Faire payer aux étudiant·exs la fiscalité de droite

Le 17 septembre, le gouvernement genevois présentait son budget (austéritaire) pour 2027. Dans son paquet de coupes et d’économies de bouts de chandelle, une hausse des taxes d’études pour l’Université de Genève, de 500 à 750 francs par semestre. 

Effigies des Conseillers d’État genevois pour dénoncer les coupes budgétaires
Manifestation lors de la journée de grève de la fonction publique contre les coupes budgétaires, 7 mai 2026

Alors que le 27 septembre la population genevoise refusait le projet de coupes prévues par Anne Hiltpold – la conseillère d’État en charge de l’éducation – pour la HES-SO, le gouvernement, cette fois uni en bloc, propose une nouvelle série de mesures touchant l’ensemble de l’État, et au passage, l’université de Genève (Unige). 

Économie risible, précarité massive 

Comme le souligne la CUAE (le syndicat étudiant de l’Unige) dans un article publié sur son site, l’économie réalisée par le gouvernement par ce biais représente une somme risible en regard des 500 millions que celui-ci cherche à combler. Pourtant, si faible que cette mesure puisse paraître en regard du budget de l’État de Genève, elle représente un coup de massue pour les innombrables étudiant·exs précaires. Les chiffres de l’Observatoire de la vie étudiante soulignent que 21% d’entre elleux peinent d’ores et déjà à boucler les fins de mois. 

Le Rectorat de l’Unige est resté jusqu’à présent bien silencieux sur la question. On attend pourtant de la Rectrice, Audrey Leuba, qu’elle adopte une position combative et qu’elle s’y oppose avec force devant le Conseil d’État.

Derrière l’austérité, la privatisation

Il s’agit aussi de replacer ce projet dans le contexte général d’austérité. Ces dernières décennies, les majorités de droite, à Genève comme ailleurs, n’ont cessé de vider les caisses publiques au profit des plus riches dans un projet au long terme d’affaiblissement de l’État au profit du secteur privé. Dans le domaine de l’enseignement supérieur, on observe cette tendance tant dans le transfert des coûts vers les étudiant·exs par la hausse des taxes – processus déjà largement entamé dans tout le reste du pays et déjà mis en place pour les HES genevoises – que dans l’insertion du privé dans le domaine de la recherche. Le secteur privé finance en effet de plus en plus celle-ci et réoriente les institutions de l’enseignement supérieur – loin de leur mission initiale d’œuvre pour le bien commun – vers la recherche du profit. 

Il faut donc s’opposer à cette hausse ciblée dans le domaine de l’éducation, mais également au reste du projet de société porté par la droite, sans quoi, on ne fera que repousser l’inévitable.  

Clément Bindschaedler