e2ge g\u00e9ologique de la Terre. Plus largement, on peut d\u00e9signer ainsi l\u2019\u00e2ge o\u00f9 les activit\u00e9s humaines ont un impact d\u00e9terminant sur le syst\u00e8me terrestre, et plus g\u00e9n\u00e9ralement sur l\u2019ensemble de l\u2019\u00e9cosyst\u00e8me auquel l\u2019humanit\u00e9 doit sa vie et sa survie.<\/p>\n<p>Quel qu\u2019en soit le d\u00e9but, cette \u00e8re \u00e9cologique nouvelle a \u00e9t\u00e9 marqu\u00e9e par deux p\u00e9riodes charni\u00e8res. La premi\u00e8re se situe entre le XVe et la fin du XVIIIe si\u00e8cle. Tout en engendrant pr\u00e8s de 50&nbsp;millions de d\u00e9c\u00e8s entre 1492 et 1650, notamment en raison des guerres de domination coloniale, des maladies transmises par les Europ\u00e9ens, des famines engendr\u00e9es par l\u2019intervention de ces m\u00eames Europ\u00e9ens, de la traite et de l\u2019esclavage des Noirs africains, de la colonisation \u00e9conomique des Am\u00e9riques, puis des Indes et finalement de l\u2019Afrique a aussi contribu\u00e9 \u00e0 une premi\u00e8re mondialisation des \u00e9changes, notamment ceux qui concernent les denr\u00e9es alimentaires. La cr\u00e9ation d\u2019un premier march\u00e9 mondial sous le contr\u00f4le et au seul profit des pays colonisateurs a provoqu\u00e9 une r\u00e9organisation radicale de la vie sur terre, en particulier par un m\u00e9lange d\u2019organismes vivants qui \u00e9taient jusqu\u2019alors s\u00e9par\u00e9s et surtout par la diffusion de l\u2019id\u00e9ologie europ\u00e9enne de la supr\u00e9matie de la culture blanche et de l\u2019enrichissement mat\u00e9riel. En concomitance avec une objectivation de l\u2019environnement en une \u00ab nature \u00bb dont on peut exploiter les \u00ab ressources \u00bb, le colonialisme a favoris\u00e9 la r\u00e9volution industrielle dont les incontestables acquis ont \u00e9t\u00e9 rapidement soumis \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de l\u2019accumulation du capital ; par le march\u00e9, par la subordination de la valeur d\u2019usage \u00e0 la seule valeur d\u2019\u00e9change, par la confiscation constante du travail et de son produit au b\u00e9n\u00e9fice du capital, la production industrielle et l\u2019\u00e9conomie ont \u00e9t\u00e9 soumises \u00e0 la r\u00e8gle imp\u00e9rative du profit financier.<\/p>\n<p>Le capital s\u2019\u00e9tant appropri\u00e9 les b\u00e9n\u00e9fices mat\u00e9riels et sociaux de l\u2019industrialisation, la deuxi\u00e8me p\u00e9riode charni\u00e8re commence au milieu du XXe si\u00e8cle ; sous l\u2019effet des accords de Bretton Woods et de la domination de l\u2019\u00e9conomie lib\u00e9rale et du capitalisme \u00e9tats-uniens \u00e0 l\u2019issue du d\u00e9sastre meurtrier de la seconde guerre mondiale, on assiste \u00e0 une acc\u00e9l\u00e9ration de l\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique. Ce productivisme acharn\u00e9 doit r\u00e9pondre \u00e0 une consommation sans cesse sollicit\u00e9e par une publicit\u00e9 agressive, d\u00e9sormais plac\u00e9e sous le signe de l\u2019innovation et de l\u2019obsolescence programm\u00e9e. Ainsi, les deux p\u00e9riodes charni\u00e8res de ce que l\u2019on d\u00e9crit comme l\u2019av\u00e8nement de l\u2019anthropoc\u00e8ne correspondent respectivement au d\u00e9but du syst\u00e8me capitaliste, favoris\u00e9 par l\u2019industrialisation, et \u00e0 son d\u00e9veloppement mondialis\u00e9 depuis la deuxi\u00e8me guerre mondiale jusqu\u2019\u00e0 nos jours.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est pas une pure co\u00efncidence. D\u00e8s sa naissance, le syst\u00e8me capitaliste a utilis\u00e9 \u00e0 la fois la nature humaine et la nature environnementale comme des ressources \u00e0 exploiter sans limites. La cons\u00e9quence en est des atteintes \u00e0 la sant\u00e9 des travailleuses et travailleurs par la pollution de l\u2019air (les d\u00e9c\u00e8s en d\u00e9coulant sont estim\u00e9s \u00e0 plus de 7&nbsp;millions par an selon l\u2019Organisation mondiale de la sant\u00e9), de l\u2019eau et des sols ou encore l\u2019usage de produits toxiques. La radioactivit\u00e9 en est un autre exemple. En fait, le d\u00e9veloppement de l\u2019arme nucl\u00e9aire a entra\u00een\u00e9 l\u2019utilisation civile de cette \u00e9nergie avec tous les risque qui y sont li\u00e9s.<\/p>\n<p>En ce qui concerne les \u00e9missions de gaz \u00e0 effets de serre, elles r\u00e9sultent en particulier d\u2019activit\u00e9s bas\u00e9es sur la combustion des \u00e9nergies fossiles (p\u00e9trole, gaz naturel, charbon\u2026) dans diff\u00e9rents secteurs (production d\u2019\u00e9nergie, industrie, transports, exploitation des b\u00e2timents, traitement des d\u00e9chets\u2026), des changements d\u2019occupation des sols (d\u00e9forestation, agriculture intensive avec ses engrais chimiques et ses pesticides\u2026), et de l\u2019utilisation de syst\u00e8mes utilisant des gaz fluor\u00e9s (r\u00e9frig\u00e9ration, propulseurs d\u2019a\u00e9rosols\u2026). Toutes ces formes d\u2019exploitation ont comme cons\u00e9quence l\u2019\u00e9puisement de l\u2019environnement tout comme celui de l\u2019\u00eatre humain.<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 ce qui peut sugg\u00e9rer le terme anthropoc\u00e8ne, ce n\u2019est pas l\u2019humanit\u00e9 toute enti\u00e8re qui est responsable des bouleversements \u00e9cologiques auxquels nous assistons. Mais la responsabilit\u00e9 de la crise syst\u00e9mique revient aux d\u00e9tenteurs du capital et aux pouvoirs politiques qui sont \u00e0 leur service. Dans ce sens, l\u2019\u00e8re contemporaine m\u00e9rite aussi le nom de capitaloc\u00e8ne. L\u2019accumulation du capital est fond\u00e9e sur l\u2019appropriationd\u2019un environnement objectiv\u00e9 en \u00ab nature \u00bb, et d\u2019une humanit\u00e9 con\u00e7ue en termes de force de travail et par cons\u00e9quent de forces productives : \u00ab ressources naturelles \u00bb d\u2019un c\u00f4t\u00e9, \u00ab ressources humaines \u00bb de l\u2019autre, pour le profit capitaliste. Devant r\u00e9pondre aux imp\u00e9ratifs de la croissance \u00e9conomique et financi\u00e8re, la production \u00e9conomique est enti\u00e8rement soumise aux sacro-saintes r\u00e8gles du capital : concurrence, comp\u00e9titivit\u00e9, rentabilit\u00e9 (financi\u00e8re), maximisation des profits. Le d\u00e9passement du syst\u00e8me capitaliste est donc n\u00e9cessaire pour s\u2019attaquer aux causes profondes de la crise actuelle, m\u00eame s\u2019il n\u2019est pas suffisant, \u00e0 lui seul, pour r\u00e9soudre tous les probl\u00e8mes. La capacit\u00e9 du syst\u00e8me capitaliste \u00e0 l\u00e9gitimer les int\u00e9r\u00eats qu\u2019il d\u00e9fend par des institutions proclamant des id\u00e9aux universels comme la libert\u00e9 ne peut \u00eatre sous-estim\u00e9e.<\/p>\n<p>Les atteintes \u00e0 l\u2019environnement mettent en danger l\u2019ensemble de l\u2019humanit\u00e9 ; mais leurs responsabilit\u00e9s sont diff\u00e9renci\u00e9es.