Complaisance néolibérale en ville de Neuchâtel
Complaisance néolibérale en ville de Neuchâtel
L’Accord général sur le commerce des services (AGCS), négocié secrètement au sein de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), vise à libéraliser/privatiser les services publics. Mais une résistance impulsée par les mouvements altermondialistes se développe. Des communes, des villes, des régions se sont déclarées «zones hors-AGCS». C’est le cas, de la ville du Locle, dans le canton de Neuchâtel, mais aussi de la ville de Genève.
Il s’agit d’une démarche symbolique, mais qui affirme une volonté politique de pas baisser les bras et de défendre le service public. Même si les collectivités publiques qui y souscrivent n’ont aucun pouvoir sur les négociations menées par le seco (Secrétariat à l’économie). Le symbole dérange pourtant: toutes les communes suisses ont reçu en urgence une mise en garde, rédigée en jargon néolibéral, de l’Association des communes suisses, pilotée par le seco.
Message hélas bien reçu en ville de Neuchâtel. Le journal «Le Courrier» du 25 mai signale qu’un rapport du Conseil communal 1 refuse une proposition du groupe POP/Verts/SOL au Conseil général (législatif), visant à déclarer Neuchâtel «zone hors-AGCS».
Les déclarations rapportées par «Le Courrier» sont sidérantes. Qu’on en juge! M. Antoine Grandjean (libéral, chef de la Police et des Services industriels): «Nous avons planché sur ce dossier complexe et avons convaincu nos collègues. Il n’y a aucune libéralisation cachée, comme le montrent les sites Internet de l’OMC et du seco, en qui nous avons pleine confiance».
Mme Françoise Jeanneret (socialiste, présidente de la Ville, responsable des Finances, du personnel et des cultes): «Je n’ai rien à dire. Le dossier a été traité par M. Grandjean. Nous avons pris cette décision de façon collégiale». Variation sur un thème connu: Mme Jeanneret avait adopté la même attitude, en été 2004, lors de la fermeture de plusieurs bureaux de poste à Neuchâtel 2.
solidaritéS/NE ne peut croire un seul instant que L’ENSEMBLE de l’exécutif communal ait avalé tout cru les arguties du seco. La résistance contre l’AGCS continue, à Neuchâtel comme ailleurs. Première échéance: la prochaine séance du législatif communal, où les élu.es de la gauche pourront renvoyer ce rapport bâclé dans les poubelles de l’histoire.
Hans-Peter RENK
- composé de 1 libéral, 1 radical, 2 PSN et 1 solidaritéS.
- «Où s’arrêtera la Poste?», solidaritéS, n° 49, 25 août 2004.