Iran
L’anti-impérialisme des imbéciles
En Iran, depuis le soulèvement de 2022, le régime n’a cessé de chercher, dans chaque guerre et dans chaque crise géopolitique, les moyens de restaurer une part de l’autorité et de la respectabilité qu’il avait perdu. La guerre déclenchée par les États-Unis et Israël a ainsi, paradoxalement, aidé le pouvoir à se renforcer en redorant son blason (prétendument) anti-impérialiste. Ignorant les massacres de janvier 2026 – et tous les précédents – la gauche campiste de toute la planète s’est empressée de saluer la «résistance» du régime iranien, balayant, sans sourciller, les luttes internes du pays.

Le massacre de janvier 2026, au cours duquel des milliers de manifestant·es iranien·nes ont été tué·es en seulement quelques jours par les forces du régime théocratique, et ce pour avoir protesté contre la crise économique et la dictature politique, a rouvert une crise aiguë de légitimité du régime – à la fois interne et internationale.
Malgré le rabâchage médiatique occidental incessant qui justifie la guerre impérialiste des États-Unis et d’Israël, il ne faut pas comprendre celle-ci comme «l’antithèse» de la violence du régime iranien, mais comme l’un des moments par lesquels cette violence trouve les conditions de sa reproduction politique.
Ces événements ne constituent ni des séquences distinctes, ni deux violences opposées – l’une répressive et l’autre prétendument libératrice – mais les moments successifs d’un même processus contre-révolutionnaire. Autrement dit: la guerre extérieure a prolongé et approfondi la contre-révolution intérieure, tout en permettant au régime iranien de resserrer la cohésion interne et d’étouffer, une fois de plus, la contestation populaire.
Qu’est-ce que le campisme?
L’agression israélo-étasunienne renforce la militarisation de l’Iran, la répression et l’écrasement des soulèvements venus d’en bas. Elle accentue, en prime, une polarisation politique mortifère.
D’un côté: une partie de l’opposition, notamment monarchiste, a salué les bombardements impérialistes au nom de son hostilité au régime théocratique.
De l’autre côté: une partie des forces politiques est retombée dans l’orbite de la République islamique au nom de l’anti-impérialisme et du refus de la guerre.
Si la nature réactionnaire du premier courant pro-Israël et pro-génocide fait relativement consensus, celle du second demeure bien plus rarement interrogée. Elle est pourtant tout aussi réactionnaire. L’ambiguïté n’en persiste pas moins. C’est dans cette impasse que la question du campisme resurgit avec une acuité toute particulière.
Héritage de la guerre froide, la notion de campisme désigne la réduction du monde en deux camps: «l’impérialisme» (États-Unis, OTAN, Israël et ses alliés) contre la «résistance» (Iran, Russie, Chine, Syrie d’Assad…). Toute force située hors de ces deux camps – des projets comme le Rojava aux soulèvements démocratiques – est écartée comme suspecte ou comme «cheval de Troie de l’ennemi». Toute critique des dictateurs est aussitôt disqualifiée comme «complicité avec l’impérialisme». Quant aux mobilisations populaires, elles se voient réduites à un simple «relais de l’Occident» ou se voient instrumentalisées (dès lors qu’elles peuvent servir un camp).
La logique «l’ennemi de mon ennemi» se transforme en alibi: elle excuse la domination interne et détourne les luttes – y compris les manifestations contre les bombardements ou les sanctions occidentales – en les enrôlant dans une bataille géopolitique. Résultat: la solidarité internationale se retrouve paralysée, incapable de tenir ensemble l’anti-autoritarisme et l’anti-impérialisme.
Sous prétexte de prévenir toute «exploitation impérialiste» des révolutions, les campistes tendent à privilégier une gauche structurellement marginalisée, «prudente» et parfois condamnée à la défaite perpétuelle.
Cet «anti-impérialisme identitaire» privilégie la loyauté envers les États «anti-occidentaux» plutôt que l’analyse du capitalisme mondial. Il justifie par là même la répression, le patriarcat, l’homophobie et le colonialisme interne «au nom de la résistance». Les victimes deviennent des «dommages collatéraux» ; la priorité absolue va à la lutte contre l’impérialisme occidental.
