Covid et rentrée académique

Les inégalités se creusent

À l’Université de Lausanne (Unil), l’année académique s’est ouverte avec son lot de mesures sanitaires liées au Covid-19. Bilan intermédiaire désastreux, une semaine après le début des cours.

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Jusqu’aux derniers jours précédant la rentrée, la direction de l’Unil a maintenu les étudiant·e·s dans l’ignorance des modalités de reprise des cours, d’organisation du semestre et même des conditions précises d’accès à l’université. Les étudiant·e·s ont été réparti·e·s en trois cohortes, différenciées par des jetons virtuels de trois couleurs, permettant l’accès aux quelques cours donnés en présentiel lorsque ceux-ci sont de « leur couleur » sur le planning. Qui n’a pas la bonne couleur n’est ainsi pas autorisé·e à accéder au campus et suit le cours à distance. Une mesure qui a semé la confusion et manqué de clarté dans son application, différenciée selon les effectifs des cours et les facultés.

Télé-enseignement et inégalités

Il est devenu impossible de poursuivre son cursus sans le matériel informatique adapté pour le télé-enseignement. Au minimum une connexion internet performante et un ordinateur. Un espace de travail adéquat est également nécessaire – notamment pour interagir par écran interposé – et de nombreux·e·s étudiant·e·s n’y ont pas accès.

En n’apportant aucune réponse à la hauteur de cette détérioration des conditions et d’accès aux études liée à la crise sanitaire, l’Unil s’aligne sur une politique élitiste qui péjore lourdement l’« égalité des chances » qu’elle proclame pourtant. Le télé-enseignement ne peut-être une solution durable, il est primordial de réfléchir à une organisation du campus garantissant à tou·te·s les étudiant·e·s les meilleures conditions d’apprentissage.

La direction de l’Unil s’est déjà distinguée par sa gestion désastreuse des débuts de crise sanitaire durant le printemps. Sans en faire de réel bilan ni consulter les représentant·e·s des étudiant·e·s et des salarié·e·s du campus, elle est en train de poursuivre sur cette même logique et renforce ainsi les inégalités d’accès aux études.

L’Université doit être un lieu d’enseignement, d’études, de travail, de recherche collective et de sociabilité. Les étudiant·e·s veulent une voix au chapitre pour repenser de la façon la plus inclusive possible la manière de prendre en compte la situation sanitaire actuelle sur le campus. L’université de Lausanne doit apporter un réel soutien matériel et financier aux plus précaires et mettre fin au système élitiste et productiviste qui creuse les inégalités.

Clara Almeida Lozar