L’industrie de l’arme­ment impose sa loi

Sous la pression du lobby de l’armement, l’assemblée fédérale a voté en décembre dernier un assouplissement de la loi sur le matériel de guerre. Signez dès maintenant le référendum.

Une boîtes de munitions
De belles cartouches explosives pour blindés prêtes à être exportées

Il y a quatre ans, le contre-projet à l’«initiative correctrice» entrait en vigueur. Celui-ci permet d’instaurer un semblant de contrôle sur les exportations d’armes suisses. Las, l’assouplissement voté en décembre au parlement représente un dangereux retour en arrière. 

Avec cette modification, les critères qui interdisent l’exportation d’armes vers des pays engagés dans un conflit armé (interne ou international), ou qui violent systématiquement les droits humains, ne s’appliquent plus aux 25 États de l’annexe 2 (catégorie qui comprend entre autres les États-Unis, la Hongrie ou encore l’Argentine).

Ensuite, le Conseil fédéral pourra également déroger à ces critères en cas de «circonstances exceptionnelles» et si «la sauvegarde des intérêts du pays en matière de politique extérieure ou de politique de sécurité l’exige». Ces notions floues laissent libre cours à toutes les interprétations et reviennent à accorder un chèque en blanc au gouvernement.

Finalement, la déclaration de non-réexportation sera tout simplement supprimée. Cette modification, initialement envisagée afin d’autoriser la réexportation de matériel de guerre vers l’Ukraine, a toutefois été adaptée sous l’impulsion de l’UDC, ce qui exclut cette possibilité.

Cet assouplissement de la loi représente une nouvelle offensive militariste d’une industrie de l’armement en excellente santé, malgré la crise qu’elle prétend traverser. 

Signez dès maintenant le référendum!

Rayyân Rehouma