<\/p>\n<p>Historiquement, ces transformations \u00e9cologiques majeures d\u00e9coulent d\u2019un c\u00f4t\u00e9 de l\u2019arriv\u00e9e des colonisateurs europ\u00e9ens et de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 d\u2019un mode de production et de consommation introduit, diffus\u00e9 et contr\u00f4l\u00e9 principalement par des pays du Nord aux d\u00e9pends des pays du Sud. Par l\u2019interm\u00e9diaire d\u2019une mondialisation n\u00e9o-coloniale purement \u00e9conomiste et financi\u00e8re, la logique productiviste et consum\u00e9riste du capital est \u00e0 la base du processus de marchandisation de la plan\u00e8te et de sa soumission \u00e0 la sp\u00e9culation financi\u00e8re. Il en va ainsi des biens communs fondamentaux : ressources alimentaires, patrimoine g\u00e9n\u00e9tique, biodiversit\u00e9 dans les zones urbaines comme dans le monde rural, avec une domination n\u00e9o-coloniale des pays du Nord sur ceux du Sud, au d\u00e9triment du cadre de vie et des conditions de survie de milliards d\u2019\u00eatres humains, avec leur environnement \u00e9cologique, social et culturel. Dans le cas des \u00e9missions \u00e0 effet de serre, il est par exemple n\u00e9cessaire de tenir compte de la \u00ab dette \u00e9cologique \u00bb, accumul\u00e9e par les pays industrialis\u00e9s du Nord par rapport au reste du monde.<\/p>\n<p>Dans le cadre de la mondialisation, certains pays ont r\u00e9ussi r\u00e9gionalement (voir mondialement pour le cas de la Chine) \u00e0 monter en puissance, \u00e9conomiquement et politiquement, venant bousculer la domination imp\u00e9rialiste traditionnelle. Ces pays, que les milieux financiers ont appel\u00e9s les BRICS (acronyme en anglais pour le Br\u00e9sil, l\u2019Inde, la Chine, et l\u2019Afrique du Sud), d\u2019autres les pays \u00e9mergents, m\u00e8nent \u00e0 leur tour des politiques pr\u00e9datrices, comme le montre l\u2019achat de terres africaines par la Chine. Rappelons aussi qu\u2019en 2017, les deux pays ayant \u00e9mis le plus de gaz \u00e0 effet de serre sont respectivement la Chine et l\u2019Inde, en particulier \u00e0 cause de leur recours au charbon.Toutefois, l\u2019ensemble des pays domin\u00e9s n\u2019a pas suivi ce parcours. Des relations n\u00e9ocoloniales classiques subsistent (voir la livraison syst\u00e9matiquement du fioul lourd et toxique inutilisable en Europe aux pays africains). Et les 250 millions de r\u00e9fugi\u00e9s climatiques pr\u00e9vu par l\u2019ONU en 2050 se recruteront tr\u00e8s majoritairement parmi les pays africains subsahariens, ceux d\u2019Asie du Sud-Est et ceux de la zone Pacifique.<\/p>\n<p>Les cons\u00e9quences aussi sont distribu\u00e9es de mani\u00e8re in\u00e9gale. Les victimes de la destruction de l\u2019environnement forment des cat\u00e9gories sociales aux int\u00e9r\u00eats divergents et aux formes de r\u00e9sistance variables. De fait, les principales victimes des d\u00e9g\u00e2ts environnementaux se trouvent dans les pays du Sud. En t\u00e9moigne notamment l\u2019exode rural qui a pour cons\u00e9quences le d\u00e9veloppement d\u2019\u00e9normes conurbations surpeupl\u00e9es, ax\u00e9es sur un transport individuel anarchique et couvrant de ce fait des surfaces toujours plus importantes de macadam et de b\u00e9ton, la multiplication des bidonvilles dans une pollution mortif\u00e8re et une pauvret\u00e9 accentu\u00e9e par le ch\u00f4mage de masse et les d\u00e9placements contraints de r\u00e9fugi\u00e9-e-s fuyant les pers\u00e9cutions, les guerres et les catastrophes \u00e9cologiques.<\/p>\n<p>Il faut constater que les rapports de forces in\u00e9gaux au niveau des responsabilit\u00e9s ainsi que entre les responsables et les victimes des catastrophes sociales et environnementales ne cessent de se cimenter : Gr\u00e2ce aux trait\u00e9s de \u00ab libre-\u00e9change \u00bb (tels que pr\u00f4n\u00e9s par l\u2019Organisation mondiale du commerce) et de \u00ab libre circulation des capitaux \u00bb (telle que promue par les institutions financi\u00e8res internationales) ancr\u00e9s dans l\u2019id\u00e9ologie n\u00e9o-lib\u00e9rale et justifi\u00e9s par une pens\u00e9e \u00e9conomique orthodoxe servile, le monde n\u2019est plus qu\u2019un grand march\u00e9 n\u00e9o-colonial, aux termes totalement d\u00e9s\u00e9quilibr\u00e9s en faveur des personnes et des pays les plus riches. Ces pays assoient leur domination \u00e9conomique et politique dans les sommets du G6, G7, G8, ou autre G20, et par leur contr\u00f4le des instances internationales. Par le processus d\u2019une mondialisation n\u00e9ocoloniale fond\u00e9e \u00e0 la fois sur l\u2019exploitation par les multinationales du Nord des mati\u00e8res premi\u00e8res d\u00e9tenues par les pays du Sud et sur des investissements gigantesques asservissant la force de travail des pays les plus d\u00e9favoris\u00e9s pour la production des objets de consommation vendus dans les pays les plus ais\u00e9s, les b\u00e9n\u00e9fices d\u2019une bonne partie de la production mondiale sont d\u00e9sormais aux mains de quelques oligarques et ploutocrates d\u00e9tenant multinationales et grandes banques. Par ailleurs, les plans d\u2019 \u00ab ajustement structurel \u00bb impos\u00e9s aux pays les plus endett\u00e9s par les institutions bancaires internationales n\u00e9es des accords de Bretton Woods ont ouvert ces pays les plus pauvres aux investissements \u00e9trangers au d\u00e9triment de l\u2019agriculture vivri\u00e8re, des institutions scolaires, des services sociaux et des services de la sant\u00e9 publique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><strong> IV&nbsp;<\/strong><\/em><em><strong>La crise \u00e9cologique&nbsp;<\/strong><\/em><em><strong>et l\u2019impasse capitaliste<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Cons\u00e9quence des exigences du fonctionnement du syst\u00e8me capitaliste, la crise actuelle ne peut \u00eatre r\u00e9solue \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de ce syst\u00e8me. Il y a un antagonisme fondametal entre son exigence de croissance \u00e9conomique et financi\u00e8re, et les limites des \u00ab ressources \u00bb humaines et environnementales. Son renforcement ne fait qu\u2019accentuer les modes de l\u2019exploitation des humains, les in\u00e9galit\u00e9s sociales, la d\u00e9sagr\u00e9gation des liens communautaires de solidarit\u00e9, et la destruction de l\u2019environnement, poussant celles et ceux qui en ont les moyens \u00e0 l\u2019\u00e9migration et \u00e0 la situation, pr\u00e9caire s\u2019il en est, de l\u2019exil. Cette derni\u00e8re affirmation est \u00e0 la base de notre position anticapitaliste et \u00e9cosocialiste. A la base du syst\u00e8me capitaliste, la production de la survaleur (profit, int\u00e9r\u00eat, rente, imp\u00f4t\u2026) entra\u00eene la rupture m\u00e9tabolique que l\u2019on a mentionn\u00e9e entre l\u2019humanit\u00e9 et le reste de la \u00ab nature \u00bb ainsi que l\u2019\u00e9puisement de l\u2019une et de l\u2019autre. Une partie de la valeur cr\u00e9\u00e9e par la production sert \u00e0 payer les salaires des travailleurs et travailleuses ; le reste est accapar\u00e9 par les capitalistes sous forme de survaleur. La partie pay\u00e9e aux travailleurs et travailleuses diminue sous la pression de la concurrence (\u00ab libre et non fauss\u00e9e \u00bb) et du dogme de la comp\u00e9titivit\u00e9. Il est donc dans la nature du syst\u00e8me capitaliste d\u2019augmenter la productivit\u00e9 du travail : produire plus dans un temps de travail moindre avec pour effet d\u2019augmenter les taux de profit.