unité par principe ou affirmation de l’indépendance
C’est un peu en ces termes que le débat s’est posé lors de la deuxième partie des Assises cantonales d’«A Gauche Toute!» Vaud (AGT), tenues le 4 novembre à Vevey. La décision des Verts (cf. no 96) de partir seuls au premier tour des élections à l’exécutif vaudois avait en effet relancé le débat sur la stratégie à suivre, le Parti socialiste proposant une liste à trois (2 PS, 1 AGT). Si personne n’a vraiment cherché à ressortir des tiroirs l’ancien accord sur les mesures urgentes pour la législature à venir, la décision des Verts l’ayant rendu caduc, la discussion sur une liste commune au premier tour avec le PS, pour le gouvernement uniquement, fut vive, mais cordiale.
C’est essentiellement du côté des membres du POP que la politique d’unité au premier tour avec le PS fut défendue, à partir de plusieurs considérations différentes. Réalisme électoral, occasion à ne pas manquer, tradition caractéristique du parti, nécessité de laisser les Verts porter seuls le chapeau de la désunion, tels furent les arguments le plus souvent évoqués.
Quelle alliance avec le PSV?
Pour solidaritéS la question se posait différemment, dans la mesure où l’éclatement de la liste à quatre faisait disparaître le principal motif invoqué en faveur de cette politique: battre la droite dès le premier tour et installer une double majorité de gauche.
Dès lors, il était légitime de juger que la liste d’«A Gauche toute!» au Conseil d’Etat avait autre chose à dire que celle du PSV. Non pas que le bilan d’un Pierre-Yves Maillard soit équivalent à celui des gouvernants socialistes neuchâtelois ou genevois. L’homme est habile et sa politique de la santé va plutôt dans le bon sens. Mais la politique de la social-démocratie, ce n’est de loin pas que cela. Dans le partage des responsabilités gouvernementales, il y a aussi le partage de la politique néolibérale de ces dix dernières années.
Dans la besace du PSS, il y a aussi – et surtout! – les déclarations ahurissantes d’un Moritz Leuenberger, reprochant aux pilotes de Swiss de faire grève pour des augmentations de salaires, au motif que cela nuirait à l’image de l’entreprise. Comme si Swiss(air) ne s’était pas fort bien débrouillée toute seule pour faire exploser son image en vol! Comme si le droit de grève ne s’exerçait qu’en fonction de critères de marketing… Comme si Couchepin, Leuenberger et consorts n’avaient pas déversé des fonds publics par centaines de millions dans les poches sans fond de la compagnie d’aviation, tout en bêlant sur le déficit des finances publiques. C’est cela aussi la social-démocratie: une politique d’accompagnement des dégâts du néolibéralisme dont le contenu heurte régulièrement les intérêts de la majorité de la population laborieuse.
On pouvait donc estimer légitime, à la fois en terme de contenu politique et de tactique électorale, la présentation d’une liste autonome d’AGT au premier tour des élections au gouvernement vaudois au printemps prochain. En évitant d’apparaître comme un sympathique partenaire junior du PSV, la liste AGT soulignait avec d’autant plus de force la nécessité d’une autre politique. La majorité de l’assemblée n’en décida pas ainsi. solidaritéS demanda alors, et obtint, que son opposition et ses raisons soient mentionnées dans le communiqué de presse final (voir encadré ci-dessous).
Durant ces mêmes Assises, AGT a aussi débattu et approuvé la plateforme qu’elle défendra lors de ces élections. Elle doit être encore réécrite partiellement et peaufinée dans son style. Nous en présenterons les grandes lignes au moment de sa parution.
Daniel SÜRI
«À Gauche Toute!» au Conseil d’état et au Grand Conseil, unis pour changer vraiment!
L’Assemblée cantonale d’«A Gauche toute!» (POP & Gauche en mouvement et solidaritéS) s’est tenue à Vevey, le samedi 4 novembre. Elle a affirmé que seule une union de toutes les forces opposées au néolibéralisme autour d’un projet commun peut ouvrir la voie à une alternative authentique au niveau économique, social, écologique, féministe et démocratique.
L’Assemblée générale a décidé de se battre pour que la gauche gagne lors des élections cantonales de mars 2007. Elle entend en finir avec la politique de droite dans notre canton et que les partis bourgeois soient enfin minoritaires, au parlement comme au gouvernement.
En ce sens, par 56 voix contre 17 et 7 abstentions, «A Gauche toute!» (AGT) a décidé de présenter au premier tour son candidat AGT Josef Zisyadis avec les deux candidats socialistes, suite à la rupture par les Verts du projet de liste commune à quatre.
La minorité, représentée essentiellement par solidaritéS, était partisane d’une liste indépendante «A Gauche toute!» au premier tour au Conseil d’Etat, une liste permettant de défendre clairement les propositions d’une gauche combative, à la gauche du PSV et des Verts. Pour ne pas mettre en danger la dynamique de construction cantonale et nationale d’AGT, cette minorité a décidé de ne pas s’opposer à ce que AGT présente malgré tout un candidat sur une liste commune avec le PSV, mais le déplore. En effet, cette minorité considère que le PSV, comme les PSS et les Verts d’ailleurs, dans leur très grande majorité mènent, depuis de nombreuses années, une politique qui, pour l’essentiel, est une politique d’accompagnement et non d’opposition aux orientations néolibérales.
AGT mènera sa campagne pour le Conseil d’Etat ainsi que dans tous les arrondissements électoraux sur la base de sa plateforme 2007-2012 adoptée à l’unanimité.
AGT veut une gauche 100% à gauche, qui refuse d’inscrire ses propositions dans le cadre des politiques d’austérité et des caisses vides, qui se bat contre les licenciements, qui lutte contre les inégalités sociales et les discriminations, qui s’oppose fermement à la remise en cause des services publics. Bref, une vraie gauche de gauche!