Viols en Argovie
Protégeons les femmes de l’UDC (et de leurs politiques)!
Communiqué
28.07.206
Depuis quelques jours, la presse relaie les agissements de Patrick Frei, ancien député UDC argovien accusé de multiples tentatives de meurtres et de viols aggravés commis sous soumission chimique, ainsi que d’avoir filmé le tout.

Les victimes sont Iwona, l’ex-compagne, et Paula, sa belle-fille qui avait 15 ans lors des faits.
Des articles récents indiquent aussi qu’une troisième victime, l’ex-femme du député, aurait également été droguée et violée pendant 13 ans par l’accusé.
Dans le même temps, l’ex-UDC relayait des commentaires xénophobes et sexistes sur la source des violences sexistes et sexuelles : « La hausse de la violence est imputable aux prévenus étrangers. » Ou encore : « On fait croire aux femmes qu’elles sont victimes de discrimination. Cela vient d’être officiellement réfuté. »
Au Grand Conseil, l’ex-député s’est prononcé à plusieurs reprises en faveur de l’expulsion des étrangers délinquants en les accusant d’« importer la criminalité.»
Loin d’être un cas isolé, cette affaire illustre les discours xénophobes et racistes portés par le parti d’extrême droite qui attribue les violences aux hommes migrants et étrangers.
Cette rhétorique mensongère doit être combattue: les auteurs de violences sexuelles sont dans 78% des cas des proches de la victime. Ce ne sont pas «des monstres» ou «les autres» mais bien des époux, frères, pères, cousins ou encore grand-père.
Il s’agit bien d’un système qui permet ces agressions et celui-ci se retrouve partout. On ne peut que penser aux criminels au cœur de structures du pouvoir comme: Jeffrey Epstein, Harvey Weinstein, Dominique Pelicot, Patrick Bruel.
L’UDC avec son discours trompeur et raciste permet à ces hommes de commettre leurs crimes tout en désignant comme bouc émissaire les populations stigmatisées.
Le silence du parti UDC face à cette affaire parle déjà en lui-même de l’importance que le parti porte sur la «protection des femmes». Si l’agresseur avait été un homme immigré, le parti aurait depuis longtemps instrumentalisé l’affaire pour ses politiques racistes.
Mais l’horreur ne s’arrête pas là. solidaritéS
dénonce également le traitement inhumain
des victimes par les autorités: à la suite de l’arrestation de l’accusé, l’une des victimes a perdu son emploi d’aide-ménagère. Et bien qu’elle ait demandé l’aide sociale, elle n’obtient que l’aide d’urgence. Comme dans beaucoup de cas, les autorités l’ont alors dénoncée à l’Office cantonal des migrations, considérant son contrat de travail comme fictif, entraînant une procédure pouvant mener à son expulsion.
Grâce à la médiatisation de l’affaire, notamment par l’intervention de collectifs féministes, les autorités semblent désormais envisager d’accorder un permis de séjour pour situation de détresse personnelle grave. Toutefois, il faut condamner la réaction initiale des autorités, inhumaine et xénophobe.
Rappelons qu’en vertu de la Convention d’Istanbul et de la LEI, les victimes de violences domestiques ont droit à un permis de séjour autonome. L’expulsion n’aurait jamais dû être prononcée.
Ces décisions portent atteinte à l’intégrité des victimes, compliquent injustement l’accès à leurs droits et plongent une grande partie d’entre elles dans le silence. Par de telles entraves, les autorités suisses contribuent au silence massif entourant les violences sexistes et sexuelles et l’absence totale de prise de conscience et de remise en question de la culture qui entoure et permet ces violences.
Rappelons qu’en Suisse, une personne meurt toutes les deux semaines des suites des violences domestiques. Et 70 % des victimes sont des femmes. Les violences domestiques constituent la principale cause de mortalité violente dans le pays, hors accident de route.
À l’aube d’un nouveau soulèvement massif à l’occasion de la Grève féministe du care de 2027, nous ne pouvons plus tolérer ce silence et nous voulons des actions concrètes immédiates.
solidaritéS demande :
- La formation de tous les membres des autorités amenés à rencontrer des victimes de violences sexistes et sexuelles
- La mise en place d’un observatoire des violences sexistes et intra-familiales, public et indépendant.
- L’application sans réserve de la Convention d’Istanbul d’un plan national de lutte contre les violences sexuelles et intra-familiales.
- Accorder le statut juridique de réfugié·es aux victimes de violences sexuelles.
- Le renforcement du dispositif fédéral de la LAVI sur le plan financier.