solidaritéS en soutien avec les luttes des peuples d’Iran
communiqué du 20 janvier 2026
Depuis le 28 décembre 2025, l’Iran est traversé par une vague de manifestations populaires massives. Plusieurs centaines de milliers d’individus se mobilisent à travers le pays, aux cris de « Mort au dictateur » et « Mort à Khamenei ».
Ces protestations ont débuté à la suite de l’effondrement vertigineux de la monnaie nationale iranienne, le rial. Elles ont d’abord émergé parmi les petits et grands commerçants de la capitale. Très rapidement, la contestation s’est propagée à toutes les régions du pays, avec la participation de larges secteurs de la société, en particulier les classes travailleuses, les femmes, les étudiant·e·s, les minorités ethniques, etc. Ces manifestations ne visent donc pas seulement la pauvreté et l’inflation. Le peuple iranien appelle au démantèlement de l’ensemble du système politique autoritaire et injuste qu’est la République islamique.
Comme par le passé, les dirigeants de République islamique d’Iran répriment massivement les manifestations, résultant en l’arrestation et la mort de plusieurs milliers de personnes, les chiffres étant difficiles à estimer avec exactitude. En effet, une coupure quasi totale d’internet a été mise en place par les autorités iraniennes depuis le 8 janvier. Au moment où nous écrivons, le blackout se poursuit : il s’agit d’empêcher la coordination, la médiatisation et le recensement des protestations, de la répression et des tueries.
En plus des défis internes et de la répression sanglante, le mouvement populaire en Iran doit faire face aux menaces d’ingérence étrangère, en particulier de l’impérialisme états-unien et de l’État génocidaire et raciste d’Israël. De même, il existe des tentatives de récupération du mouvement populaire par les courants réactionnaires monarchistes. Soutenu par Trump et Netanyahou, le fils du dernier Shah, Reza Pahlavi, n’est pas un allié des peuples d’Iran. Son projet est autoritaire et ultralibéral. Aucune libération ne peut venir de ces acteurs.
C’est pourquoi nous rejetons toute ingérence des puissances impérialistes et leurs tentatives d’instrumentalisation du mouvement populaire en Iran. Nous condamnons les sanctions américaines et européennes qui contribuent à la crise économique, sans ignorer que cette dernière est d’abord le produit des politiques du gouvernement iranien et de l’oligarchie au pouvoir. Ce sont ces derniers que sanctions et gel des avoirs doivent frapper. Toute forme de soutien au peuple iranien suppose de lui fournir les moyens de sa propre libération, par lui-même, jamais de se substituer à son action pour l’autodétermination, encore moins par la force.
solidaritéS soutient sans réserve les peuples d’Iran en lutte pour leur liberté et leur émancipation. Nous dénonçons la répression meurtrière menée par le régime autoritaire iranien. Ni mollahs ni Shah, nous soutenons l’autodétermination des peuples d’Iran, loin de toute ingérence des puissances impérialistes. Vive la solidarité internationale !