Budget cantonal 2021

Inconséquence et désinvolture

Le traditionnel budget neuchâtelois a été voté par le Grand Conseil le 1er décembre dernier, sans faire de vague. Un budget dans les chiffres noirs avec 8 petits millions d’excédents. PLR, socialistes, Conseil d’État se félicitent, se congratulent, vert·e·s et popistes ne savent pas vraiment sur quel pied danser.

Stefanie Prezioso au Conseil national, mai 2020
Stefanie Prezioso lors de la session extraordinaire du Conseil national, mai 2020

solidaritéS a refusé ce budget pour une raison très simple : comment présenter un budget bénéficiaire dans un canton au tissu économique exsangue, notamment pour les secteurs de l’événementiel, de l’hôtellerie-­restauration et, bien évidemment, de la culture ? Comment accepter un budget qui ne prévoit aucune amélioration durable des conditions de travail et des salaires à la hauteur de ce qui serait approprié et juste compte tenu des efforts indispensables assumés au quotidien, notamment dans la santé ?

Le Covid a affecté les comptes du canton. Au lieu des 21 millions de bénéfices escomptés pour 2021, il n’en reste que 8, sans prendre en considération la deuxième vague. Les coupes et les mesures d’austérité ont finalement apaisé les velléités néolibérales des groupes majoritaires du parlement. Ainsi, socialistes et PLR, refuseront un moratoire de deux ans sur les réformes fiscales. Car, bien que bénéficiaire, le budget 2021 verra encore s’amoindrir les rentrées fiscales, Neuchâtel souhaitant bien entendu bien se placer dans la course de la concurrence fiscale intercantonale.

Difficile dans ces conditions de cautionner le fait que les aides à fonds perdus cantonales pour les restaurateurs·trices, proposées par solidaritéS, soient plafonnées par le Conseil d’État à 25 000 francs. La situation de ce secteur est critique. Le rassemblement des cafetiers·ères chaux-de-fonniers·ères et loclois venu·e·s faire entendre leur voix devant le parlement a ébranlé les consciences. Des manifestations de ce type doivent alerter les autorités sur la précarisation de secteurs entiers.

De même, l’aide forfaitaire de 1800 francs par mois sur 6 mois frise l’indécence. Dans les deux cas, il aura premièrement fallu attendre plus de 9 mois depuis le début de la pandémie pour que le gouvernement, pressé par le parlement et les secteurs concernés, prenne des mesures. Ensuite, ces aides constituent un début, mais sont loin d’être suffisantes pour protéger les travailleurs·euses.

Pour conclure, Neuchâtel se démarque à nouveau, non pas par ses chiffres rouges, mais par ses aides insuffisantes. solidaritéS a tenté durant cette session parlementaire d’aider les secteurs frappés de plein fouet par la crise, à l’image de ce qui a pu se faire dans le canton de Vaud.

Les mesures prises suite à nos recommandations sont restées inadéquates, ridicules face à l’ampleur de la détresse des travailleurs·euses impacté·e·s lourdement par la pandémie. Preuve une fois de plus, que pour installer un rapport de force favorable, la pression doit aussi venir de la rue.

Zoé Bachmann, François Chédel