Salaire minimum

Un contre-projet qui méprise les salarié·exs du canton!

Mardi 3 mars, la majorité de droite du Grand Conseil vaudois a accepté le contre-projet opposé par le Conseil d’État à notre double-initiative «Pour le droit de vivre dignement de son travail – pour un salaire minimum cantonal». Le contre-projet défend évidemment les intérêts patronaux. Tout ceci est mis en votation le 14 juin. 

Discours d’Isabelle Moret devant le patronat vaudois
La Conseillère en charge de l’économie vaudoise Isabelle Moret a élaboré un contre-projet aux initiatives pour un salaire minimum qui défend les intérêts patronaux… 125 anniversaire de la CVCI, mai 2023

Le contre-projet du Conseil d’État vide le salaire minimum de sa substance. D’une part, son indexation en fonction de l’augmentation du coût de la vie, inscrite dans nos initiatives, n’est pas garantie. À la place, le gouvernement instaure un mécanisme arbitraire, selon lequel il jugerait de la nécessité d’une indexation à partir d’une analyse subjective de la situation économique et après discussion avec les «partenaires sociaux». 

Pourtant, le salaire minimum est un outil de politique sociale, qui ne doit pas dépendre de calculs arbitraires. Recevoir un salaire permettant de vivre dignement devrait être un droit qui ne saurait être conditionné par les besoins patronaux.

D’autre part, le contre-projet prévoit que les Conventions collectives de travail (CCT) étendues ou les contrats-type priment le salaire minimum légal. Problème: dans certains secteurs, les CCT fixent des salaires inférieurs à celui proposé dans notre initiative. Ce mécanisme exclut et méprise les salarié·exs de branches entières, souvent très féminisés, dont les plus touchées par les bas salaires, comme l’hôtellerie-restauration, la coiffure, les nettoyeuses et femmes de ménage! Par exemple, pour une employée avec deux ans de formation dans l’hôtellerie, la CCT étendue de ce secteur fixe un salaire minimum brut de seulement 22,36 francs de l’heure!

Cette volonté de faire prévaloir une CCT sur la loi est une grave atteinte aux droits démocratiques. Une négociation entre acteurs privés ne peut pas primer les lois votées par le peuple. Cette entourloupe est d’ailleurs le cœur de la motion Ettlin qui progresse au parlement national et qui a été rejetée en consultation par 25 cantons – dont Vaud.

Pire encore, le contre-projet multiplie les exceptions pour réduire encore le nombre de personnes qui seraient concernées. 

Nous lutterons ces prochains mois dans les lieux de travail et dans les rues dans le cadre du large comité de campagne pour les initiatives. Et aussi pour que le contre-projet antisocial du Conseil d’État ne passe pas le 14 juin!

Nous appelons donc à accepter notre double initiative et à refuser massivement l’arnaque proposée par le gouvernement.

Ph. K.