Encore un budget austéritaire
Le conseil d’État vaudois a présenté son budget 2027 le 14 septembre. Au programme: un budget déficitaire, une volonté de rigueur budgétaire et des coupes dans les services publics.

Le budget 2027 présente un déficit de 356 millions de francs, alors même qu’il ne tient pas compte d’une éventuelle victoire de l’initiative «12%» qui vise à baisser les impôts sur le revenu et la fortune.
Si les coupes sont moindres par rapport au budget 2026, signe que l’exécutif souhaite éviter un nouvel automne de grèves et de mobilisations, l’horizon reste bien celui de l’austérité et du démantèlement des services publics. Ainsi, toutes les coupes adoptées lors des années précédentes sont reconduites. Par ailleurs, le Conseil d’État ne prévoit aucune indexation des salaires et le budget 2027 consacre le plus faible taux de création de nouveaux postes de toute la législature.
IA et experts en coupes
La présentation de l’exécutif est particulièrement cynique: l’austérité serait inéluctable, car nécessaire pour respecter l’équilibre budgétaire, en particulier face à la hausse des dépenses liées à la présence de réfugié·es ukrainien·nes. Son plan de retour à l’équilibre budgétaire fait lui aussi rêver… Il prévoit de «mobiliser l’intelligence artificielle au sein de l’Administration cantonale vaudoise à des fins d’efficience», d’analyser les subventions accordées pour identifier celles pouvant être supprimées, et surtout, de mandater des «experts indépendants» pour identifier les dépenses jugées superflues. Il s’agit de Serge Gaillard, à qui on doit l’infâme rapport sur l’assainissement des finances fédérales, et du cabinet privé Bolz+Partner Consulting, dont on se demande bien pourquoi il a la charge d’orienter l’action publique.
Mais toute cette orientation austéritaire n’a rien d’une fatalité comme l’ont démontré nos camarades genevois·es avec leur contre-budget. Ce budget ne répond pas à des enjeux techniques qu’il s’agit de maîtriser. Il est la conséquence de choix politiques – assumés notamment par le Parti socialiste – de se priver de revenus fiscaux par des baisses d’impôts successives pour les plus riches.
Intérêts de classe contre intérêt général
Contre cette politique de classe, nous maintenons qu’il est possible d’accueillir dignement les exilé·es des guerres impérialistes sans que cela ne remette en cause l’existence de nos services publics.
Contre cette politique des caisses vides, nous luttons pour des services publics forts, qui disposent de moyens pour implanter des mesures de transition écologique, et dans lesquels les salarié·es peuvent mener leur travail d’intérêt général dans de bonnes conditions. Nous continuerons de défendre cette perspective au Grand Conseil, dans la rue, et sur les lieux de travail!
Anouk Essyad