Was ist DAS·WAS?
DAS·WAS, nouveau parti de gauche radicale à Fribourg, a réduit au silence tous les sceptiques le 8 mars passé! Créée deux mois avant les élections municipales, cette nouvelle formation politique est parvenue à remporter sept sièges après une campagne éclair. Entretien avec Arame Seck, membre de DAS·WAS.

Peux-tu présenter brièvement DAS ·WAS et dans quel contexte le parti s’est formé?
DAS · WAS, acronyme de «Dignité Action Solidarité» en français et allemand, est un groupe politique né à Fribourg dans le prolongement de mobilisations citoyennes, associatives et militantes déjà bien présentes dans la ville et le canton.
Il s’est formé à partir d’un constat simple: de nombreuses luttes pour la justice sociale, l’écologie, les droits des personnes minorisées, les luttes féministes, antiracistes décoloniales, anticapitalistes et la culture existent sur le terrain, mais restent encore trop peu et mal représentées dans les institutions. Notre démarche a donc consisté à créer un espace politique capable de continuer ces engagements de terrain à l’échelon institutionnel communal.
Comment s’est déroulé votre campagne? Quelles ont été vos stratégies et vos axes prioritaires?
Notre campagne a été courte, intense et profondément collective. En deux mois, et sans moyens financiers, mais avec une forte énergie commune, nous avons mené une campagne éclair portée par des personnes engagées dans différents réseaux militants fribourgeois. Cela nous a permis d’aller vite, tout en restant cohérent·exs avec nos positions politiques.
Notre stratégie a reposé sur une campagne de proximité, tournée vers les habitant·exs, en affirmant à la fois notre radicalité politique et notre volonté d’être une force de proposition concrète. Nous avons multiplié les espaces de rencontre (cafés politiques, Stammtisch, échanges sur les aires de jeux) tout en prenant aussi des positions fortes sur les réseaux sociaux, par exemple sur l’antifascisme. Nous avons ainsi cherché à atteindre des personnes qui ne se reconnaissent plus ou peu dans les formes politiques traditionnelles, y compris des personnes qui ne votaient pas ou plus.
Nos axes prioritaires ont été la dignité, la coopération et le soin porté aux personnes comme à l’environnement. Nous avons souhaité partir du réel pour améliorer le quotidien et mettre la politique au service du bien commun. Nous avons aussi insisté sur la nécessité de faire entrer dans les institutions les préoccupations du terrain.
Quel est votre bilan des élections municipales à Fribourg?
Ces élections montrent d’abord que les enjeux mentionnés structurent fortement le débat politique à Fribourg et que la politique communale est traversée par des tensions entre les forces progressistes, la droite et des courants plus réactionnaires. Dans ce contexte, les sept sièges obtenus par DAS·WAS constituent un signal politique fort. Ce résultat montre qu’il existe un espace, à Fribourg, pour une gauche radicale, intersectionnelle et ancrée dans les mouvements sociaux, qui déplace le centre de gravité du débat politique.
Comment est-ce que vous envisagez la suite?
Nous envisageons la suite comme un travail à deux niveaux. D’un côté, il y a désormais une responsabilité institutionnelle: être présent·exs au Conseil général, faire des propositions, intervenir dans les débats, construire des majorités et défendre concrètement notre radicalité. De l’autre, il y a la nécessité de préserver ce qui fait notre force, c’est-à-dire notre ancrage dans les mobilisations, les associations et les dynamiques citoyennes.
Nous ne voulons pas devenir une structure refermée sur elle-même ou détachée du terrain. L’enjeu est plutôt de consolider un espace politique collectif qui permette de faire exister durablement ce lien entre luttes sociales et travail institutionnel. Autrement dit, DAS·WAS n’a pas vocation à remplacer les engagements militants, mais à leur donner aussi un prolongement politique dans les institutions communales.
Après ce succès aux municipales, est-ce que vous envisagez de vous présenter aux élections cantonales en novembre 2026?
C’est une question qui peut légitimement se poser, mais il est encore trop tôt pour y répondre de manière définitive.
Le résultat aux communales montre qu’il existe à Fribourg une attente pour notre projet politique. Cela dit, les élections cantonales se jouent à une autre échelle, avec d’autres réalités territoriales, d’autres équilibres et d’autres exigences organisationnelles.
Notre priorité, à ce stade, est d’assumer sérieusement le mandat qui nous a été confié en ville de Fribourg et de construire quelque chose de solide dans la durée. Nous ne voulons pas entrer dans une logique d’expansion automatique simplement parce qu’un premier résultat est encourageant.
La question d’une éventuelle candidature cantonale devra donc être évaluée politiquement, et collectivement en fonction de nos forces disponibles.
Envisagez-vous d’étendre votre ancrage ailleurs dans le canton?
Aujourd’hui, notre ancrage est avant tout celui de la ville de Fribourg. C’est là que DAS·WAS s’est constitué, à partir de réseaux militants, associatifs et citoyens locaux. Notre force vient précisément de cette implantation concrète. Un éventuel élargissement devrait se faire par cette même approche d’un ancrage local.
Quel est le lien entre DAS·WAS et les autres organisations de gauche à Fribourg, et ailleurs?
Il y a naturellement des proximités, des circulations de personnes, des expériences communes et des convergences politiques avec différents collectifs et espaces militants à Fribourg.
Le rôle de DAS·WAS est d’intervenir dans le champ institutionnel communal et en aucun cas de se substituer aux collectifs existants ni de les absorber. Au niveau national, nous nous reconnaissons dans la constellation de forces de gauche radicale, féministe, anticapitaliste, écologiste, antiraciste et décoloniale.
Propos recueillis par Clément Bindschaedler