<\/p>\n<p>L\u2019obsession du profit financier et de la croissance \u00e9conomique aboutit \u00e0 une privatisation et \u00e0 une marchandisation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9es des activit\u00e9s \u00e9conomiques, sociales et culturelles. Une autre logique est n\u00e9cessaire, partant de la satisfaction des besoins sociaux et des droits humains et du respect des grands cycles naturels. Cette logique a pu \u00eatre d\u00e9sign\u00e9e sous le nom de d\u00e9croissance ou d\u2019a-croissance, notions qui ont le d\u00e9savantage de ne pas dire quelles modifications des rapports sociaux de production sont n\u00e9cessaires, quels secteurs devraient cro\u00eetre, et quels secteurs devraient d\u00e9cro\u00eetre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><strong> V&nbsp;<\/strong><\/em><em><strong>\u00c9checs r\u00e9formistes&nbsp;<\/strong><\/em><em><strong>et recherche de solutions<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les Conf\u00e9rences des Nations Unies sur le changement climatique et les accords qui en \u00e9manent, tels que la Convention sur le climat en 1992, le Protocole de Kyoto en 2005 ou l\u2019Accord de Paris en 2016 (COP 21), les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre ne cessent d\u2019augmenter. Il faut donc constater l\u2019\u00e9chec de cette approche. Cet \u00e9chec refl\u00e8te la complexit\u00e9 des enjeux \u00e9cologiques. L\u2019approvisionnement \u00e9nerg\u00e9tique d\u00e9pend d\u2019un entrelacs d\u2019int\u00e9r\u00eats \u00e9tatiques et priv\u00e9s, configur\u00e9 en fonction de l\u2019histoire du capitalisme et des sources d\u2019\u00e9nergie (p\u00e9trole, nucl\u00e9aire, charbon, eau, etc.). Une situation dans laquelle une ressource se rar\u00e9fie rend d\u2019autant plus n\u00e9cessaire le contr\u00f4le \u00e0 son acc\u00e8s et \u00e0 sa distribution. De l\u00e0 naissent la militarisation et les guerres pour le contr\u00f4le des champs p\u00e9trolif\u00e8res ou celles, moins visibles, pour l\u2019acc\u00e8s au minerai d\u2019uranium, sans parler de celles autour de l\u2019eau. La fonte de la calotte glaciaire ouvre la perspective de juteux profits gr\u00e2ce aux nouveaux forages p\u00e9troliers. La course aux hydrocarbures non conventionnels (sables bitumeux, gaz de schiste) s\u2019inscrit dans le m\u00eame \u00e9lan.<\/p>\n<p>Si \u00e0 l\u2019issue de la COP 21, la majorit\u00e9 des classes dominantes ne cherche plus \u00e0 nier le r\u00e9chauffement climatique, elle promeut toutefois des solutions uniquement techniques. Ainsi, la politique \u00e9nerg\u00e9tique des grandes puissances, institutions internationales et grands groupes capitalistes mise sur une transition longuement \u00e9tal\u00e9e, accompagn\u00e9e d\u2019un recours \u00e0 la g\u00e9oing\u00e9nierie (capture et stockage de CO\u2082) sans s\u2019opposer frontalement au recours aux \u00e9nergies fossiles, sans se pr\u00e9occuper de leur \u00e9puisement \u00e0 terme. Nulle trace de questionnement sur les besoins \u00e9nerg\u00e9tiques et d\u2019usages consommateurs qui sont d\u00e9finis par les multinationales de l\u2019\u00e9nergie fossile et les grandes banques qui les soutiennent. Nulle trace de remise en cause des imp\u00e9ratifs du profit. Dans le m\u00eame sens, la relance du nucl\u00e9aire, comme illusoire solution de rechange, constitue une menace directe pour les populations actuelles ainsi que pour les g\u00e9n\u00e9rations futures, sur lesquelles p\u00e8sera en outre la lourde hypoth\u00e8que du d\u00e9mant\u00e8lement des centrales et de la gestion de leurs d\u00e9chets. La ratification du Trait\u00e9 d\u2019interdiction partielle des essais nucl\u00e9aires n\u2019a fait diminuer la radioactivit\u00e9 que tr\u00e8s partiellement.<\/p>\n<p>M\u00eame le concept de \u00ab d\u00e9veloppement durable \u00bb a \u00e9t\u00e9 r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9 dans une logique principalement technique. Il devait offrir une alternative au syst\u00e8me capitaliste. N\u00e9anmoins, dans leur grande majorit\u00e9, les groupements \u00e9cologistes ont cherch\u00e9 des r\u00e9ponses dans le cadre du syst\u00e8me capitaliste, dans le respect des r\u00e8gles de l\u2019\u00e9conomie de march\u00e9 (\u00e9cotaxes, march\u00e9 \u2013 inefficace \u2013 des droits de polluer). Orient\u00e9s par une perspective humaniste sur certains th\u00e8mes, ils ont le plus souvent cherch\u00e9 des alliances avec les forces dites de gauche ; ils ont toutefois suivi l\u2019\u00e9volution droiti\u00e8re de la social-d\u00e9mocratie vers le social-lib\u00e9ralisme, sans parler des courants Verts lib\u00e9raux, encore plus clairement tourn\u00e9s vers les milieux bourgeois et la recherche du profit. Le \u00ab capitalisme vert \u00bb souvent pron\u00e9 est une imposture, car il ne remet en question ni l\u2019accumulation li\u00e9e au march\u00e9 et au profit financier, ni la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e du secteur \u00e9nerg\u00e9tique.<\/p>\n<p>On notera de plus qu\u2019apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec de la COP 15 (Copenhague), les grandes organisations environnementales ont abandonn\u00e9 peu \u00e0 peu le terrain des r\u00e9unions internationales de suivi pour relancer des mobilisations, hors du cadre de la diplomatie onusienne. Ce regain de visibilit\u00e9 et de mobilisations continue cependant \u00e0 s\u2019inscrire dans le cadre d\u2019un capitalisme vert et \u00ab raisonnable \u00bb. Conjointement, nombre d\u2019initiatives locales, voire individuelles (350.org, Alternatiba, village des initiatives, Notre-Dame-des-Landes, Ende Gel\u00e4nde, Standing Rock, etc.) se d\u00e9veloppent, t\u00e9moignant \u00e0 la fois d\u2019une volont\u00e9 d\u2019agir ici et maintenant pour la justice climatique, mais aussi de la difficult\u00e9 \u00e0 proposer des solutions politiques d\u2019ensemble, dans la perspective d\u2019une politique d\u00e9cid\u00e9ment anti capitaliste, d\u00e9cid\u00e9ment \u00e9cosocialiste.<\/p>\n<p>Afin d\u2019\u00e9largir les mobilisations en mati\u00e8re environnementale, nous devons mettre en \u00e9vidence les dimensions sociales en lien avec l\u2019\u00e9cologie, comme l\u2019ont fait les appels \u00e0 la d\u00e9fense du climat et \u00e0 la justice sociale, dans la mouvance altermondialiste. Les mobilisations paysannes au Sud ont apport\u00e9 un nouvel essor aux enjeux \u00e9cologiques en les liant aux revendications sociales : d\u00e9fendre l\u2019acc\u00e8s \u00e0 l\u2019eau potable publique, lutter contre la d\u00e9forestation (Coalition des Peuples de la For\u00eat), d\u00e9noncer les diff\u00e9rentes pollutions provoqu\u00e9es par les multinationales de l\u2019extraction des mati\u00e8res premi\u00e8res en combinaison avec diff\u00e9rentes formes de r\u00e9pression, se battre contre la d\u00e9gradation des sols li\u00e9e \u00e0 l\u2019agro-business. La lutte du Mouvement des paysans sans terre au Br\u00e9sil contre les OGM de Monsanto en est une illustration. La cr\u00e9ation et l\u2019importance prise par Via Campesina en est une autre. Ces luttes contribuent \u00e0 \u00e9largir et \u00e9lever notre niveau de conscience sur le plan \u00e9cologique, dans le sens d\u2019une meilleure int\u00e9gration des enjeux environnementaux et sociaux de notre mode de vie, en particulier dans le domaine de l\u2019\u00e9norme dette \u00e9cologique des pays du Nord par rapport aux pays du Sud.