Dans les bacs

La Rue Ketanou Live

Mourad, Florent et Olivier ont débuté leur chemin sur les scènes de la Rochelle et de l’île de Ré. Depuis, ils bourlinguent sur les routes de France et même parfois ailleurs, quand on veut bien d’eux… Avec la complicité de Tryo, ils sortent leur premier album en janvier 2001, puis leur second Y’a des cigales dans la fourmilière une année plus tard. Celles et ceux qui ont eu le plaisir de voir La Rue Ketanou en concert seront certainement séduits par Ouvert à double tour, premier album live du trio qui vient de paraître et qui restitue parfaitement l’incroyable bonne humeur et l’irrésistible chaleur humaine qui se dégage de leurs spectacles. Aux côtés de Tryo, des Ogres de Barback et des Hurlements de Léo, La Rue Ketanou ne fait, de loin pas, pâle figure. Une bonne dose de bonne humeur pour voir arriver les beaux jours.

La Rue Ketanou, Ouvert à double tour, Salut Ô / Yelen.

Norah Jones, un talent confirmé

En mars 2002, Norah Jones réussit le tour de force de signer son premier album sur le fameux label Blue Note. Come away with me connaîtra rapidement un grand succès, amplement mérité. En septembre de la même année, on la retrouve sur deux morceaux de Songs from the Analog Playground, de Charlie Hunter. En novembre 2003, elle apporte sa voix sur l’album de Peter Malick, New York City. On reconnaît dès les premières intonations le style de Norah Jones, mais Malick apporte une agréable touche bluesy, qui donne une couleur légèrement différente à ce qu’on a entendu sur Come away with me. Avec Feels Like Home, son second album solo sorti le 9 février, Norah Jones renoue avec son univers jazz et signe un disque étonnant qui confirme son immense talent, découvert il y a juste deux ans.

Norah Jones, Feels Like Home, Blue Note.

16 ans et une voix stupéfiante

Pour être une surprise, c’est une surprise! En réalité, Joss Stone est une révélation. Remarquée à 14 ans dans un concours télévisé, elle sort aujourd’hui son premier CD, The Soul Sessions, composé de reprises soul proprement hallucinantes. Il faut avouer qu’à la première approche, c’était plutôt le scepticisme qui l’emportait… Une jeune anglaise de 16 ans qui se lance dans des interprétations de classiques de la soul allant d’Aretha Franklin aux Isley Brothers, on reste forcément un peu songeur. A la vue de la pochette «rétro», on commence à sentir poindre la curiosité et finalement, n’ayant rien à perdre au delà de quelque francs, on se laisse tenter. Et dès la première écoute, on a de la peine à y croire, on repasse le disque une seconde fois et on se sent juste un peu con d’avoir pensé qu’une «gamine» de seize ans ne pouvait pas avoir de voix et on se rappel un peu penaud l’âge auquel Micheal Jackson a commencé à chanter…

Joss Stone, par la richesse et la fraîcheur de sa voix, comme par l’apport de sa personnalité dans ses interprétations, force le respect. Une bien grande «gamine»…

Joss Stone, The Soul Sessions, Virgin.

Lhasa enfin de retour

A sa sortie en 1998, La Llorona, album d’une grande finesse, a révélé une voix époustouflante, à la fois charmeuse et mélancolique, parfois triste, mais tellement belle, celle de Lhasa De Sela. Son apparition au Paléo festival de Nyon en 1998 a laissé des marques indélébiles à un auditoire médusé par cette jeune femme de 26 ans, aussi humble que chaleureuse. Après trois années de tournée qui semblait n’en plus finir, Lhasa s’est retirée de la scène, sans qu’on en entende plus parler jusqu’à ce petit signe, en juin 2003, sur le nouvel album des Tinderstiks. Et la bonne surprise tant attendue est arrivée en novembre dernier. Lhasa a sorti son second CD, The Living Road, digne petit frère de La Llorona. On retrouve les rythmes mélancoliques mêlés aux intonations gaies de la musique hispanique. Mais cette fois-ci Lhasa se laisse aller à également chanter en anglais et en français.

Finalement, si les albums à suivre restent au niveau des deux premiers, on peut bien faire preuve d’un peu de patience… Il paraît que, parfois, il faut savoir se faire désirer… Jusque là, Lhasa y est parvenue!

Lhasa, The Living Road, Warner.

Folk revival

Née en 1963 à Jamestown, NY, Natalie Merchant commence sa carrière musicale à 16 ans au sein de 10’000 Maniacs, avec lesquels elle reste 12 ans. En 1995, elle sort son premier album solo Tigerlily, puis Ophelia en 1998. En 2001, son quatrième opus Motherland est bien accueilli par le public. Sa voix prend de l’ampleur et devient de plus en plus impressionante. Elevée par sa mère après que ses parents aient divorcé, alors qu’elle n’avait pas dix ans, Natalie Merchant a développé de profondes convictions féministes, auxquelles se joint son engagement pour une Amérique réallement démocratique, plurielle, sociale et ouverte. C’est dans l’idée de retrouver cet esprit subversif qui a caractérisé une certaine culture des Etats-Unis qu’elle vient de sortir un album de folk traditionnel et contemporain. On est littéralement souflé par les interprétations qu’elle en fait. Et toujours cette voix envoûtante…

Natalie Merchant, The House Carpenter’s Daughter, Import.

Tendresse et douceur du Nord

La jeune suédoise Sophie Zelmani a sorti son premier disque en 1996, mais c’est en 2001, avec son quatrième album Sing and Dance, que la Scandinave est révélée. Une nouvelle voix, intimiste et fragile prend sa place sur la scène folk qui, décidément, se porte particulièrement bien! Dans un style d’écriture qui fait penser à Dylan ou à Neil Young, Sophie Zelmani est touchante de finesse et de simplicité. Son cinquième opus, Love Affair, qui vient tout juste de sortir, est troublant de douceur et de tendresse. Les silences, les murmures, laissent entrevoir la neige qui tombe impassible sur Mälaren, lac à l’est de Stockholm, où Sophie Zelmani est née. Une artiste qui fait du bien, simplement.

Sophie Zelmani, Love Affair, Columbia / Sony Music.

Erik GROBET