Europe néolibérale: c'est NON!
Europe néolibérale: c’est NON!
Le NON a triomphé avec 54,9% des suffrages, sept Français-e-s sur dix ayant pris part au vote: ce score est donc sans appel. Surtout, il est le résultat d’une mobilisation de gauche, sur le terrain, animée par près de mille collectifs unitaires. C’est cette campagne qui a permis de renforcer le camp du NON au fil des semaines, en le liant de plus en plus fortement aux mobilisations sociales en hausse, réussissant ainsi à détacher la majorité de l’électorat du PS et des Verts de leurs principaux leaders. Dans le même temps, et pour les mêmes raisons, le NON de la droite nationaliste a fait du surplace, jusqu’à se voir marginalisé dans le débat.Nos camarades de la LCR, membres comme nous de la Gauche anticapitaliste européenne, ont joué un rôle important dans l’animation de la campagne de gauche pour le NON au Traité constitutionnel européen. Selon un sondage, rendu public dans la soirée du 29, Olivier Besancenot, aurait même joué un rôle décisif, avant Marie-Georges Buffet, pour arracher une telle victoire.
Nous reproduisons ici l’intégralité du communiqué de la LCR, publié au lendemain du scrutin, et qui revient sur les nouvelles perspectives ouvertes par ce résultat, notamment pour le développement d’un nouveau projet européen, démocratique, social et solidaire, en France et au-delà. (jb)
«55 % des suffrages ont rejeté la Constitution européenne. C’est un mouvement de fond qui s’oppose à toutes les politiques libérales menées depuis vingt ans en Europe. Ce NON populaire, de gauche et internationaliste, aura un formidable écho chez tous les peuples d’Europe. Ce NON est un encouragement pour le développement des mobilisations sociales.
C’est aussi une nouvelle sanction contre Chirac. Rejeté par les mobilisations, désavoué par les électeurs, ce pouvoir est totalement illégitime: Jacques Chirac et son assemblée doivent partir.
Ce NON de gauche suscite un immense espoir. Il faut maintenant poursuivre ce mouvement unitaire et créer les conditions d’un rassemblement des forces militantes pour une rupture avec le capitalisme libéral.
Ce NON du monde du travail, de la jeunesse, est celui de toutes les forces qui défendent la perspective d’une Europe sociale, démocratique, écologiste et féministe: une Europe qui harmoniserait les droits sociaux et démocratiques vers le haut, une Europe qui taxerait les profits financiers, qui imposerait une répartition radicalement différente des richesses au profit du plus grand nombre, qui garantirait le droit à l’avortement et à la contraception gratuits. Une Europe sans OGM et sans nucléaire, soucieuse de préserver les équilibres écologiques. Une Europe de la paix, de la coopération solidaire entre les peuples, qui tournerait le dos à l’Otan et à la militarisation promise par le Traité.
Chirac, le chef du OUI, qui s’est engagé sans compter dans cette campagne, vient d’être désavoué. Il doit partir! Quant à l’Assemblée nationale, elle était favorable à près de 90% à la ratification du traité. Elle, aussi, n’a plus aucune légitimité. Elle doit être dissoute!
Dans les semaines qui viennent, les mesures libérales, qu’elles viennent de l’Union européenne ou du nouveau gouvernement, vont se multiplier: directive Bolkestein, temps de travail, privatisation de Gaz de France, service minimum en cas de grève dans les transports publics, etc. Ce n’est que par la mobilisation, par les luttes, que nous arriverons à contrecarrer les mauvais coups. L’exemple récent de la mobilisation des travailleurs de Total montre la voie à suivre.
L’un des acquis du NON de gauche, c’est la dynamique unitaire qu’il a permis de construire. C’est près de 1000 collectifs dans le pays, regroupant des militants politiques, syndicaux, associatifs, ou inorganisés. Les meetings pour le NON de gauche ont connu une affluence record. Toutes celles et ceux qui ont participé à cette campagne ont une envie partagée de continuer sur la base des revendications et des aspirations entendues.
Il n’y a pas une minute à perdre pour agir et proposer une alternative au capitalisme libéral, en Europe et en France, qui redonne espoirs à toutes celles et ceux qui ne se résignent pas à une société qui sème la misère, les inégalités, les oppressions, la guerre. Pourquoi pas des assises locales, régionales et nationales des collectifs? Pourquoi pas, au niveau européen, une initiative qui dessine les contours d’une autre Europe: sociale, solidaire et démocratique? Nous proposons une démarche qui permette réellement aux peuples de débattre et de décider sur l’Europe à construire.
Quant aux forces politiques, parties prenantes de la campagne, elles doivent aussi prendre leur responsabilité, se rencontrer pour encourager et développer de telles perspectives.
Cette victoire du NON de gauche au traité constitutionnel, nous ne voulons pas nous la faire voler. Alors, continuons tous ensemble!» ( LCR)