<\/p>\n<p>Enfin, un courant de gauche des objecteurs de croissance a apport\u00e9 \u00e0 ces luttes une analyse critique sur la n\u00e9cessit\u00e9 de laisser tomber l\u2019objectif de la croissance \u00e9conomique et d\u2019adopter un nouveau mod\u00e8le socio-\u00e9conomique d\u2019ordre \u00e9cologique et socialiste. Des convergences devront \u00eatre trouv\u00e9es pour r\u00e9affirmer et red\u00e9finir une \u00e9conomie reposant sur la satisfaction des besoins des populations, au Nord comme au Sud, \u00e0 travers des processus d\u00e9mocratiques, dans des relations \u00e9conomiques et politiques paritaires et \u00e9quilibr\u00e9es.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><strong> VI&nbsp;<\/strong><\/em><em><strong>Un programme \u00e9cosocialiste est indispensable<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Ainsi le capitalisme porte en lui les germes de l\u2019\u00e9puisement et l\u2019\u00e9ventuelle destruction d\u2019\u00e9cosyst\u00e8me dont l\u2019humanit\u00e9 fait elle-m\u00eame partie. C\u2019est donc une autre organisation dans ses dimensions sociale, \u00e9conomique, d\u00e9mocratique et \u00e9cologique qui est n\u00e9cessaire, une organisation qui g\u00e8re les interactions constitutives entre les hommes organis\u00e9s en soci\u00e9t\u00e9 et leur environnement. Nous le d\u00e9finissons par le terme \u00e9cosocialiste. Aucun projet de transformation sociale ne peut ignorer la question \u00e9cologique. Inversement, aucun projet r\u00e9ellement \u00e9cologique ne peut faire l\u2019\u00e9conomie du social et du politique. Il serait pr\u00e9somptueux de proposer aujourd\u2019hui un projet \u00ab tout fait \u00bb et d\u00e9taill\u00e9 d\u2019un mod\u00e8le \u00e9cosocialiste, et de la transition vers un tel mod\u00e8le. Mais il est important de d\u00e9gager des lignes principales, des objectifs fondamentaux, en tenant compte des analyses qui permettent de comprendre les \u00e9checs des tentatives de construire le socialisme au si\u00e8cle dernier.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Une soci\u00e9t\u00e9 \u00e9cosocialiste doit : <\/strong><\/p>\n<p>\u25b6 <strong>Partir d\u2019une approche multidimensionnelle.<\/strong><\/p>\n<p>Envisager les questions et les d\u00e9fis \u00e9cologiques dans leurs interactions avec les in\u00e9galit\u00e9s de \u00ab nation \u00bb, de classe, de genre et de race permet de mettre en \u00e9vidence les effets cumulatifs de disparit\u00e9s discriminatoires qui se combinent de mani\u00e8re intersectionnelle.<\/p>\n<p>\u25b6<strong> \u00catre totalement d\u00e9mocratique. <\/strong><\/p>\n<p>Par l\u2019abolition de la grande propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e, d\u00e9cider collectivement des besoins auxquels doit r\u00e9pondre la production, de ce qui est produit, de la mani\u00e8re dont on le produit et de la fa\u00e7on dont on le distribue est fondamental pour prendre en main les grandes orientations de l\u2019appareil de production. L\u2019autogestion sur les lieux de travail, d\u2019habitation et de la vie sociale doit s\u2019op\u00e9rer dans le respect de la personne de chacun et chacune, dans le respect des droits individuels et sociaux de l\u2019\u00eatre humain. Cela implique une importante autonomie au niveau local, et une centralisation d\u00e9mocratique qui n\u2019\u00e9touffe pas cette autonomie. Cette double exigence a \u00e9t\u00e9 indiscutablement absente des tentatives de construction du socialisme ; sans minimiser le poids de la puissante contre-r\u00e9volution capitaliste et n\u00e9o-lib\u00e9rale, cela explique leur&nbsp;\u00e9chec.<\/p>\n<p>Le n\u00e9cessaire d\u00e9veloppement des droits d\u00e9mocratiques devra se combiner avec une planification de l\u2019utilisation des ressources naturelles et du cycle de vie des produits. Aujourd\u2019hui d\u00e9j\u00e0, sous le capitalisme r\u00e9ellement existant, la gestion de l\u2019eau et de l\u2019\u00e9nergie, par exemple, est par excellence le secteur o\u00f9 s\u2019exerce une forme de planification. M\u00eame les transnationales recourent \u00e0 une planification sur six, huit, voire dix ans. La planification telle que nous la concevons n\u2019est donc pas synonyme de monstruosit\u00e9 bureaucratique ni d\u2019immobilisme. Elle est un outil n\u00e9cessaire \u00e0 l\u2019attribution d\u00e9mocratique des ressources.<\/p>\n<p>\u25b6 <strong>Se construire essentiellement \u00ab par en&nbsp;bas \u00bb. <\/strong><\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019image des mouvements sociaux regroup\u00e9s sous le terme de l\u2019\u00e9cologie des pauvres, les exp\u00e9riences accumul\u00e9es de luttes et de r\u00e9sistances sur le terrain doivent nourrir notre conception et d\u00e9finir les fondements d\u2019un \u00e9cosocialisme autogestionnaire. Les actions \u00ab par en haut \u00bb peuvent soutenir ces luttes mais doivent rester subordonn\u00e9es au mouvement \u00ab par en bas \u00bb, repr\u00e9sent\u00e9 par la soci\u00e9t\u00e9 civile et une d\u00e9mocratie participative. Cela implique d\u2019aller se saisir des connaissances, des pratiques et des techniques invent\u00e9es par ces mouvements. Ainsi, nous permettrons le d\u00e9veloppement de modes de production et de consommation non seulement moins consum\u00e9ristes et moins \u00e9nergivores, mais surtout sur une nouvelle d\u00e9finition des besoins et par cons\u00e9quent des crit\u00e8res de la production, inspir\u00e9e de ces exp\u00e9riences de terrain r\u00e9ussies.<\/p>\n<p>\u25b6 <strong>Contribuer \u00e0 la d\u00e9mocratisation des savoirs. <\/strong><\/p>\n<p>Quant au d\u00e9veloppement des sciences et des techniques, les choix doivent \u00eatre discut\u00e9s d\u00e9mocratiquement, dans le respect de la libert\u00e9 de la recherche et de celle des chercheuses et chercheurs. Travail de vulgarisation et d\u00e9bat public doivent permettre une appropriation des connaissances n\u00e9cessaires \u00e0 la d\u00e9cision, alors que travailleuses et travailleurs, actrices et acteurs des luttes concr\u00e8tes, usag\u00e8res et usagers feront valoir leur exp\u00e9rience pratique et professionnelle. Le mouvement regroup\u00e9 aujourd\u2019hui sous la banni\u00e8re de la \u00ab science citoyenne \u00bb pr\u00e9figure cette prise en charge sociale et d\u00e9mocratique des choix et des orientations scientifiques et technologiques dans une perspective \u00e9co socialiste, comme elle existe par exemple dans le partage collaboratif des connaissances illustr\u00e9 par Wikipedia ou dans le mouvement open source.