L’essayiste irlandais Fred Halliday qualifie ce type de pensée d’«anti-impérialisme des imbéciles». Au nom de son hostilité aux États-Unis, cette posture renforce violemment, en pratique, un régime de type théocratique qui réprime les gauches, les minorités nationales, les féministes et les conseils populaires. Ce concept a ensuite été repris par la militante syrienne Leila Al-Shami dans son livre Burning Country pour désigner les partisan·nes de Bachar al-Assad, lors de la révolution arabe des années 2010.
Du Budapest de 1956 à nos jours, cet anti-impérialisme des imbéciles n’en finit pas de masquer la violence et l’écrasement des révoltes par les États. On observe une telle tendance au sein de certains segments de la gauche blanche occidentale, mais aussi du mouvement décolonial. L’autrice relève de ce que l’on pourrait appeler le «blanchiment anti-impérialiste» (anti-imperialism-washing): un usage stratégique de la rhétorique anti-impérialiste pour masquer, justifier ou minimiser les formes d’autoritarisme et de violence fasciste exercées à l’intérieur des frontières nationales – notamment lorsque ces régimes sont présentés comme des adversaires du pouvoir hégémonique occidental.
Ce qui est rejeté n’est pas tant la logique coloniale elle-même que l’identité de ceux qui l’exercent. Car si ces discours dénoncent le colonialisme des puissances occidentales, ils restent largement aveugles, et même complices, au «colonialisme interne» – c’est-à-dire à la manière dont des peuples minorisés (comme les Kurdes) décrivent leur rapport au pouvoir étatique.
Cette pratique s’accompagne également souvent d’un gaslighting racial. Le gaslighting désigne à l’origine la manipulation d’une femme par la mise en doute de sa parole et de son état mental par l’époux. Devenu un mot-clé de la psychologie puis un outil critique du féminisme, il englobe désormais un type de langage politique mensonger et violent, voire négationniste. Autrement dit l’invalidation épistémique des savoirs subalternes: des communautés ayant historiquement subi la domination impériale et la répression interne se voient «enseigner», depuis des positions de privilège relatif, la «bonne» interprétation de l’impérialisme et de la résistance. Cette posture condescendante ne se contente pas de réinscrire les hiérarchies coloniales du savoir: elle délégitime les analyses et les expériences vécues de celles et ceux qui sont soumis à des systèmes de violence imbriqués.
Les conséquences sont pour le moins tangibles. La République islamique d’Iran instrumentalise ce discours pour externaliser ses contradictions internes, qualifier les manifestants de «terroristes» et durcir son appareil coercitif. Cette logique contribue aussi à justifier les politiques discriminatoires menées contre les migrants afghans: en les érigeant en menace intérieure, le régime déplace sur eux la responsabilité de difficultés qui relèvent en réalité de sa propre crise politique, sociale et économique.
Un régime en guerre contre le peuple
Après le génocide de Gaza et l’agression militaire d’Israël et des États-Unis contre l’Iran en juin 2025, cette logique campiste a dominé une partie de la gauche radicale mondiale. Aussi bien en Occident qu’en Amérique latine, en Afrique et dans le monde arabe. Elle a réduit la politique iranienne à un duel «Iran contre l’axe étasunio-israélien».
Les soulèvements populaires, réprimés dans le sang depuis 2017, ont été soit passés sous silence, soit redéfinis par le discours officiel: «infiltration du Mossad», «révolution colorée», «complot occidental», etc. Une telle saisie transforme les mouvements sociaux en menace sécuritaire et légitime la répression – de la violence de rue aux exécutions –, sous prétexte d’«état d’urgence» ou de «moment inopportun». Ce «campisme stratégique» accepte dans les faits le conservatisme au nom de la survie, et fait du peuple insurgé l’ennemi principal. Il se révèle pour ce qu’il est : profondément contre-révolutionnaire.
