Lois «corset»: le double non s’impose!
Championne de la construction systématique de budgets faussement déficitaires pour imposer des politiques d’austérité, la majorité de droite du Parlement veut ancrer cette pratique dans la loi en la dotant de deux mécanismes légaux pour la légitimer.

Début 2025, la droite passe à l’attaque en votant deux lois destinées à corseter le Service public.
L’une pour stopper l’engagement de postes de travail permanents en cas de budget déficitaire, alors que c’est elle qui échafaude volontairement des budgets dans le rouge tout en sachant pertinemment que les comptes présenteront, en fin de compte, des centaines de millions d’excédents.
L’autre pour que la croissance des charges soit limitée à l’augmentation démographique ; alors que chacun·e sait que cette dernière n’est pas l’unique facteur d’accroissement des charges. Le vieillissement de la population, l’augmentation de la pauvreté ou encore du nombre d’élèves y participent évidement.
Lors du débat en plénière, au mépris de tous les usages et de l’honnêteté due au corps électoral, les titres de ces deux lois ont été modifiés. Elles sont dotées de titres trompeurs qui inversent, en apparence, leur sens et but dans l’objectif d’induire les électeur·ices en erreur. Elles s’intitulent désormais: «Pour préserver les prestations publiques, maîtrisons les charges lors de budgets déficitaires» et «Pour préserver les prestations publiques, maîtrisons les engagements lors de budgets déficitaires».
De fait, les lois «corset», sur la base de justifications fallacieuses et tronquées, empêcheraient toute action destinée à répondre à la hausse des besoins de la population dans tous les domaines, aussi essentiels soient-ils. Une pratique en vigueur depuis des décennies se verrait désormais affublée de critères pseudo objectifs.
Dans le contexte d’inégalités et de précarité croissantes qui affecte le Canton et sa population, un tel blocage de l’action de l’État est irresponsable. Refusons de nous faire berner, rejetons ces deux lois pernicieuses.
Jocelyne Haller