<\/p>\n<p>\u25b6 <strong>D\u00e9velopper de nouveaux objectifs \u00e9conomiques et soci\u00e9taux. <\/strong><\/p>\n<p>Dans le contr\u00f4le d\u00e9mocratique des communs l\u2019objectif \u00e9conomique et social premier est la satisfaction des besoins fondamentaux de chaque \u00eatre humain, tout en transformant les contraintes \u00e9cologiques en ressources pour d\u00e9velopper un maximum d\u2019activit\u00e9s non marchandes et non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es, au sens profane du \u00ab buen vivir \u00bb latino-am\u00e9ricain. Cela implique aussi remplacer la conception mat\u00e9rialiste vulgaire du \u00ab bonheur \u00bb, qui r\u00e9side dans une consommation individuelle addictive, par l\u2019\u00e9limination de l\u2019ali\u00e9nation r\u00e9sultant d\u2019un travail soumis aux r\u00e8gles du management entrepreneurial, par le lien social et la convivialit\u00e9, par la ma\u00eetrise \u00e9mancip\u00e9e de sa propre existence dans une collectivit\u00e9. Bref une vie plus heureuse et \u00e9panouissante, non seulement par une diminution tr\u00e8s importante du temps de travail assortie d\u2019une v\u00e9ritable protection des travailleuses et travailleurs, mais aussi par une nouvelle d\u00e9finition, une nouvelle organisation, et une nouvelle r\u00e9partition du travail.<\/p>\n<p>\u25b6 <strong>R\u00e9tablir les \u00e9quilibres environnementaux et sociaux. <\/strong><\/p>\n<p>Ceci implique notamment de r\u00e9duire drastiquement les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre, de diminuer et contr\u00f4ler l\u2019utilisation de ce qui reste des ressources non renouvelables, de r\u00e9duire massivement toutes les formes de pollution, de prot\u00e9ger le potentiel d\u2019\u00e9volution de la biodiversit\u00e9, de supprimer les agrocarburants et l\u2019agrobusiness au profit de la souverainet\u00e9 alimentaire et de l\u2019agro\u00e9cologie.<\/p>\n<p>\u25b6 <strong>Promouvoir l\u2019objectif onusien d\u2019une r\u00e9duction \u00e0 1,5 \u00b0C du r\u00e9chauffement climatique (COP 21). <\/strong><\/p>\n<p>Cela pour mener des actions en faveur d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 post-carbone r\u00e9solument anti-productiviste et pour construire des rapports de force plus favorables, en rupture avec la mondialisation \u00e9conomiste domin\u00e9e par les pays les plus riches. Un tel objectif implique la fin du pillage des mati\u00e8res premi\u00e8res du Sud, la reconnaissance de la \u00ab dette \u00e9cologique \u00bb du Nord envers le Sud, la suppression de la domination n\u00e9o-coloniale du Nord sur le Sud par une \u00e9conomie mondialis\u00e9e et financiaris\u00e9e, une large redistribution internationale du travail en des termes d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de r\u00e9ciprocit\u00e9. Dans cette mesure, l\u2019\u00e9cosocialisme ne peut \u00eatre qu\u2019\u00e9cof\u00e9ministe, antiraciste, anticolonialiste et internationaliste.<\/p>\n<p>\u25b6 <strong>Faire converger les luttes sectorielles. <\/strong><\/p>\n<p>La lutte pour un syst\u00e8me \u00e9conomique, social et \u00e9cologique impliquant \u00e9mancipation et justice sociale est un enjeu prioritaire de l\u2019\u00e9cosocialisme. Cela signifie que nous devons avancer dans l\u2019\u00e9laboration d\u2019un projet de rupture avec le capitalisme. Que ce soit sous l\u2019angle \u00e9cologique ou sous l\u2019angle socialiste, il faut le rendre cr\u00e9dible, en montrant en quoi il prend en compte \u00e0 la fois l\u2019\u00e9chec de ce qui s\u2019est voulu \u00ab socialisme r\u00e9ellement existant \u00bb et la banqueroute \u00e9cologique et sociale du syst\u00e8me capitaliste.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><strong> VII&nbsp;<\/strong><\/em><em><strong>La situation en Suisse<\/strong><\/em><\/p>\n<p>En Suisse, la fonte des glaciers est probablement la cons\u00e9quence la plus visible et inexorable de l\u2019augmentation des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre. En moins de 40&nbsp;ans, la surface des glaciers helv\u00e9tiques s\u2019est r\u00e9duite de pr\u00e8s de 30 % ; et le mouvement tend \u00e0 s\u2019acc\u00e9l\u00e9rer.<\/p>\n<p>Les mesures imm\u00e9diates \u00e0 prendre aux niveaux national, r\u00e9gional et local sont nombreuses ; elles doivent r\u00e9pondre avec urgence aux recommandations du GIEC (Groupe d\u2019Experts Intergouvernemental sur l\u2019Evolution du Climat) pour une r\u00e9duction draconienne des \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre (GES). Cela implique la signature d\u2019un trait\u00e9 international de lutte contre le changement climatique qui soit efficace, contraignant et socialement juste, dans l\u2019esprit de la D\u00e9claration du Sommet mondial de Cochabamba en 2010. L\u2019accord de la COP 21 \u00e0 Paris, qui n\u2019a rien de contraignant, rend cette derni\u00e8re perspective tr\u00e8s th\u00e9orique. Selon l\u2019une des concessions faites \u00e0 Paris, il est n\u00e9cessaire de lutter pour une r\u00e9duction \u00e0 1,5 \u00b0C du r\u00e9chauffement climatique, selon un objectif d\u00e9sormais dot\u00e9 d\u2019une l\u00e9gitimit\u00e9 internationale. Il faut \u00eatre n\u00e9anmoins conscient que la traduction, pour notre pays, de la moyenne mondiale de l\u2019augmentation des temp\u00e9ratures implique un ajout de 2 \u00b0C. Autrement dit, un r\u00e9chauffement climatique mondial de 1,5 \u00b0 entra\u00eene une augmentation des temp\u00e9ratures de 3,5 \u00b0 en Suisse. Une telle augmentation provoquera la quasi disparition des glaciers alpins \u00e0 la fin de ce si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Dans cette perspective, il faut obtenir tr\u00e8s rapidement la renonciation \u00e0 l\u2019emploi des \u00e9nergies fossiles et leur remplacement par des \u00e9nergies renouvelables. Bien que les autorit\u00e9s helv\u00e9tiques aiment \u00e0 se faire passer pour le meilleur \u00e9l\u00e8ve de la classe en mati\u00e8re de lutte contre les \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre, il faut rappeler ici quelques \u00e9vidences : en s\u2019engageant \u2013 de mani\u00e8re non contraignante \u2013 lors de la COP 21 \u00e0 Paris \u00e0 r\u00e9duire ses \u00e9missions de GES de 50 %, par rapport \u00e0 1990, entre 2020 et 2030, la Suisse ne force pas le tempo. 30 % des r\u00e9ductions seulement se feront en Suisse, le reste se fera \u00ab \u00e0 l\u2019\u00e9tranger \u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire notamment par biais du march\u00e9 des droits d\u2019\u00e9missions (10 %) et des projets de reforestation (10 %). Or comme la Suisse s\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 engag\u00e9e par le protocole de Kyoto \u00e0 une diminution de 20 % (ann\u00e9e de r\u00e9f\u00e9rence 1990) de ses \u00e9missions de GES jusqu\u2019en 2020, cela correspond \u00e0 une diminution suppl\u00e9mentaire de 10 % sur dix ans. Soit un rythme de r\u00e9duction annuel moiti\u00e9 moindre (1 % au lieu de 2 %) qu\u2019actuellement\u2026 Par ailleurs, le calcul des \u00e9missions selon le protocole de Kyoto n\u2019int\u00e8gre pas les transports a\u00e9riens et maritimes. Enfin l\u2019\u00e9nergie grise, celle qui est contenue dans les produits fabriqu\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9tranger mais utilis\u00e9s en Suisse, comme les t\u00e9l\u00e9phones dits intelligents, n\u2019est pas comptabilis\u00e9e. Elle est \u00e9valu\u00e9e \u00e0 50 % de la consommation \u00e9nerg\u00e9tique interne.