G7
Non aux sept scélérat·es
Les dirigeant·es de sept puissances impérialistes, et quelques invité·es, se réuniront mi-juin à Évian à l’occasion du G7. Une coalition organise la contestation de ces leaders qui organisent la destruction des peuples.

Chaque semaine semble redéfinir les contours du possible – et de l’indécence.
En 2026, la longue procession de mise à mort du droit international a commencé au Venezuela par l’enlèvement par le régime Trump d’un chef d’État trop peu accommodant.
Cette ignominie se poursuit depuis un mois par les bombardements de l’Iran par les États-Unis et Israël, tuant des milliers de civils. L’armée israélienne profite du chaos pour intensifier son occupation du Liban, dont la capitale Beyrouth est progressivement rasée par les bombes, faisant fuir des centaines de milliers de personnes.
On dira que le génocide perpétré sous les yeux de toustes à Gaza avait pavé la voie. Ou plutôt: le laisser-faire, le soutien passif, souvent actif même, de la majorité des États occidentaux à ces horreurs.
Autre constat amer: cette escalade impérialiste n’a pas été suivie d’une contestation populaire. Après le point culminant, à l’automne 2025, des mobilisations pour la Palestine – sur fond de soutien aux flottilles pour Gaza – la contestation a suivi une trajectoire en chute libre.
Le mélange de sidération face à l’impunité israélo-étasunienne et d’adhésion au discours impérialiste quant à la «nécessité» de changer ces régimes autoritaires complexifie passablement notre tâche. Naviguer une ligne de crête politique, qui refuse tout campisme et toute agression impérialiste, n’est pas tâche aisée. C’est pourtant la seule solution pour notre camp politique: un internationalisme par le bas, par les peuples.
C’est dans ce contexte critique que s’inscrit la mobilisation d’opposition au sommet du G7.
Sept dirigeant·es des premières puissances impérialistes, et quelques autres invité·es, ont prévu de se réunir mi-juin à Evian pour «planifier la destruction des peuples», comme l’exprime bien le premier communiqué de la coalition No G7. Cette dernière réunit plus de 47 organisations, des collectifs féministes, queers, antiracistes, antifascistes ou écologistes aux partis de la gauche radicale en passant par les syndicats, les organisations autonomes ou anti-impérialistes.
Le contre-sommet prévu les 13 et 14 juin sera un grand moment de convergence des luttes tant locales qu’internationales. Ce sera l’occasion de se rencontrer et de tisser des liens avec des délégations militantes du monde entier, que ce soit dans le village militant, lors de tables rondes, de concerts ou de projections.
Mais les autorités suisses et genevoises sont d’ores et déjà sur le pied de guerre pour entraver, par tous les moyens possibles, le déroulement de cette mobilisation. Plusieurs milliers de soldat·es de l’armée suisse viendront renforcer les forces de police genevoises, déjà épaulées par les autres polices cantonales de Suisse.
S’ajoute à cette surenchère répressive des appels à l’interdiction pure et simple de la manifestation par de nombreuses personnalités de droite. Des appels jusqu’ici peu combattus par le PS et les Vert·es.
Il faut donc continuer à faire pression sur la Ville et sur le Canton de Genève, comme sur les autorités vaudoises ou françaises, pour défendre notre droit fondamental à nous réunir et à manifester dans toute la ville contre le sommet du G7.
Nous devons aussi faire connaître plus largement la coalition No G7 pour démontrer qu’une contestation populaire existe et qu’une large partie de la population refuse d’accueillir à bras ouvert ces leaders né·es avant la honte.
Clément Bindschaedler Niels Wehrspann