En guerre contre l’armement
Fin octobre, une nouvelle coalition regroupant plus de 50 organisations a été fondée pour s’opposer à l’assouplissement de la Loi fédérale sur le matériel de guerre (LFMG), soumise au vote le 29 novembre. Ce projet bourgeois vise à supprimer la clause de non-réexportation d’armes suisses. Cette révision renforcerait la complicité de la Suisse avec des États génocidaires et des régimes qui violent les droits humains.

Pour justifier son projet mortifère d’assouplissement de la LFMG, la bourgeoisie prétend «sauver» les places de travail d’une industrie militaire prétendument en déclin. En opposant les emplois en Suisse aux vies des peuples massacrés par les guerres impérialistes, la droite renforce l’idée que l’intérêt des travailleur·ses d’ici serait incompatible avec la solidarité entre les peuples. Mais ne soyons pas dupes: la bourgeoisie militariste ne se préoccupe en rien de la vie des travailleur·ses, ni d’ici ni d’ailleurs.
Ce ne sont pas les patrons qui partent au combat, mais bien les classes populaires des pays en guerre. Les mêmes qui prétendent défendre les places de travail en Suisse n’hésitent pas à délocaliser la production, à dégrader les conditions de travail et à faire pression pour augmenter l’âge de la retraite.
Le patronat mène ici la guerre contre le salariat et s’enrichit par le massacre des peuples du Sud. En pleine période de poussée militariste à travers le monde, une solidarité de classe qui dépasse les frontières est donc plus nécessaire que jamais.
Plus de sécurité?
En nous faisant croire qu’exporter des armes renforcerait notre «sécurité», le camp bourgeois espère que la peur d’une aggravation des conflits internationaux poussera la population à accepter l’assouplissement. Puis l’augmentation du budget de l’armée. Vendre plus d’armes n’a jamais rendu le monde plus sûr. Au contraire.
Le militarisme débridé qui s’étend dans tout l’Occident, partout couplé à l’austérité budgétaire, asphyxie les services publics essentiels et empêche la transition écologique. Ce n’est pas par l’exportation d’armes que les emplois dans l’industrie suisse doivent être préservés, mais par des investissements publics massifs dans la bifurcation écologique. C’est le seul moyen d’orienter notre économie vers un avenir sûr!
Lors de la conférence de presse du collectif Guerre à la guerre, la coalition a appelé à multiplier les actions, les débats, les projections et les mobilisations. Dans les urnes comme dans la rue, organisons la résistance face au sombre avenir que nous préparent les marchands de mort.
Lilian Schibli