Avions de combat
24 milliards pour éventrer la lutte sociale et climatique
Le 27 septembre et après le Gripen, le Conseil fédéral tente de faire passer en force un programme d’achat d’avions de combat désastreux. Grâce au référendum du GSsA soutenu par solidaritéS, un vote aura lieu.

L’arithmétique donne le vertige. Le Conseil fédéral cherche à obtenir un crédit de 6 milliards de francs pour l’achat de nouveaux avions de combat. Avec les coûts totaux liés à l’entretien, au carburant et aux développements complémentaires, on atteint la somme de 24 milliards de francs. Un seul de ces avions vaut autant qu’une année de congé paternité de deux semaines, ironiquement voté en même temps.
C’est une dépense somptuaire après des années d’austérité. Dans ses prévisions de dépenses pour ces prochaines années, le Conseil fédéral prévoit d’ailleurs de baisser les budgets de tous les départements, à l’exception de celui de la défense. Le plus grand projet d’achat d’armement de l’histoire suisse, couplé à une augmentation du budget de l’armée avec des coupes partout ailleurs, c’est indécent.
Le Covid-19 a montré que les hôpitaux et les services publics en général étaient sous-équipés. Des années d’orthodoxie austéritaire les ont laissés démunis devant une catastrophe pourtant prévisible. Des aides publiques et un État social fort seront nécessaires dans le futur pour garantir des conditions de vie décentes pour tou·te·s.
Le F-35/A, favori pour cet achat, est produit par Lockheed Martin qui se spécialise également dans la production de bombes à fragmentation et de mines antipersonnel. La Suisse a ratifié des conventions interdisant la production et la vente de ces armes. Nous ne pouvons pas tolérer que l’État suisse subventionne des entreprises de destruction au service de l’impérialisme occidental.
Une aberration écologique et sociale
L’industrie de l’armement contribue au désastre climatique en cours. Un avion de combat consomme en une heure de vol près de 5000 litres de kérosène, soit autant qu’il faut à une voiture pour faire le tour du monde 2.5 fois en carburant ou l’équivalent d’un vol commercial avec plus de 200 passagers·ères à bord.
La contradiction avec les objectifs globaux de réduction d’émissions de gaz à effet de serre est criante.
Chaque avion représente des centaines de millions de francs en faveur de la destruction environnementale. C’est un respirateur de moins dans un hôpital, un·e employé·e de moins dans un EMS et une subvention à une famille paupérisée en moins. Tout autre résultat qu’un non est une marche forcée vers une société plus inégalitaire qu’elle ne l’est déjà.
Pascal Vosicki