Vandalisme: deux sprays, deux mesures
Dans l’émission «Le Match» de Canal Alpha du 2 décembre 2025, consacrée aux déprédations qui avaient défrayé la chronique cet été, le débat a opposé Georges–André Lozouet, porte-parole de la police neuchâteloise, et Dimitri Paratte, avocat et militant de solidaritéS Neuchâtel.

Le premier a été très ferme: selon lui, les tags sur la Collégiale relèvent d’une action coordonnée, tandis que certains autres graffitis ne seraient à ses yeux que des débordements isolés de soirées du week-end. Pourtant, comme le souligne l’Intercollectif de la Grève du Climat, de nombreuses croix celtiques, runes, inscriptions racistes ou masculinistes sont visibles dans tout le canton.
Dimitri Paratte rappelle que des formulaires de plainte en ligne existent pour les dommages à la propriété, afin de faciliter les démarches des propriétaires, alors que peu de choses sont entreprises sur le plan pénal contre les symboles et propos haineux ou pour poursuivre les employeur·ses qui ne versent pas les salaires dus.
D’après un juriste extérieur au débat, ayant travaillé durant des années aux côtés de victimes d’infractions pénales les atteintes aux biens sont plus facilement poursuivies et sanctionnées que les atteintes aux personnes. Et, même en restant sur le terrain du vandalisme, Dimitri Paratte rappelle qu’aucune enquête ni poursuite sérieuse n’a été menée après l’arrachage de la statue inversée de David de Pury du centre-ville, statue qui constituait pourtant un geste de mise en question du passé colonial de Neuchâtel. Et alors que même le Conseil fédéral constate d’importantes lacunes dans la prise en compte des actes racistes et antisémites, le message de la Police Neuchâteloise est clair : circulez, il n’y a rien à voir!
Angel Cabral