Une nouvelle association ukrainienne voit le jour à Lausanne

Vendredi 5 décembre, la Maison de quartier sous-gare à Lausanne accueillait la première soirée de l’Association Culturelle Romandie-Ukraine (ACRU). Alors que l’Ukraine traverse une grande période de crise et d’instabilité politique et sociale, cette nouvelle association créée par des immigrant·e·s ukrainien·ne·s vise à promouvoir la culture ukrainienne et à offrir un espace de débats et d’échange sur l’actualité politique et l’histoire du pays.

Cette association « culturelle » n’a pas cherché à passer sous silence les questions d’actualité. Au contraire, l’un des principaux objectifs de cette nouvelle association sera d’organiser des débats sur les sujets polémiques autour de l’Ukraine. La première soirée-­conférence organisée à Lausanne par ce collectif en était la preuve. Les trois intervenants, Andrew Tkatch, un réalisateur d’origine ukrainienne, Kirill Buketov, syndicaliste issu de la Russie et Edmond Huet, spécialiste de l’armement et journaliste français, ont animé une discussion sur la thématique des « mythes sur l’Ukraine ». Avec des exposés différents mais complémentaires, les orateurs ont contribué à donner une analyse plus complète et détaillée sur les derniers mouvements sociaux ukrainiens. 

L’exposé de Kirill Buketov a notamment permis de déconstruire les préjugés les plus courants véhiculés autour de l’annexion de la péninsule de la Crimée par la Russie. Le cas d’Alexander Koltchenko a notamment été pris comme exemple. Militant antifasciste, défenseur de l’environnement et des droits des travailleurs, il avait organisé plusieurs manifestations de protestation contre l’occupation militaire de la Crimée, avant d’être arrêté par le FSB (l’ancien KGB) à cause de son activisme politique. Kirill Buketov a souligné que son histoire détruit à la fois plusieurs mythes. Premièrement, le mouvement Maïdan n’est pas une rébellion d’extrême-droite, il est hétérogène et multiforme et les mi­li­tant·e·s de gauche y ont trouvé leur place. Deuxièmement, il n’était pas organisé seulement par les étu­diant·e·s et l’intelligentsia, Koltchenko, ainsi que des milliers d’autres mi­li­tant·e·s, étant issus de la classe ouvrière. Et finalement, on peut questionner la légitimité des 96,77 % de oui au rattachement à la Russie, du fait de nombreuses manifestations protestataires ou de la répression contre les activistes comme Koltchenko et du départ massif des ha­bi­tant·e·s de la Crimée en Ukraine non occupée.

L’Association Culturelle Romandie-­Ukraine offrira une plateforme de discussion autour des sujets politiques qui traversent actuellement la société ukrainienne. La participation à ses activités est ouverte à tout le monde et le collectif est prêt à collaborer avec celles et ceux qui sont intéressés par les actualités de ce pays.

 

Hanna Perekhoda

 

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