<\/p>\n<p>Si l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de l\u2019environnement (OFEN) professe un contentement certain de son action en jugeant que la qualit\u00e9 de l\u2019air est en am\u00e9lioration constante, il note toutefois que \u00ab les \u00e9missions de poussi\u00e8res fines inhalables (PM\u2081\u2080), d\u2019ozone (O\u2083) et d\u2019oxydes d\u2019azote (NOX) demeurent cependant sup\u00e9rieures aux valeurs limites d\u2019\u00e9mission fix\u00e9es dans la loi. La&nbsp;pollution \u00e0 l\u2019ammoniac (NH\u2083) reste elle aussi largement sup\u00e9rieure \u00e0 la charge critique. \u00bb Les poussi\u00e8res fines sont produites par le trafic automobile, comme une bonne partie des pr\u00e9curseurs de l\u2019ozone, le reste \u00e9tant issus de l\u2019industrie et de l\u2019artisanat. Nouvelle venue sur ce terrain, la surfertilisation des sols pauvres par les compos\u00e9s azot\u00e9s transport\u00e9s par les vents : deux tiers sont issus de l\u2019agriculture (ammoniac) et le reste de l\u2019industrie et l\u2019artisanat (oxydes d\u2019azote par combustion).<\/p>\n<p>Il fut un temps o\u00f9 l\u2019on consid\u00e9rait que les cours d\u2019eau \u00e9taient des d\u00e9valoirs \u00e0 ordures mis \u00e0 disposition par la \u00ab nature \u00bb. D\u2019o\u00f9 de graves pollutions dans les ann\u00e9es&nbsp;70. C\u2019est en comparaison de ces ann\u00e9es-l\u00e0 que l\u2019OFEN peut juger la qualit\u00e9 de l\u2019eau actuelle comme nettement am\u00e9lior\u00e9e. Pourtant les effets de la chimie des micropolluants et de l\u2019agriculture intensive (usage de nitrates) sont toujours importants. Les m\u00e9taux lourds, qui r\u00e9gressent, sont encore pr\u00e9sents.<\/p>\n<p>Ce survol montre ainsi clairement que la r\u00e9orientation rapide de l\u2019agriculture vers une agriculture bio et la limitation s\u00e9v\u00e8re du trafic automobile telles que nous les d\u00e9fendons sont des revendications de l\u2019heure. La diss\u00e9mination incontr\u00f4l\u00e9e des produits plus ou moins d\u00e9riv\u00e9s de la chimie industrielle appelle un contr\u00f4le d\u00e9mocratique de cette production.<\/p>\n<p>Concernant la biodiversit\u00e9, quelques exemples suffiront : le morcellement des paysages et la couverture par le b\u00e9ton ont nettement progress\u00e9 sur le Plateau, mettant en p\u00e9ril la reproduction des animaux sauvages. Les \u00e9missions lumineuses (certains parlent de pollution lumineuse) sont telles qu\u2019il n\u2019y a plus un seul kilom\u00e8tre carr\u00e9 totalement obscur la nuit dans le Jura et sur le Plateau. Les probl\u00e8mes des esp\u00e8ces animales nocturnes et leurs effets sur la pollinisation n\u2019en sont que renforc\u00e9s. Et la r\u00e9duction majeure de la population d\u2019insectes constat\u00e9e en Allemagne (pr\u00e8s de 80 %) ne devrait pas \u00eatre tr\u00e8s diff\u00e9rente en Suisse. Selon l\u2019Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique, la Suisse abrite environ 46 000 esp\u00e8ces v\u00e9g\u00e9tales, fongiques ou animales (sans les formes de vie unicellulaires ou ne poss\u00e9dant que quelques cellules). Sur les 10 699 esp\u00e8ces \u00e9tudi\u00e9es, 35 % sont inscrites sur les listes rouges des esp\u00e8ces menac\u00e9es, disparues ou \u00e9teintes. En Suisse aussi on constate un effondrement g\u00e9n\u00e9ral de la biodiversit\u00e9.<\/p>\n<p>Enfin, il faut rappeler que la Suisse joue un r\u00f4le d\u00e9terminant dans l\u2019extraction, la production et le n\u00e9goce des hydrocarbures par des multinationales qui, telles Glencore, Trafigura ou Vitol, ont leur si\u00e8ge dans la paradis fiscal que le pays continue \u00e0 \u00eatre (1\/4 du commerce mondial du charbon&nbsp;; 1\/3 des hydrocarbures).<\/p>\n<p>\u278a <strong>Axes revendicatifs<\/strong><\/p>\n<p>Nos exigences \u00e9cosocialistes concr\u00e8tes ne pourront \u00eatre r\u00e9alis\u00e9es que dans le cadre des axes revendicatifs suivants :<\/p>\n<p>\u25b6 Un contr\u00f4le d\u00e9mocratique des moyens de production. Ce contr\u00f4le peut se r\u00e9aliser de diff\u00e9rentes mani\u00e8res, de la nationalisation sous contr\u00f4le ouvrier \u00e0 la d\u00e9claration de bien commun, \u00e9mancip\u00e9 du march\u00e9. Le principe en est qu\u2019un secteur donn\u00e9 de l\u2019\u00e9conomie capitaliste est soutir\u00e9 \u00e0 la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e et aux lois du march\u00e9 pour r\u00e9pondre \u00e0 une logique dict\u00e9e par les besoins sociaux et les exigences \u00e9cologiques. Autrement dit, il faut abolir la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e des ressources naturelles et des ressources du savoir.<\/p>\n<p>\u25b6 Une r\u00e9duction forte du temps de travail. Elle seule permet de r\u00e9organiser le rapport entre le temps de travail, la vie de famille, la vie sociale et les \u00ab loisirs \u00bb ; il faut instituer d\u2019autres rapports dans les domaines des t\u00e2ches dites domestiques, des soins \u00e0 la personne, de l\u2019organisation urbaine et territoriale, des d\u00e9placements et des transports, du tourisme, etc.<\/p>\n<p>\u25b6 Un contr\u00f4le d\u00e9mocratique des outils financiers : banques coop\u00e9ratives, banques alternatives, fonds publics. Une socialisation du secteur du cr\u00e9dit est indispensable vu l\u2019imbrication des secteurs \u00e9nerg\u00e9tiques et financiers dans des investissements lourds et de longue dur\u00e9e, et pour disposer des ressources financi\u00e8res n\u00e9cessaires aux investissements de la transition. En outre, les mesures \u00e9cologiques doivent \u00eatre financ\u00e9es en tr\u00e8s large partie par une r\u00e9forme fiscale redistributive portant en particulier sur le capital et ses revenus. En ce qui concerne la recherche publique, elle doit \u00eatre substantiellement financ\u00e9e au d\u00e9triment d\u2019une recherche soumise aux int\u00e9r\u00eats priv\u00e9s.<\/p>\n<p>\u278b <strong>Quelle orientation ?<\/strong><\/p>\n<p>Les revendications imm\u00e9diates et d\u00e9mocratiques doivent s\u2019appuyer sur des positions de rupture indiquant qu\u2019un horizon d\u00e9barrass\u00e9 du capitalisme est la seule issue possible. Pour agir efficacement, il faudrait d\u00e8s maintenant pouvoir convaincre la majorit\u00e9 de la population d\u2019opter pour une soci\u00e9t\u00e9 \u00e9cosocialiste. En pratique, nous sommes loin de pouvoir le faire. Les luttes r\u00e9elles sont actuellement le plus souvent d\u00e9fensives, portant sur le refus de tel ou tel projet ou sur un aspect partiel du probl\u00e8me. Pour chaque engagement concret, il faut r\u00e9affirmant nos objectifs \u00e0 long terme en expliquant la n\u00e9cessit\u00e9 de rompre avec le capitalisme pour construire une soci\u00e9t\u00e9 \u00e9cosocialiste<\/p>\n<p>Les configurations que peuvent assumer les mouvements de lutte sont diverses et difficilement pr\u00e9visibles : initiative citoyenne contre des projets pr\u00e9cis, mouvement contre un aspect du recours aux \u00e9nergies fossiles, opposition aux \u00ab grands projets \u00bb, mouvements pour l\u2019abolition de l\u2019exploitation animale, les formes possibles sont nombreuses. Une certaine souplesse militante est ici n\u00e9cessaire. Les relations avec les organisations environnementalistes plus \u00ab classiques \u00bb seront nou\u00e9es en fonction des objectifs d\u00e9fendus par ces mouvements : d\u00e9croissance, \u00e9cologie sociale, \u00e9co- f\u00e9minisme, \u00e9ventuelle gauche \u00e9cologique anticapitaliste, gauche chr\u00e9tienne, etc.