Université de printemps 2026

Ateliers, conférences, moments de sociabilisation, excellents repas vegan… l’Université de printemps de solidaritéS est un moment unique de partage, le tout dans le cadre idyllique du village de Torgon !

Lever nos œillères

Cette année, l’université de printemps de solidaritéS a pour ambition de défricher quelques-uns des «angles morts» de la gauche. Ce terme peut laisser penser que les thématiques et luttes en question représentent des combats «secondaires» par rapport à l’ennemi principal qu’est le capitalisme.

En effet, les luttes antivalidistes ou contre l’âgisme peuvent sembler ne concerner que des «minorités» dont la lutte est légitime mais reste très spécifique par rapport à celle contre le capital, qui concerne tout le monde.

Dans certaines organisations politiques, ce raisonnement poussé à l’extrême conduit à une approche dite class-first, qui subordonne l’ensemble des luttes – féministes, antiracistes, ou encore écologistes – à la centralité de la contradiction capital/travail. Dans cette perspective, le dépassement du capitalisme suffirait à résoudre, mécaniquement, des oppressions considérées comme dérivées.

Par son engagement dans les mouvements sociaux et dans les institutions, solidaritéS se démarque d’une telle approche. Le racisme et le sexisme n’y sont pas envisagés comme des phénomènes secondaires, mais comme des dimensions constitutives de l’ordre capitaliste, dont celui-ci dépend pour sa reproduction – il en va de même pour le validisme ou la domination adulte par exemple.

Loin d’être simplement contingentes, ces formes d’oppression traversent les rapports sociaux capitalistes, orientent la division du travail et rendent ainsi certaines inégalités non seulement possibles, mais acceptables – même aux yeux des militant·es de l’émancipation sociale.

Les «angles morts» ne concernent toutefois pas que les frontières sociales du capitalisme, mais également les nouvelles modalités de ce dernier. La domination économique et politique du secteur de la tech doit ainsi être prise au sérieux, en développant une critique du capitalisme numérique attentive à ses spécificités. De la même manière, les logiques contemporaines des secteurs du bâtiment et des travaux publics méritent d’être comprises dans leur spécificité, sans être réduites aux seules «lois» de l’économie capitaliste.

Considérant que la formation militante par la critique du capitalisme constitue une étape nécessaire – mais pas suffisante – de la lutte pour son dépassement, il faut chercher à en construire l’analyse la plus complète possible.

Compartimenter et hiérarchiser ses mécanismes structurels, pour établir lesquels «méritent» d’être traités prioritairement par rapport à d’autres, pose trois problèmes.

Sur le plan théorique, cette hiérarchisation passe à côté de l’imbrication structurelle précédemment évoquée, qui fonde la totalité capitaliste.

Sur le plan stratégique, cela renforce le caractère déjà fragmenté des luttes émancipatrices, facilement absorbées par le système – le capitalisme pouvant intégrer des critiques partielles sans être remis en cause dans son fondement même.

Enfin, sur le plan pratique, cette posture conduit à reproduire l’entre-soi sociologique caractéristique des mouvements d’extrême-gauche. Loin de diluer notre engagement, se former sur les « angles morts » de notre camp politique permet au contraire de le renforcer.

Programme complet à suivre !

Photo de groupe des participants à l’Université de Printemps de solidaritéS 2025
Il y a une bonne ambiance et belle vue lors de nos Université de Printemps à Torgon!