La dynamique géopolitique récente a offert aux campistes davantage de marges de manœuvre encore. Lors de la brève guerre d’Israël contre l’Iran en juin 2025, souvent désignée comme la guerre des Douze jours, l’expérience concrète de la destruction a renforcé les tendances anti-guerre en Iran. Cependant, après le massacre sanglant de janvier 2026 commis par le régime, une partie de la société, épuisée et confrontée à l’impasse, a envisagé l’intervention étrangère comme un moyen de renversement et un «souffle d’espoir à court terme» – toutes les voies internes ayant été testées et le régime ne cédant sous aucune sorte de pression. Le massacre est largement perçu par la population comme une «guerre intérieure du régime contre le peuple», au cours de laquelle les manifestant·es ont été visé·es par des balles réelles. Condamner la guerre extérieure ou l’intervention impérialiste sans dénoncer explicitement cette guerre intérieure constitue dès lors une rhétorique campiste, en plus d’un contresens politique complet.
Une trahison des mémoires du Sud
Depuis la contre-révolution islamique de 1979, une partie de la gauche nationale et internationale a subordonné l’analyse de classe et de genre à l’anti-impérialisme. Les protestations des femmes contre le port obligatoire du voile ont par exemple été marginalisées, contribuant involontairement à la consolidation de l’ordre religieux et patriarcal: celui-ci s’est vu présenté comme un gage d’«authenticité culturelle», un signe de distinction de l’Occident et un marqueur d’indépendance nationale.
Une narration s’est imposée: elle considère la Révolution iranienne sous l’angle exclusif de l’anti-occidentalisme et, de ce fait, efface les forces séculières, féministes, queers, kurdes et socialistes. Ces dernières sont systématiquement rejetées comme des agents de l’Occident ou des distractions insignifiantes. Cette violence épistémique, que la philosophe Gayatri Chakravorty Spivak a qualifiée d’«effacement du subalterne», constitue un trait récurrent des discours de la gauche mondiale qui n’a pas réussi à décoloniser ses propres cadres analytiques.
Après l’effondrement de l’URSS, en 1991, cette orientation a perduré sous la forme d’un tiers-mondisme étatiste: la loyauté des populations a été transférée vers les États «anti-étasuniens », et les droits des femmes, des personnes queers et des minorités ont été subordonnés à l’«authenticité culturelle» et à l’«unité anti-impérialiste».
Cette approche, à la fois eurocentrée et orientaliste, ignore la subjectivité des peuples non occidentaux. Elle ne considère la violence comme sérieuse que lorsqu’elle émane de l’Occident. Elle refuse de reconnaître que les populations du Sud global peuvent lutter pour des droits et libertés démocratiques existant en Occident. Elle condamne uniquement les puissances «au label occidental» et occulte la domination non occidentale ; elle réduit volontiers les empires régionaux à un rôle de «supplétifs de l’Occident». «L’unité anticoloniale» se transforme purement et simplement en autoritarisme nationaliste.
Le campisme convertit la mémoire anticoloniale en instrument de légitimation des États postcoloniaux autoritaires. Il fait de l’État le sujet de la résistance et dépossède les peuples de leur légitimité comme de leur subjectivité politique. Ce faisant, il trahit des mémoires subalternes souvent constituées contre l’État lui-même. Paradoxalement, ces États, comme l’Iran, sont présentés comme «indépendants du capitalisme mondial» alors qu’ils demeurent des machines d’exploitation interne et de militarisme, soucieux, précisément, de s’intégrer au capitalisme global.
C’est très précisément dans son rapport aux marges colonisées de l’Iran que cette logique révèle le plus clairement sa violence. Car le campisme ne se contente pas d’effacer la pluralité des forces d’opposition iraniennes: il reconduit des hiérarchies internes, en reléguant au second plan, voire en disqualifiant, les luttes kurdes. À cet égard, il s’est souvent montré plus hostile aux Kurdes encore qu’aux Iranien·nes elles·eux-mêmes, minimisant ou marginalisant la légitimité de leurs résistances.