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em><strong> VIII&nbsp;<\/strong><\/em><em><strong>Revendications concr\u00e8tes<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Les revendications concr\u00e8tes pour parvenir \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 \u00e9cosocialiste lib\u00e9r\u00e9e de la marchandisation g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e et des contraintes de l\u2019accumulation capitaliste portent sur les quatre domaines dans lesquels Solidarit\u00e9S intervient souvent ou pour lesquels nous avan\u00e7ons des propositions, dans les mouvements sociaux, plus particuli\u00e8rement le mouvement pour la justice climatique, dans nos campagnes \u00e9lectorales, dans les divers parlements o\u00f9 nous si\u00e9geons, dans les combats r\u00e9f\u00e9rendaires et dans les initiatives et p\u00e9titions aux niveaux f\u00e9d\u00e9ral, cantonal et communal, soit les question suivantes :<\/p>\n<p>\u278a <strong>Politique \u00e9nerg\u00e9tique et climatique,<\/strong><\/p>\n<p>\u278b <strong>Politique des transports et urbanisme,<\/strong><\/p>\n<p>\u278c <strong>Politique agricole et souverainet\u00e9 alimentaire,<\/strong><\/p>\n<p>\u278d <strong>Politique environnementale.<\/strong><\/p>\n<p>Ces politiques impliquent les questions de la justice sociale, de l\u2019\u00e9galit\u00e9 &#8211; les femmes pauvres \u00e9tant les premi\u00e8res touch\u00e9es &#8211; et des migrations g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par les d\u00e9gradations de l\u2019environnement.<\/p>\n<p>\u278a <strong> Politique \u00e9nerg\u00e9tique et&nbsp;climatique<\/strong><\/p>\n<p>1) La r\u00e9duction des GES doit toucher d\u2019abord les diff\u00e9rents et nombreux secteurs de la consommation des hydrocarbures. Pour \u00e9viter la consommation d\u2019hydrocarbures nous devons imp\u00e9rativement d\u00e9velopper l\u2019efficacit\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique et freiner la consommation d\u2019\u00e9nergie. D\u2019une part, il faut donc remplacer les \u00e9nergies fossiles en stimulant la recherche et le d\u00e9veloppement des \u00e9nergies renouvelables ; d\u2019autre part il faut appliquer le principe du \u00ab n\u00e9gaWatt \u00bb, o\u00f9 la meilleure \u00e9nergie est celle que l\u2019on ne consomme pas. Voici quelques exemples concrets :<\/p>\n<p>\u25b6 L\u2019augmentation de la contribution au fonds de d\u00e9mant\u00e8lement des centrales nucl\u00e9aires doit \u00eatre financ\u00e9e par les producteurs d\u2019\u00e9nergie.<\/p>\n<p>\u25b6 Un moratoire sur la construction de toute nouvelle centrale nucl\u00e9aire ou fossile (charbon, gaz ou p\u00e9trole).<\/p>\n<p>\u25b6 L\u2019interdiction de rechercher et d\u2019exploiter de nouvelles sources d\u2019\u00e9nergies fossiles sur le territoire national.<\/p>\n<p>\u25b6 L\u2019am\u00e9lioration rapide de l\u2019isolation thermique du b\u00e2ti existant.<\/p>\n<p>\u25b6 Le retrait et l\u2019interdiction de tout investissement pour les acteurs financiers dans tout projet li\u00e9 \u00e0 la production d\u2019hydrocarbures.<\/p>\n<p>\u25b6 L\u2019interdiction pour les multinationales suisses (Syngenta, etc.) d\u2019exporter des insecticides interdits en Suisse.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>2) Pour contr\u00f4ler la transition \u00e9nerg\u00e9tique et s\u2019assurer qu\u2019elle correspond \u00e0 des objectifs \u00e9cosocialistes, nous revendiquons l\u2019appropriation publique des entreprises nationales et multinationales li\u00e9es \u00e0 l\u2019approvisionnement \u00e9nerg\u00e9tique ; nous revendiquons leur gestion sous le contr\u00f4le des salari\u00e9s et des consommatrices-consommateurs. Pour inciter \u00e0 la sobri\u00e9t\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique tout en garantissant la justice sociale, il faut introduire un syst\u00e8me de gratuit\u00e9 des usages mod\u00e9r\u00e9s de l\u2019\u00e9nergie coupl\u00e9 avec un rench\u00e9rissement progressif (mais net) des gaspillages. On assure ainsi un acc\u00e8s socialement juste aux ressources \u00e9nerg\u00e9tiques vitales, pour toutes et tous. Comme l\u2019eau, l\u2019\u00e9nergie doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un bien commun.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>3) Nous demandons l\u2019arr\u00eat imm\u00e9diat des aides publiques aux \u00e9nergies fossiles, qui s\u2019\u00e9l\u00e8vent, au niveau mondial, \u00e0 490 milliards dollars US contre 135 milliards pour les \u00e9nergies renouvelables, et leur r\u00e9attribution \u00e0 ces derni\u00e8res (solaire en premier lieu, \u00e9galement reboisement des sols).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>4) Ce qui ne devrait \u00eatre qu\u2019un combat d\u2019arri\u00e8re-garde, \u00e0 savoir revendiquer une sortie rapide et d\u00e9finitive du nucl\u00e9aire, ne doit pas quitter notre champ de vision, dans la mesure o\u00f9 les risques li\u00e9s \u00e0 la prolongation du fonctionnement des vieilles bouilloires atomiques augmentent, que la question de la gestion des d\u00e9chets reste enti\u00e8re et que le d\u00e9mant\u00e8lement des centrales sera long et co\u00fbtera fort cher.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>5) Nous demandons la suppression de la publicit\u00e9 commerciale qui cr\u00e9e des besoins inutiles et encourage la surconsommation et le gaspillage.<\/p>\n<p>6) Il faut aussi combattre le financement de la recherche publique par des multinationales.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u278b <strong> Politique des transports et&nbsp;urbanisme<\/strong><\/p>\n<ol>\n<li>Moins vite, moins loin, moins souvent. La r\u00e9volution des transports dans une optique de sobri\u00e9t\u00e9 \u00e9nerg\u00e9tique implique d\u2019abord de supprimer les d\u00e9placements et transports inutiles, en particulier ceux entra\u00een\u00e9s par la production en flux tendus, qui exp\u00e9die des millions de tonnes de marchandises sur les routes.<\/li>\n<\/ol>\n<p>7) Il faut donc limiter radicalement tous les transports de marchandises sur de longues distances, notamment par le retour \u00e0 une \u00e9conomie des circuits courts. Pour les transports d\u00e9mocratiquement et socialement d\u00e9finis comme utiles, il faut d\u00e9velopper le transport par le rail, le ferroutage si n\u00e9cessaire, et le transport fluvial. De m\u00eame que le transport a\u00e9rien, le transport maritime, v\u00e9ritable piraterie moderne, doit \u00eatre r\u00e9gul\u00e9 et limit\u00e9 s\u00e9v\u00e8rement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>8) S\u2019imposent aussi l\u2019abandon du transport individuel et la sortie de la civilisation de l\u2019automobile. Il faut d\u00e9fendre la gratuit\u00e9 et le d\u00e9veloppement des transports publics, favoriser la mobilit\u00e9 douce<em><strong>,<\/strong><\/em> les zones pi\u00e9tonnes dans les agglom\u00e9rations urbaines. Il faut introduire un moratoire sur la construction de nouvelles routes et autoroutes, sur l\u2019augmentation des capacit\u00e9s routi\u00e8res et sur l\u2019extension des a\u00e9roports.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>9) La mise en place d\u2019une taxe sur tous les vols pay\u00e9e par les entreprises du secteur, pour subventionner le train, est n\u00e9cessaire ; elle doit \u00eatre assortie de la suppression des vols pour des distances de moins de 1000&nbsp;km.