Qui nous protège de la police?
En novembre 2022 l’UDC lançait l’initiative sobrement intitulée «Oui, je protège la police qui me protège». Après une campagne teintée de xénophobie et ayant essuyé un rejet cinglant au sein du Grand Conseil, ce projet de loi sera soumis en votation le 28 septembre prochain. Décryptage de cette nouvelle offensive réactionnaire contre l’État de droit.

L’ UDC propose, via l’initiative IN 194, d’instaurer une immunité aux yeux de la loi pour les policier·es, nécessitant l’autorisation du Grand Conseil avant toute procédure pénale.
Pour le dire simplement, poursuivre pénalement un·e policier·ère ne serait désormais possible qu’avec l’accord du Parlement, pour la levée de l’immunité.
Normes internationales bafouées
En instituant un privilège inédit qui place les forces de l’ordre au-dessus du droit, cette proposition saccage le principe même d’indépendance de la justice, de séparation des pouvoirs et offre aux policier·es un blanc-seing pour violer la loi à leur guise. Rappelons que le droit international impose à la Suisse de garantir l’accès à un recours effectif pour les victimes de violations commises par des agent·es de l’État. De fait, cette initiative bafoue pleinement les normes internationales en droits humains et contre l’arbitraire.
Enfin, cette loi rendra encore plus difficile l’accès à la justice pour de nombreuses personnes. Les victimes de violences sexistes, de racisme, de profilage ethnique, de transphobie, de précarité ou de stigmatisation liée à la santé mentale, au statut migratoire ou à l’orientation sexuelle doivent déjà surmonter peur, invisibilisation, représailles et manque de ressources pour faire valoir leurs droits. Cette initiative ne fera que renforcer la justice de classe à Genève.
Climat nauséabond
Cette initiative doit être reconnue pour ce qu’elle est: une proposition fascisante et révélatrice du climat politique actuel, propice aux reculs démocratiques les plus flagrants. Au vu de la menace constituée par cette initiative, il est important de lui opposer une résistance ferme et unitaire.
Le 28 septembre prochain, n’oubliez pas de voter non à cette proposition nauséabonde et de mobiliser vos proches. Face à une attaque réactionnaire qui peut être défaite dans les urnes, le vote compte!
Luca Califano