LHOM
Le patronat et la droite en roue libre!
Après avoir réussi à enfoncer un coin dans le salaire minimum genevois avec le vote sur les jobs d’été, la droite et le patronat reviennent à l’assaut sur l’ouverture des dimanches. Le 14 juin, il faudra refuser la Loi sur l’ouverture des magasins!

Après avoir trompé les électeur·ices en serinant qu’il fallait sauver les «jobs d’été» – jamais menacés – le patronat a maintenant l’outrecuidance d’affirmer que ce sont les vendeur·ses qui veulent l’ouverture des dimanches.
Manifestement les travailleur·ses de la vente ne sont jamais écouté·es. La grande majorité n’en veut pas et n’est prête à aucune concession tant qu’elle ne se traduit pas par une meilleure protection de ses conditions de travail. Les autres arguments ne convainquent guère plus.
L’ouverture des dimanches ne résoudra ni les problèmes posés par le commerce en ligne ou le commerce transfrontalier. Le premier a trait à une modification de fond des habitudes de consommation, l’autre tient principalement aux prix avantageux outre-frontière.
Comment esquiver le dialogue social
La loi genevoise actuelle, issue d’un vote populaire, permet déjà trois ouvertures annuelles le dimanche pour autant qu’une convention collective de travail (CCT) étendue soit signée. Or, de cela les patron·nes ne veulent pas! Au mépris de la décision des urnes, iels ont fait passer une loi permettant deux dimanches par an, mais sans CCT!
Alors que nous devions voter sur le référendum contestant cette forfaiture, le Tribunal fédéral est venu semer la confusion en affirmant que l’exigence d’une CCT ne relève pas des compétences cantonales. Le Conseil d’Etat a suspendu le vote, déclarant qu’il fallait corriger la loi genevoise. Or, il n’a rien fait. Au contraire, il entend simplement interpréter le résultat du vote. À savoir, ne retenir en cas de non que les trois dimanches autorisés par la loi en s’appuyant sur la décision du Tribunal fédéral qui déclare la condition d’une CCT contraire au droit supérieur. Ce mode de faire bafoue la volonté populaire! En cas de oui, les deux dimanches sans CCT s’appliqueront. Dans les deux cas, nous serons perdant·es!
Remettre l’ouvrage sur le métier
L’ouvrage doit être remis sur le métier. Le vote populaire ne peut impunément être interprété et manipulé par le Conseil d’État. Ainsi le comité unitaire contre la LHOM préconise de voter le non, pour symboliser la volonté populaire d’une amélioration et d’un contrôle des conditions de travail du personnel et de faire pression sur le Conseil d’État pour enclencher un processus législatif après négociation avec les syndicats de la branche.
Pour signifier l’importance de la protection du personnel de la vente et pour rappeler au Conseil d’État le respect dû à la volonté du Peuple, il faut dire non à la modification de la LHOM.
Jocelyne Haller