Nous sommes ici, ne tentez pas de nous cacher !

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L’ancien collège de Petit-Vennes à Lausanne est occupé depuis dimanche 30 août, par des migrants du Sleep-In et un collectif de soutien. Ils exigent des conditions d’hébergement dignes, et de ne plus être systématiquement harcelés par la police. solidaritéS est solidaire de cette lutte et soutient les revendications du Collectif «Jean Dujardin et Jean Dutoit».

Pour rappel, une soixantaine de mi­grants ont trouvé refuge depuis le printemps dans le jardin du Sleep-In (structure d’accueil pour sans-abris, financée par les communes de Renens et de Lausanne). A défaut d’alternatives, refusé·e·s partout ailleurs et harcelé·e·s par la police, ces personnes ont cherché dans ce lieu un abri de fortune, un espace d’accueil dans l’urgence.

Pour la plupart déboutés de l’asile en Suisse, en particulier sous l’effet pervers des accords Dublin [cf. ci-dessous], dans des situations irrégulières et très précaires, ces «  Jeans Dujardin » obtiennent jour après jour le soutien et la solidarité d’un nombre croissant d’associations et de personnes. Pourtant, les municipalités de Renens et de Lausanne (supposées à gauche) ont ordonné l’évacuation de l’espace dimanche 30 août, sans aucune proposition de relogement. En réponse à cette décision, et face à l’absence de solution viable, les migrants, entourés par leur collectif de soutien, ont décidé d’occuper un bâtiment appartenant à la municipalité de Lausanne, dans le Nord de la ville. 

Constitution du « Collectif 50, route de Berne  »

Le Collectif 50, route de Berne ne s’oppose pas à la réaffectation prochaine du bâtiment en garderie, mais ce dernier est pour l’heure l’unique structure inoccupée appartenant à la Municipalité et il ne sera quitté qu’à la condition que de nouvelles places d’accueil soient ouvertes. Par cet acte de désobéissance civile, le Collectif tient à montrer qu’il ne suffit pas de chasser des migrants pour qu’ils disparaissent ; c’est une quête sans fin et inhumaine qui les attend, de ponts en abris de fortune, vers des solutions toujours plus précaires. Il devenait urgent que ce parcours du combattant soit rendu visible !

À ce jour, les autorités continuent de se renvoyer la patate chaude, à l’image du Conseiller municipal socialiste Oscar Tosato, qui estime que «cette situation ne peut pas être gérée par la Ville, mais doit être mise en relation avec les problèmes migratoires actuels» et d’ajouter qu’une éventuelle évacuation n’est pour l’heure «ni envisagée ni exclue». Face à la plus grande crise de la migration depuis la Seconde Guerre mondiale, il est urgent que ce ping-pong des responsabilités cesse, et que les autorités mettent en place de nouvelles places d’hébergement. Trouvons des solutions humaines et cessons de harceler celles et ceux qui ont vécu l’enfer.

 

 Jorge Lemos