Ces violences symboliques s’inscrivent dans une histoire plus longue, aggravée par le soutien actif, ou le silence, d’acteurs du monde arabe et de certains segments d’une gauche se réclamant de l’anti-impérialisme ou de la décolonialité. Le génocide d’Al-Anfal, mené par Saddam Hussein pendant la guerre Iran-Irak et ayant coûté la vie à environ 180000 Kurdes en raison, simplement, de leur identité, illustre cette dynamique: au traumatisme lui-même s’ajoute le sentiment de trahison, renforcé par le soutien d’une partie du monde arabe et le silence ou la négation du fait par des intellectuels.
Plus récemment, en 2018, l’occupation d’Afrin, au Rojava, par l’armée turque a entraîné des violences systématiques, des déplacements et des destructions. Le Hamas a alors célébré cette occupation par la voix de Khaled Mashaal, cadre dirigeant historique: «La victoire à Afrin est un symbole de la volonté de la Turquie. Si Dieu le veut, nous produirons de grandes épopées pour aider notre peuple», avant de louer le leadership du président turc Erdoğan et de son parti au pouvoir depuis plus de 20 ans, l’AKP. Les événements ont malheureusement durablement rompu les liens entre les luttes kurdes et les luttes du monde arabe ou perse, ainsi qu’avec certaines parties de la gauche autoproclamée anti-impérialiste, lesquelles ont trop souvent échoué à reconnaître et soutenir la lutte kurde – alors même que les mouvements kurdes ont historiquement soutenu la libération palestinienne et activement participé aux mouvements révolutionnaires régionaux.
Instrumentalisation étatique des sanctions
Dans l’analyse campiste de l’économie politique iranienne – qu’elle soit le fait des intellectuel·les ou des figures décoloniales – tout se réduit aux «sanctions» occidentales. Les protestations populaires sont interprétées comme de simples «mécontentements économiques» et la crise est entièrement attribuée aux pressions extérieures, occultant le rôle central des politiques du régime.
La pauvreté découle en réalité de l’économie rentière et de la monopolisation des importations, que le régime instrumentalise. Les politiques sécuritaires et régionales ne sont pas de simples réactions à l’extérieur: elles relèvent de la logique de survie du régime, orientant les ressources vers les institutions coercitives et les projets idéologico-militaires – tandis que la population, elle, reste exsangue. Les sanctions contribuent ainsi à accroître la concentration des richesses au sein de l’oligarchie tout en consolidant les structures de pouvoir.
Arrêter de juger une cause à sa «récupération»
La diffusion du campisme autoritaire passe aujourd’hui largement par les réseaux sociaux. S’y entremêlent légitimation de régimes autoritaires, anti-occidentalisme réducteur et, dans certains cas, antisémitisme et schèmes conspirationnistes.
Malgré des asymétries objectives entre Israël (soutenu par l’Occident) et la République islamique (sous sanctions occidentales), des mécanismes politico-symboliques similaires opèrent: drapeaux étasuniens/israéliens dans certains rassemblements «pro-Iran» ; drapeaux du régime iranien et portraits de Khamenei dans certaines mobilisations pro-palestiniennes. Autant de gestes susceptibles de transformer des luttes légitimes en justification de violence – tout en discréditant les résistances iranienne et palestinienne.
La même logique vaut pour le désormais célèbre slogan «Femme, Vie, Liberté» (Jin, Jiyan, Azadî). Récupéré par l’extrême droite occidentale ou diasporique iranienne ainsi que par des courants pro-génocide, il peut être instrumentalisé en vue d’appuyer la violence militarisée.
Les mouvements progressistes et radicaux du Sud global finissent trop souvent, une fois relayés en Occident, par être récupérés par la droite: on ne le sait que trop. Mais ce processus, que l’on pourrait qualifier d’«extractivisme de la résistance» par les pays occidentaux, reflète en miroir l’«extractivisme colonial». On ne saurait évidemment conclure à l’abandon du devoir de solidarité. Le cas du mouvement queer l’illustre exemplairement: le pinkwashing n’annule ni sa portée libératrice, ni la nécessité de la solidarité. La légitimité d’une résistance ne dépend que de son contenu émancipateur et de son ancrage parmi les opprimé·es. Jamais de sa récupération.
