Manifestons contre la violence d’État!
Plus de 90 organisations appellent à la manifestation nationale «Entre nous pas de frontières» pour alerter contre les énièmes durcissement des conditions d’accueil en Suisse et en Europe.

Depuis l’entrée en vigueur de la loi sur l’asile en 1981, aucune base légale n’a connu tant de révisions, toujours dans le sens d’une réduction des droits des personnes. Une procédure d’asile ressemble aujourd’hui à une «traque à l’abus»: face au Secrétariat d’État aux migrations, les personnes exilées doivent prouver leurs dires, ne pas faire d’erreurs, répondre aux demandes sans faillir, quelle que soit leur situation personnelle, de santé ou de famille.
La Conseillère fédérale socialiste Simonetta Sommaruga a lancé la dernière révision de la loi sur l’asile en 2019, instituant un passage obligé en centre fédéral d’asile durant quatre mois, afin de faciliter, d’augmenter et d’accélérer les renvois.
Le Conseiller fédéral socialiste Beat Jans a lancé en mars 2024 une «procédure 24 heures» afin de renvoyer en quelques jours les personnes provenant de certains pays (en particulier du Maghreb), en se penchant à peine sur leurs motifs de persécution. Le ton est donné, d’autant plus scandaleux qu’il provient d’élu·es se réclamant d’une assise «socialiste».
Du côté de l’Union Européenne, le mois de juin a vu démarrer le pacte européen sur la migration et l’asile qui accroît les contrôles, l’enfermement et la criminalisation des personnes qui cherchent à entrer en Europe ou à se déplacer à l’intérieur du continent. La police chargée de gérer ces frontières est l’agence Frontex, dénoncée à plusieurs reprises pour des atteintes aux droits fondamentaux, ce qui n’empêche pas les États de continuer à la financer généreusement. Son budget est passé de 6 à… 1200 millions d’euros entre 2005 et 2026.
La Suisse participe à ce pacte et a déjà annoncé les éléments qu’elle entend reprendre: filtrages et contrôles, renvois «Dublin» accrus (y compris pour des mineur·exs non accompagné·exs), etc.
La «Stratégie Asile» 2027 prévoit de se «délester» d’un maximum de demandes avant même d’avoir à les écouter.
Ce serrage de vis continu profite à l’extrême droite, qui distille son venin raciste, alimenté par des statistiques tronquées: ne pas détenir les bons papiers constituant une infraction (à la loi sur les étrangers), celles-ci se cumulent et gonflent les statistiques. Un petit tour de passe-passe et il devient facile de prétendre que «la grande majorité des étrangers commettent de délits», alors que la plupart n’ont juste pas répondu aux critères étriqués de nos lois racistes.
De son côté, la droite bourgeoise y tire aussi son bénéfice, en conservant une armée de réserve de travailleur·sexs précarisé·exs par leur statut légal.
Ces atteintes aux droits fondamentaux, ces exclusions et ces exploitations sont intolérables! La résistance doit s’organiser collectivement: la répression contre les personnes en exil n’est qu’une extrémité du continuum de violence qui s’intensifie, produit par un système qui refuse d’être contesté, dénoncé, renversé.
Refusons les attaques continues contre le droit d’asile, la tendance croissante à la répression, la criminalisation, la détention des personnes en mouvement et plus généralement ces politiques suisses de fermeture, de repli et d’exclusion!
Rendez-vous samedi 26 septembre à 14h à Berne à la grande manifestation «Entre nous pas de frontières», appelée par Solidarité sans frontières et soutenue par plus de 90 organisations.
Aude Martenot