Sexisme et harcèlement :

Fin de l’omerta à l’Unil

À l’instar de la démarche entreprise par plusieurs étudiant·e·x·s de l’EPFL, le collectif Unil de la Grève féministe a dévoilé de nombreux témoignages de harcèlement et violences sexistes et sexuelles sur le campus de l’université.

Photo de l’Amphimax à l’Unil

 Remarques déplacées, agressions sexuelles, harcèlement : ces comportements symptomatiques du sexisme inhérent à toute institution se retrouvent dans les récits des victimes, issues de tous les corps de la communauté universitaire. L’université, où le cadre de travail hiérarchique et productiviste prête à renforcer ces dynamiques, devrait par conséquent se montrer déterminée à enrayer ces agissements. Or, force est de constater qu’actuellement les mesures mises en place à l’Unil sont inefficaces pour lutter contre ces violences.

Les militante·x·s du collectif Unil de la Grève féministe mettent en avant le dysfonctionnement des dispositifs mis en place actuellement à l’université. Régulièrement, le groupe Impact, chargé de la gestion des conflits dans les institutions cantonales, est pointé du doigt pour le mauvais traitement des cas qui lui sont remontés : manque d’éléments de preuve, dissuasion des victimes de poursuivre les procédures, méconnaissance totale des mécanismes de pouvoir en jeu dans ces situations. C’est une chose que d’avoir des procédures en place, c’en est une autre que de s’assurer qu’elles fonctionnent.

Pour une culture non sexiste à l’Unil

Et pourtant, discuter avec la direction de l’université, le collectif l’a tenté ! Après deux ans de rencontres peu constructives, c’est sèchement que la fin de notre maigre collaboration nous a été annoncée. Mais les problèmes que le compte Instagram @payetonunil révèle aujourd’hui sont dénoncés depuis longtemps, notamment par le collectif de la Grève féministe, qui portait déjà en 2019 des revendications pour y remédier. L’université de Lausanne se retrouve face à sa propre hypocrisie lorsqu’elle affiche publiquement ses meilleures intentions, qui ne font que voiler son déni face à ce problème généralisé. 

Aujourd’hui, nous - le collectif Unil de la Grève féministe, ainsi que toutes les personnes qui ont témoigné, partagé et soutenu notre action -, nous demandons que l’Unil prenne des mesures et s’engage dans la lutte contre le sexisme et les violences qui lui sont associées sur le campus. L’université est un des lieux de formation de la société de demain, elle ne peut valider, par son silence, de tels agissements. Il est temps de rendre compte de ce problème et de mettre fin à l’omerta.

Clara Almeida Lozar