Le campisme contribue très concrètement au maintien des injustices historiques et contemporaines. Il crée un vide politique par dispersion et fragmentation, progressivement comblé par la droite et l’extrême droite, dans la région comme dans le monde.
L’extrême droite diasporique iranienne occupe ce vide en simplifiant la Révolution et en diabolisant l’«anti-impérialisme». Elle peut du même coup se présenter comme la seule force de changement. En homogénéisant artificiellement des populations («Tou·tes les Ukrainien·nes résistant à la Russie sont nazi·es / Tou·tes les révolutionnaires syrien·nes sont djihadistes / Tou·tes les Iranien·nes en révolte soutiennent Israël ou les monarchistes»), le campisme se fait tragiquement le complice de la montée des forces impérialistes et réactionnaires.
L’extrême droite est partout l’extrême droite
En France, aucune gauche conséquente n’accepterait de se ranger sous les drapeaux de l’extrême droite au motif qu’une puissance ennemie attaquerait le pays. Pourtant, lorsqu’il s’agit de l’Iran, certain·es jugent acceptable d’exiger des Iranien·nes qu’iels s’effacent derrière des forces réactionnaires, nationalistes, voire fascisantes.
Une telle asymétrie implique, en creux, que les peuples du Sud devraient se satisfaire d’un choix entre domination impériale et barbarie intérieure. Or, la République islamique constitue précisément un régime qu’il faut nommer pour ce qu’il est: une formation de type fasciste, une extrême droite non occidentale.
Si le critère est le nombre de crimes commis, alors allons jusqu’au bout: le régime iranien, en 40 ans, a commis bien plus de crimes que l’extrême droite française. La cohérence politique impose donc de refuser, pour les Iranien·nes comme pour tout autre peuple, la moindre injonction à composer avec le fascisme au nom du «moindre mal» géopolitique. Ne demandons pas aux Iranien·nes d’accepter politiquement ce que nous refuserions absolument pour nous-mêmes, ici, en France. Nous ne marchons ni avec les fascistes, ni sous leurs bannières: nous les combattons, y compris lorsqu’ils s’approprient le lexique de la liberté pour en inverser le sens.
À l’instar de l’expérience soviétique, qui a largement contribué à discréditer le socialisme, le campisme en Iran fragilise la gauche et favorise l’extrême droite. Il accentue, en même temps, le fossé Nord-Sud et légitime la répression des mouvements anti-tyranniques dans le Sud. Le résultat est l’isolement des forces émancipatrices, la défiance des exilé·es envers la gauche du Nord (même celle des décoloniaux·ales) et l’effondrement de la solidarité internationale.
Alors que des prisonnières féministes kurdes, condamnées à mort dans la prison d’Evin, sont capables d’exprimer leur solidarité avec la résistance palestinienne – au risque de perdre une partie de leur soutien en Iran – les anti-impérialistes autoritaires et identitaires se montrent incapables, depuis leur confort en Occident ou ailleurs, de manifester une solidarité comparable avec les luttes populaires en Iran.
Parfois, et de manière encore plus grave, l’ensemble de leurs souffrances est nié ou mis en doute, générant des traumatismes sérieux qui vont s’entrelaçant aux traumatismes historiques. La solidarité régionale et mondiale s’en trouve lourdement affaiblie.
En un mot: il est urgent de dépasser le campisme. Sans quoi, c’est simple: nous ne parviendrons pas à reconstruire une gauche véritablement émancipatrice ni à revitaliser un internationalisme véritablement populaire. L’anti-impérialisme n’est authentique que s’il combat toutes les formes de domination, partout et pour toute et tous.
Somayeh Rostampour
Article initialement publié dans Frustration Magazine et remanié par la rédaction