EMS
Une politique irresponsable
Des mesures politiques tardives, conjuguées à un sous-effectif antérieur à la crise, font des ravages dans les EMS. Peu écouté, dépourvu de protections et dépistage suffisants, le personnel, composé majoritairement de femmes, travaille sans filet.

Dès le début de la crise, les membres du syndicat ont dénoncé la catastrophe en cours. Sur les 279 décès dénombrés dans le canton de Vaud au 16 avril, plus de la moitié ont eu lieu dans les établissements médicaux sociaux (EMS).
Prié·e·s de se taire
Du côté des autorités politiques, les mesures pour limiter la diffusion du virus sont venues très tardivement. Même dans les institutions les plus touchées, le personnel n’a pas suffisamment de matériel de protection. Raphaël explique : « Nous avons des masques chirurgicaux, gants et surblouse, mais pas de solution hydroalcoolique. Nous devons garder notre masque toute la journée. Les surblouses restent dans la chambre du patient concerné durant 24 heures, nous l’enfilons à tour de rôle. […] Je suis inquiet ».
Malgré cette exposition, aucune politique systématique de dépistage n’existe à ce jour – ni pour le personnel, ni pour les résident·e·s. Les personnes présentant des symptômes doivent continuer à travailler avec un simple masque tant que le résultat n’est pas positif. Dans certaines institutions, même les malades sont invité·e·s à venir travailler.
La surcharge, cumulée aux nombreux arrêts maladie dus au virus, induit « une fatigue physique et psychique, du stress et des troubles du sommeil », raconte Laura. La réduction des équipes est épuisante.
À l’initiative du SSP (Syndicat des services publics), les syndicats ont interpellé le Conseil d’État vaudois et les faîtières patronales afin d’exiger pour tout le secteur davantage de matériel de protection et des formations spécifiques. Notre syndicat demande aussi un accès facilité et gratuit aux tests de dépistage, ainsi que le maintien strict à domicile des personnes à risque.
Comme nous le dénonçons depuis longtemps, les dotations dans les EMS sont insuffisantes. La crise du Covid-19 ne fait qu’accentuer la surcharge d’un travail aujourd’hui totalement reconfiguré.
Vanessa Monney
Secréteaire SSP région Vaud
Article paru initialement dans Services publics, journal du SSP. Coupures de notre rédaction.