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>10) Une nouvelle planification du territoire ax\u00e9e sur une \u00e9conomie r\u00e9gionale, sociale et solidaire implique en particulier la construction de logements group\u00e9s sous la forme de coop\u00e9ratives situ\u00e9es \u00e0 proximit\u00e9 des zones d\u2019emploi et des zones de production. Les politiques de lib\u00e9ralisation du march\u00e9 et de mobilit\u00e9 intense initi\u00e9es par le capitalisme n\u00e9o-lib\u00e9ral aussi bien dans l\u2019organisation du travail que dans la circulation des marchandises d\u00e8s les ann\u00e9es&nbsp;80 du si\u00e8cle pass\u00e9 ont \u00e9norm\u00e9ment accru les distances entre le domicile, les lieux de travail et les lieux de production. Par ailleurs la sp\u00e9culation immobili\u00e8re a entra\u00een\u00e9 une extension des zones urbaines, transformant les p\u00e9riph\u00e9ries rurales en \u00ab urbain diffus \u00bb.<\/p>\n<p>\u278c<strong> Politique agricole et&nbsp;souverainet\u00e9 alimentaire<\/strong><\/p>\n<ol>\n<li>L\u2019objectif est de d\u00e9manteler les politiques de l\u2019industrie agroalimentaire, bas\u00e9es sur l\u2019industrialisation de la production agricole avec le recours massif aux intrants (des engrais aux produits phytosanitaires) qu\u2019elle implique.<\/li>\n<\/ol>\n<p>11) Les risques sanitaires (diab\u00e8te, difficult\u00e9s cardio-vasculaires, ob\u00e9sit\u00e9) li\u00e9s \u00e0 l\u2019industrialisation de l\u2019alimentation doivent \u00eatre d\u00e9nonc\u00e9s et combattus, dans la restauration priv\u00e9e comme dans la restauration collective.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>12) Nous nous opposons \u00e0 la maltraitance des animaux autant dans l\u2019\u00e9levage, le transport et l\u2019abattage. Les \u00e9levages industriels doivent \u00eatre ferm\u00e9s. Le recours aux antibiotiques v\u00e9t\u00e9rinaires sous forme de pr\u00e9vention ou pour acc\u00e9l\u00e9rer la croissance doit \u00eatre aboli. Les employ\u00e9\u00b7e\u00b7s de la branche doivent \u00eatre soutenu\u00b7e\u00b7s dans leur requalification.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>13) En raison des cons\u00e9quences environnementales de la production de viande et de la surp\u00eache &#8211; en particulier dans les pays du Sud Global-, la consommation de viande et de poisson doit \u00eatre diminu\u00e9e en faveur d&rsquo;une alimentation constitu\u00e9e de fruits et l\u00e9gumes de production locale, de saison et de culture biologique dans le respect du travail des agriculteurs et agricultrices.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>14) Il faut promouvoir une agriculture biologique, avec aide orient\u00e9e dans ce sens pour la petite paysannerie. La limitation de l\u2019agriculture d\u2019exportation au profit d\u2019une agriculture vivri\u00e8re, de proximit\u00e9 est un deuxi\u00e8me pas, avec le contr\u00f4le public sur la production et le n\u00e9goce des produits agricoles et une garantie des conditions de travail d\u00e9centes pour les ouvriers\u00b7\u00e8res agricoles.\u2009<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>15) Etant donn\u00e9 le r\u00f4le central jou\u00e9 par la Suisse dans le pillage des ressources, par l&rsquo;exploitation des pays dits du Sud, avec son impact sur le d\u00e9r\u00e8glement climatique, nous soutenons la lutte contre le n\u00e9goce et la sp\u00e9culation sur les mati\u00e8res premi\u00e8res incluant les denr\u00e9es alimentaires (c\u00e9r\u00e9ales et soja import\u00e9es du Sud pour nourrir le b\u00e9tail du Nord), le charbon et les hydrocarbures.<\/p>\n<ol>\n<li>Les soci\u00e9t\u00e9s internationales de n\u00e9goce \u00e9tablies en Suisse jouent \u00e0 cet \u00e9gard un r\u00f4le d\u00e9terminant, favoris\u00e9es qu&rsquo;elles sont par un droit d&rsquo;asile restrictif et par une d\u00e9fiscalisation que l&rsquo;establishment helv\u00e9tique favorise. Il s&rsquo;agit donc de lutter pour une redistribution des richesses l\u00e0 o\u00f9 elles ont \u00e9t\u00e9 produites, et pour un vrai droit d&rsquo;asile et de migration.<\/li>\n<\/ol>\n<p>16) Nous d\u00e9fendons donc une souverainet\u00e9 alimentaire con\u00e7ue comme la capacit\u00e9, pour la population concern\u00e9e de d\u00e9finir les modes de production et d\u2019\u00e9change de ses ressources alimentaires. Nous soutenons dans cette mesure les nouvelles formes de d\u00e9veloppement des coop\u00e9ratives de production et de consommation de type ACP (agriculture contractuelle de proximit\u00e9).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>17) Nous d\u00e9fendons la propri\u00e9t\u00e9 sociale en particulier dans le domaine de l\u2019eau potable, contre le rachat syst\u00e9matique des sources par des multinationales comme Nestl\u00e9, un des leaders de l\u2019eau en bouteille.<\/p>\n<p>\u278d<strong> Politique environnementale<\/strong><\/p>\n<p>18) Le respect de la biodiversit\u00e9 passe par la protection renforc\u00e9e de toutes les esp\u00e8ces menac\u00e9es ; au-del\u00e0, il s\u2019agit d\u2019entretenir la dynamique \u00e9volutive de la vie et de sa complexit\u00e9 sur terre. Nous soutenons et nous investissons pour des initiatives contre le mitage du territoire.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>19) L\u2019appropriation priv\u00e9e et le brevetage du patrimoine vivant doivent \u00eatre abolis. A terme, c\u2019est toute la politique des brevets qui doit \u00eatre mise en cause, l\u2019innovation \u00e9tant une production sociale, souvent initi\u00e9e dans le domaine public et qui doit le&nbsp;rester.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>20) Il faut se garder de la marchandisation des services \u00e9cosyst\u00e9miques. Les \u00e9cosyst\u00e8mes offrent \u00e0 l\u2019humanit\u00e9 et aux autres esp\u00e8ces des services complexes tel que la pollinisation des abeilles qui est \u00e0 son tour indispensable \u00e0 la fructification d\u2019arbres fruitiers. Il faut \u00e9viter que ces services soient soumis \u00e0 la logique capitaliste du march\u00e9 et du profit.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>21) Les politiques de revitalisation des cours d\u2019eau doivent \u00eatre soutenues, non seulement \u00e0 cause de leurs effets sur les biotopes concern\u00e9s, mais aussi parce qu\u2019elles constituent une des r\u00e9ponses aux risques d\u2019inondation accrus par le changement climatique. Nous soutenons et nous investissons pour des initiatives en faveur d\u2019une eau propre.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>22)Le syst\u00e8me capitaliste est responsable du r\u00e9chauffement climatique et de la destruction de la plan\u00e8te. C\u2019est donc au capital de payer pour les installations et les transformations de la production rendues n\u00e9cessaires par le respect de l\u2019environnement. Nous ne voulons pas que le co\u00fbt de l\u2019adaptation de notre mode de vie se fasse sur le dos des plus faibles et des plus pauvres.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>I&nbsp;Pourquoi l\u2019\u00e9cosocialisme ? 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