Les gymnases vaudois entrent dans la lutte!
La rentrée scolaire a vu naître un nouveau collectif de gauche radicale: Gymnases en lutte. Dans le contexte de soulèvements en Europe, le collectif vaudois souhaite organiser la colère de la jeunesse. Discussion avec Athéna, une des membres fondatrices et militante de solidaritéS.

Qu’est-ce qui a motivé la création de ce collectif?
Le collectif Gymnases en lutte est né avec la coalition «Pas d’étés à 50°C!», à travers le GT écosocialiste de solidaritéS Vaud. C’était la bonne excuse pour commencer à s’organiser politiquement dans nos gymnases. Au début, on était à peine une dizaine dans quelques établissements. Aujourd’hui, on est plus de huitante dans une dizaine de gymnases vaudois, y compris à Yverdon-les-Bains, Morges ou Nyon.
Quelles sont vos revendications?
Nous avons développé nos revendications d’abord autour des questions écologistes, pour une meilleure adaptation face à la crise climatique: ventilation, rénovation, végétalisation. Ensuite, on a des revendications plus générales: autorisation des organisations politiques, meilleur soutien psychologique, revoir le calcul d’accès aux bourses d’étude, repas gratuits.
On demande également l’abolition de la voie générale (VG) et de la voie prégymnasiale (VP) à la fin de l’école obligatoire. Lors de la dernière année à l’école secondaire, les élèves sont orienté·exs selon leur niveau scolaire vers le gymnase ou vers l’apprentissage. Ce tri limite les possibilités de formation de la jeunesse.
Comment avez-vous été accueilli·exs dans les milieux militants?
Très vite, il y a eu du soutien, que ce soit de solidaritéS, de Contre-Attaque & Autonomie ou encore de Lausanne Palestine. Lors de la manifestation du 10 octobre à Lausanne, on a même fait un discours alors qu’on venait de se fonder. On a pu très facilement revendiquer notre ancrage dans des luttes de gauche radicale, écologistes, anti-impérialistes et syndicales.
C’est important d’être en lien avec les autres organisations politiques de la région, car on a un rôle à jouer pour que les étudiant·exs ne quittent pas le militantisme en sortant du gymnase. Le but est de pouvoir s’orienter plus facilement vers des collectifs avec lesquels on a pu militer.
Et comment s’annonce la suite?
Dans l’immédiat, on se projette dans les grèves de la fonction publique et de la jeunesse. On va aussi chercher à entrer en négociations avec nos établissements et à faire valoir notre droit à nous organiser politiquement. Si on s’organise au niveau cantonal, on garde une marge de manœuvre propre à chaque gymnase. C’est important de pouvoir s’adapter localement à chaque situation.
On soutient également les luttes de nos camaradexs en France et l’organisation politique des apprenti·exs. Comme il n’y avait pas de collectif, certain·exs nous on rejoint. Mais maintenant, un collectif s’est formé et nous allons faire notre possible pour que la jeunesse s’organise ensemble!
Propos recueillis par Timothé Chételat