Budget 2026 (bis) : Le Conseil d’État continue sa politique de destruction des services publics

Communiqué du 30 mars 2026

Quatre jours après avoir annoncé un excédent aux comptes sur un budget qui devait être déficitaire pour la cinquième année consécutive, le Conseil d’État nous présente aujourd’hui, sans honte, un budget 2026 d’austérité.

Baisse des subsides d’assurance maladie, baisse de l’aide sociale, suppression de l’annuité et baisse des salaires réels de la fonction publique : le CE s’attaque autant aux prestations à la population qu’aux personnes qu’il emploie pour les mettre en œuvre. Pire, tout en nous annonçant à demi-mot que les conflits actuels au Moyen-Orient vont permettre à Genève d’accroître sa richesse en 2026, le CE souhaite nous présenter rapidement un plan de démantèlement des services publics à hauteur de 500 mio. Coïncidence : ce montant correspond à la somme de la perte fiscale de 370 mio sur les personnes physiques votée en 2025, de celle liée à la baisse de l’impôt sur la fortune à hauteur de 93 mio et des 50 mio de bénéfice aux comptes 2025. Concrètement, le Conseil d’État nous avoue que les dernières baisses d’impôts, qui ne devaient pas impacter les prestations, ont un lien direct avec les plans d’austérité mis en place. La politique des caisses vides, théorisée par notre camarade Sébastien Guex, continue donc son travail de transfert des moyens de la collectivité jusqu’aux poches des ultra-riches, faisant de Genève un enfer social.

La crise de la précarité que connaît Genève est préoccupante. Les comptes 2025, mais aussi les retours que nous avons du terrain de la précarité, démontrent une augmentation importante du nombre de personnes vivant au quotidien des difficultés à boucler leur budget. De plus en plus inégalitaire, le canton paie le prix d’un marché du logement complètement dérégulé et d’assurances maladie aux mains d’entreprises privées. Plutôt que de s’attaquer aux causes de la pauvreté, le Conseil d’État propose de s’en prendre aux pauvres et à leurs alliés.

Pour maximiser les profits à court terme des négociants d’armes et de matières premières venant cultiver leur richesse à Genève, le Conseil d’État ne budgétise pas non plus les moyens nécessaires au plan climat cantonal que la droite est en train d’enterrer. En ne prenant pas en compte les effets catastrophiques du dérèglement climatique et de la pollution, tout en réduisant les impôts de certains des plus grands pollueurs mondiaux, le Conseil d’État a néanmoins le mérite de la cohérence. Quand on sait que les effets de l’absence de politique écologique nuisent principalement aux personnes les plus précaires, nous pouvons même saluer l’action systémique du Conseil d’État, qui a décidément tous les atouts en main pour mener sa lutte des classes.

Dans ce contexte, solidaritéS a organisé une action symbolique ce matin, dont vous trouverez quelques photos libres de droits ci-dessous. Conscients que des milliers de personnes — usager·ères et travailleur·euses des services publics — voient leurs conditions se dégrader, nous appelons les Genevois·es à venir manifester leur désaccord lors de la journée de grève de la fonction publique du 23 avril prochain. Nous espérons que l’ensemble des associations, partis et syndicats concernés pourront mobiliser largement et demandons en ce sens aux représentant·es du Parti socialiste et des Vert·es au Conseil d’État de sortir de la collégialité concernant ce projet de budget 2026 antisocial et antiécologique.

Conscient•e•xs que la gauche sociale et institutionnelle doit démontrer des alternatives à ce climat austère, nous allons prochainement vous présenter un contre-budget avec des propositions concrètes, en partant des besoins du terrain et de la situation financière du canton.