Iran

Stopper la guerre impérialiste maintenant!

Les bombardements des États-Unis et d’Israël dévoilent le visage toujours plus inquiétant de l’impérialisme étasunien. Alors que les peuples d’Iran luttent inlassablement contre le régime dictatorial, après les révoltes populaires de 2022 et celles de janvier dernier, cette  guerre vient rajouter de la souffrance à une population déjà meurtrie par la répression.

Rassemblement contre la guerre contre l’Iran à Genève
Rassemblement contre la guerre contre l’Iran, Genève, 2 mars 2026

Les États-Unis et l’État d’Israël ont déclenché, samedi 28 février, une nouvelle guerre au Moyen-Orient, dont nul ne peut aujourd’hui mesurer les conséquences pour l’Iran et l’ensemble de la région. Donald Trump a décidé d’attaquer alors même que des négociations étaient en cours et que la République islamique d’Iran déclarait accepter l’ouverture de ses installations nucléaires à des inspections, ainsi que la sortie du territoire d’une partie de l’uranium enrichi.

La campagne de frappes est dévastatrice pour les populations civiles. Téhéran et plus de 130 villes sont bombardées. Dès les premières heures, une école de filles a été touchée à Minab, dans la province de Hormozgan: plus de 150 mort·es, dont nombre d’enfants. En trois jours, plus de 600 civils auraient été tué·es et des milliers de personnes blessées. Écoles, hôpitaux, services publics, quartiers résidentiels sont frappés. 

Le traitement médiatique de cette guerre en occident vient éclairer le peu d’importance accordé aux victimes des guerres quand ils et elles ne sont pas occidentales. Depuis deux jours, les médias ne parlent que des six soldat·es étatsunien·nes mort·es au combat et dans l’exercice de leur sale métier. Les enfants mort·es dans l’attaque contre leur école n’ont évidemment pas droit au même traitement. Il faut mesurer l’humiliation et la rage que cela peut soulever dans une partie du monde.

En riposte aux bombardements israélo-étasuniens, la République islamique d’Iran menace de fermer le détroit d’Ormuz et lance des missiles contre Israël et contre des pays abritant des bases étasuniennes, mais aussi contre les positions de l’opposition kurde dans la région autonome de l’Irak. Parallèlement, Israël bombarde massivement le Liban.

Si des scènes de liesse ont éclaté dans le pays à l’annonce de la mort du Guide, tant la haine du régime est profonde, les peuples d’Iran aspirent à juger eux-mêmes leurs bourreaux, responsables de décennies de répression et de massacres. Une session exceptionnelle de l’Assemblée des experts, chargé de statuer sur le remplacement de Khameneï a encore été bombardée mardi 3 mars. Trump et Netanyahou décapitent le régime mais celui-ci ne tombera pas par une campagne de bombardements.

Soutien aux peuples d’Iran pris en étau entre le marteau impérialiste et l’enclume dictatoriale

Cette guerre s’inscrit dans la séquence ouverte par le génocide mené à Gaza par Netanyahou et par le retour de Trump au pouvoir. Ce dernier accélère sa politique impérialiste et belliciste visant à renforcer l’hégémonie des États-Unis dans le monde. Comme au Venezuela, il veut imposer aux peuples d’Iran des dirigeants serviles et faire main basse sur les réserves naturelles du pays, d’autant plus que cela fermerait l’accès de la Chine au pétrole iranien. De la manière la plus brutale, la loi du plus fort remplace toute notion de droit. 

Peu importe si cela passe par des milliers de mort·es, peu importe si les dirigeants que Trump souhaite imposer sont issus du sérail de la République islamique d’Iran. À défaut, il s’appuiera sur des courants réactionnaires dans la diaspora notamment incarnée par les monarchistes qui applaudissent l’intervention ou les Moudjahiddines du peuple.

L’histoire récente montre pourtant que les ingérences et les guerres impérialistes n’ont jamais libéré les peuples. L’élimination de Saddam Hussein et de Mouammar Kadhafi n’ont pas apporté la liberté aux peuples d’Irak et de Libye. En Afghanistan, après vingt ans d’occupation américaine, les talibans jadis chassés du pouvoir, sont revenus aux affaires avec la bénédiction de la Maison Blanche.

La République islamique d’Iran accroît encore sa répression contre la population, contre les secteurs en lutte et contre les détenu·es politiques. Les villes sont quadrillées par les forces de répression et le climat sécuritaire est à son maximum. Cette guerre met un coup d’arrêt momentané à la reprise des luttes que l’on voyait dans les universités notamment. 

Cette guerre relègue au second plan le massacre massif commis par la République islamique d’Iran en janvier dernier. À la douleur des familles frappées par la répression, qui a fait plus de 30000 mort·es il y a à peine un mois, s’ajoutent désormais les destructions et les nouveaux crimes de guerre de Trump et Netanyahou. 

Il est urgent de construire un mouvement international contre la guerre qui combine la lutte contre les puissances impérialistes et le soutien aux résistances populaires contre les dictatures. Il incombe aux forces de la gauche sociale et politique de construire des mobilisations massives dans les pays impérialistes pour imposer l’arrêt de cette nouvelle guerre contre les peuples et pour défendre leur droit à l’autodétermination.

Babak Kia