Des battles d’aura aux barricades!

De par le monde, la «Gen Z» est au cœur des mobilisations. Une génération qui voit notamment ses perspectives d’avenir réduites par la crise écologique et l’incapacité des gouvernements à y répondre.

Pancarte “La jeunesse veut un avenir qui ne donne pas envie de crever”
Manifestation du 5 novembre 2026 à Paris

Ces dernières années, des mouvements majoritairement portés par la jeunesse ont essaimé partout dans le monde. En 2025, ce sont les gouvernements de la Corée du Sud, de la Mongolie, du Népal, du Pérou, de Madagascar et de la Bulgarie qui ont été renversés. Certains mouvements sont encore en cours, comme en Indonésie, en Turquie ou en Géorgie, où la crise n’a jusqu’à présent pas trouvé de débouchés. 

D’autres passent par les urnes, comme en Serbie, où la liste électorale du mouvement étudiant a largement gagné les élections législatives du 25 octobre. Mais parfois, comme au Maroc, au Cameroun ou au Sénégal, ces mouvements ont subi de plein fouet la répression étatique et se sont soldés par des victoires de la réaction.

En 2026, la «Gen Z» est à nouveau au cœur de soulèvements massifs et entraîne de larges pans de la société avec elle. Dans le monde, l’Inde, le Brésil, l’Argentine, l’Ouganda, le Japon ou encore la Bolivie connaissent des mobilisations impressionnantes. En Europe, on assiste à un «automne des peuples»: Albanie, Belgique, Italie, Espagne, Portugal, Allemagne, France. Et la perspective de la grève de la jeunesse du 20 novembre promet d’embraser d’autres pays, y compris la Suisse.  

Ces mouvements sont souvent portés par les étudiant·exs. Iels dénoncent le chômage de masse, la vie chère, la corruption et les manigances antidémocratiques des élites en voie de fascisation, mais aussi – et c’est central quand il s’agit de l’avenir – la catastrophe écologique. 

Tandis que les États coupent toujours plus dans les budgets sociaux et éducatifs pour nourrir ceux de l’armée et offrir des subventions aux entreprises, la jeunesse demande un rééquilibrage. Les inégalités explosent pour les jeunes en formation ou fraîchement arrivé·exs sur le marché de l’emploi qui peinent à se projeter dans un avenir viable. Trimer jusqu’à 67, 68, 69 ou 70 ans pour des miettes dans un monde qui se réchauffe toujours plus n’est un rêve pour personne!

Cette jeunesse puise sa force et sa politisation dans les mouvements sociaux de la dernière décennie. 

Les mouvements écologistes ont sensibilisé à l’écosocialisme, à des moyens d’action multiples et ont rappelé (s’il était nécessaire) combien il est important de se méfier des électoralistes et parlementaristes jouant selon les règles de la bourgeoisie. 

Les mouvements féministes ont éveillé les jeunes militant·exs aux enjeux de reproduction sociale et de lutte contre les violences sexistes et sexuelles. 

Enfin, les mouvements anti-impérialistes, notamment pour la libération de la Palestine, ont formé la jeunesse sur la solidarité internationale, les questions décoloniales et la responsabilité de l’Occident dans la destruction des vies non-blanches.

Face aux mobilisations, nombreux·ses sont celles et ceux qui appellent à plus d’autorité contre une jeunesse présentée comme décadente, aliénée par les réseaux sociaux ou séduite par des solutions «simplistes». 

En réduisant le tout à un conflit générationnel, les commentateur·ices et politicien·nes (du centre à l’extrême droite) évitent d’écouter les revendications d’une jeunesse internationale éveillée aux enjeux de son époque. Cette jeunesse fière des acquis sociaux de ses aîné·exs porte un message clair: l’égalité dans l’accès à la vie et à l’avenir! 

Le rôle de notre organisation doit donc être tout aussi clair: soutenir ces mouvements, contribuer à leur développement autonome, participer à la création d’un front large en établissant une stratégie et des orientations programmatiques claires. Et cela dès aujourd’hui. Le 20 novembre, engageons-nous touxtes ensemble pour la grève de la jeunesse!

La rédaction