TPG-Aéroport-SIG: la privatisation rampante marque un point... Mais la résistance est possible!

TPG-Aéroport-SIG: la privatisation rampante marque un point… Mais la résistance est possible!

C ’est à 60% contre 40% que les électeurs-trices
genevois ont accepté les «transferts
d’actifs», soit la cession d’infrastructures
détenues aujourd’hui par l’Etat, à
l’Aéroport, aux TPG et aux SIG.

Ce score a été applaudi par la droite et
l’extrême droite comme un pas en direction de cette
«autonomie», qui est l’un des paravents favoris de la
privatisation progressive. Présentée comme une simple
mesure «technique» et anodine par un gouvernement cantonal
à majorité rose-verte, qui a usé d’un
chantage scandaleux en menaçant tout le secteur
subventionné de coupes s’il ne l’emportait pas, ce
résultat est indéniablement une défaite pour les
vrais défenseurs des prestations à la population, du
service public et du contrôle démocratique sur 
celui-ci.

Mais, dans les conditions de ce vote, le 40%
d’«oppositionnel-le-s» qui ont dit NON
représentent un socle de résistance important. Rappelons
que de toutes les forces politiques genevoises, seuls
solidaritéS et les membres de la coalition «A Gauche
Toute!» (AGT) défendaient le refus de ces mesures. Les
Verts ont fait sans aucune vergogne campagne en leur faveur, et le PS y
consentait en laissant une «liberté de vote»
opportuniste, après avoir accepté ces mesures au
parlement.

Or AGT, avec ses moyens forts limités et privée de la
tribune parlementaire du Grand Conseil, outil précieux sinon
indispensable d’une politique d’opposition
référendaire, a été «suivie»
bien au-delà de sa force «électorale» modeste
(12% environ en Ville de Genève aux dernières
élections municipales). Bien entendu, ce front du refus a
bénéficié de l’engagement décisif des
syndicats qui ont lancé les deux référendums
(SSP/SEV) et de l’appui de la Communauté genevoise
d’action syndicale (CGAS). Ainsi, même minoritaire,
c’est un clair vote de gauche en faveur du NON que confirme la
lecture des résultats par arrondissement. On est loin du
plébiscite en faveur du gouvernement!

Au final donc, ce vote démontre que le prétendu
«dépassement des clivages gauche-droite», dont se
gargarisent les promoteurs des accommodements toujours plus
poussés avec la politique… de la droite
néolibérale, n’est pas une fatalité! Il doit
être un encouragement à ne pas laisser passer sans
résistance, le moindre pas supplémentaire en direction
des privatisations programmées.

Pierre Vanek