Palestine

Contre la banalisation, renforçons la solidarité internationale!

Après trois années d’intensification du nettoyage ethnique en Palestine, notre priorité doit être d’imposer la rupture de toute relation politique, économique et militaire avec l’État génocidaire d’Israël.

Manifestation «Stop au génocide en Palestine et au Liban», Genève, 3 octobre 2026
Manifestation «Stop au génocide en Palestine et au Liban», Genève, 3 octobre 2026

Le nettoyage ethnique, qui n’a jamais cessé depuis la Nakba en 1948, s’est intensifié de manière extrêmement barbare ces trois dernières années. Aux yeux de touxtes, la guerre génocidaire menée par l’État d’apartheid israélien se poursuit, malgré le soi-disant cessez-le-feu qui n’a fait que banaliser l’incessante violence. 

Aujourd’hui, près de 90% de la population de Gaza a été déplacée et le décompte officiel des mort·es s’élève à plus de 74000 – et monte à 200000 selon certaines estimations. En Cisjordanie, les autorités d’occupation, les colons et l’armée renforcent continuellement leur emprise en établissant de nouvelles colonies. L’occupation israélienne des territoires libanais et syriens s’est également accrue, accompagnée par des politiques de nettoyage ethnique transformant ses territoires en no man’s land.  

Plus globalement, le génocide s’est progressivement développé en guerres impérialistes, contre le Liban et l’Iran, tandis que des bombardements criminels menés par Washington et Tel Aviv visent de nombreux pays de la région, dont le Yémen. 

Le gouvernement fascisant de Netanyahou ne pourrait déployer sa violence coloniale sans le soutien des États-Unis et des principales puissances occidentales. Car en dépit des grandes déclarations, aucun ne cherche le bien-être des populations locales – bien au contraire. Leur objectif est d’imposer par la violence un ordre régional dominé par Washington et Tel-Aviv. 

Contre l’expansion de l’hégémonie américano-israélienne au Moyen-Orient, nous devons intensifier les mobilisations. L’impunité de l’État colonial israélien ne cessera pas sans une pression populaire continue à travers le monde! 

Dénonçant la responsabilité et la complicité de nos États, notre priorité reste la rupture de toute relation politique, économique et militaire avec Tel Aviv. Nous devons imposer des sanctions contre les autorités coloniales israéliennes et les institutions complices, comme l’exigent les campagnes de boycott, désinvestissement, sanctions (BDS). Pour y parvenir, multiplions nos formes de résistances et d’actions – avec toujours comme ambition l’extension et la massification du mouvement international de solidarité avec la Palestine. Luttons pour l’organisation collective la plus large possible, dans nos sociétés et sur nos lieux de travail, afin de mettre nos classes dirigeantes sous pression!

Nous faisons toutefois face à un défi. Du fait de l’engagement pour d’autres causes locales, de la répression et des reconfigurations internationales, comme l’agression impérialiste en Iran, les mouvements de solidarité internationale font face à un reflux. Souvenons-nous de l’ampleur de la mobilisation de ces dernières années. Occupations, grèves, campagnes, flottilles et caravanes: toutes ont existé au-delà de nos divergences. 

La cause palestinienne a favorisé la revitalisation de nos structures de résistance locales contre ce système mondial autoritaire et inégalitaire. C’est notre devoir de la garder au cœur de nos mobilisations!

En luttant pour la Palestine, la Palestine nous offre les moyens de construire une société alternative, démocratique et égalitaire. Nos destins sont liés.

Joseph Daher