Prise de position de solidaritéS
Votation populaire du 29 novembre 2026
Financer l’AVS par la TVA ?
NON à cet impôt antisocial
Le 3 mars 2024, l’initiative pour l’introduction d’une 13e rente AVS a été adoptée par près de 60% des votant·es, après une campagne syndicale et féministe dans la rue et sur les lieux de travail.
Aujourd’hui, le Conseil Fédéral soumet au vote un projet parlementaire qui vise à financer cette 13e rente par une augmentation de la TVA. Or la TVA est bien le mode de financement le plus inégalitaire possible : elle ne tient pas compte des revenus, puisqu’elle est appliquée uniformément à tous les biens de consommation (à l’exception des biens de première nécessité).
La 13e rente fait partie de l’AVS, elle doit être financée comme l’AVS, socialement : les salarié·es cotisent 4,35% de leur salaire et les employeurs y versent la somme équivalente.
L’AVS se porte bien. Elle a fait 5,632 milliards de bénéfices en 2024 et 4,445 milliards en 2025, soit près de 10 milliards en 2 ans! Quel que soit l’issue du vote, le versement de la 13e rente est assuré. Pour garantir son financement à plus long terme, d’autres voies de financement existent, à commencer par une légère hausse du taux de cotisation.
La droite appelle à voter NON à l’augmentation de TVA, car son projet est d’habituer les salarié·es à l’idée de l’augmentation de l’âge de la retraite. L’Union Syndicale Suisse, divisée, a décidé de soutenir cet impôt antisocial, suivie par le PS et les Vert·es. C’est une voie sans issue, en rupture avec le modèle social qui fait la force de l’AVS.
Limitation des feux d’artifice ?
OUI limitons cette pollution
Cette initiative est portée par des milieux de protection des animaux et de la nature. L’intention est bonne, mais il faut bien reconnaître que les feux d’artifices ne représentent qu’une part infime des nuisances sonores et polluantes de notre société. Il y aurait franchement des mesures plus sérieuses à prendre !
Pour nous, ce n’est pas un sujet d’importance primordiale, mais c’est l’occasion de souligner que nous sommes contre la production d’objets dont l’utilité n’est pas évidente. Notre OUI rappelle que nous devons modifier notre mode de vie et de consommation.
Impôts fédéraux pour les couples mariés ?
NON l’imposition individuelle est plus équitable
Celle initiative, soutenue par le parti « Le Centre », l’UDC et les partis chrétiens veut introduire dans la loi un double calcul de l’impôt pour les couples mariés, la calcul le plus bas étant retenu. C’est un appel à un privilège pour les couples mariés.
Au mois de mars de cette année l’imposition individuelle a été acceptée en votation populaire. A partir de 2032, les contribuables seront imposé·es individuellement au niveau communal, cantonal et fédéral.
Le fonds de commerce électoral du parti « Le Centre » et de ses alliés est la dénonciation de la soi-disant discrimination du mariage et maintenant qu’on a décidé de la supprimer, ils protestent.
La fiscalité a été conçue historiquement pour soutenir le modèle familial d’un homme qui travaille à l’extérieur et une femme qui travaille au foyer. Avec le modèle en vigueur jusqu’aux dernières modifications, les couples mariés avec une grande différence de salaire sont très avantagés fiscalement et les couples mariés avec des revenus proches sont plutôt désavantagés du point de vue des impôts. Selon l’administration fédérale, la moitié environ des couples mariés payaient un impôt plus élevé que les non mariés, et l’autre moitié un impôt plus faible. C’est ce qu’ont corrigé les modifications de mars qui entreront en vigueur en 2032.
L’initiative propose un choix inadmissible : le double calcul des impôts pour les couples mariés avec l’impôt le plus bas retenu, afin de garantir que dans tous les cas les couples mariés soient privilégiés. Le mode de vie de chacun·e est une affaire privée et l’Etat n’a pas à privilégier l’un ou l’autre. Par contre, pour qu’on s’avance vers l’égalité et qu’on prenne mieux en compte la contribution importante pour l’avenir de notre société de l’éducation d’un·e enfant, les déductions pour enfant(s) doivent être encore renforcées. Mais le vote ne porte pas sur ce point.
Faciliter l’exportation du matériel de guerre ?
NON ! stop à ce business macabre
Le parlement a voté une modification de la loi qui vise à faciliter l’exportation et la réexportation par les acheteurs étrangers du matériel de guerre fabriqué en Suisse.
C’est la pression des industries d’armement qui souhaitent agir plus largement, hors contrôle, qui amène à ces modifications de loi. Et pour satisfaire à l’UDC, l’Ukraine a été exclue des ces assouplissements. Une alliance menée par le GSAA, le PS, les Vert·es et des ONG a fait aboutir un référendum.
Le 29 novembre, c’est à un vote de principe que nous sommes convié·es : Est-ce à l’industrie d’armement de fixer les règles du business militaire ? Sommes-nous d’accord que des armes fabriquées en Suisse se trouvent sur les champs de bataille aux quatre coins du monde ?
Voulons-nous que le Conseil Fédéral coopère militairement avec un pays qui procède à un génocide, en violation de toutes les règles du droit international ?
Notre choix est fait : c’est clairement NON !