Usurpation du nom de la coalition Ensemble à Gauche et création d’une entité fantoche:les organisations composantes d’EàG dénoncent un coup de force

Communiqué du jeudi 24 février 2022

Vous avez possiblement reçu mercredi 23 février un communiqué de presse soi-disant issu de la coalition Ensemble à Gauche (EàG) intitulé: «Ensemble à gauche s’ouvre aux adhésions individuelles», qui a été repris le 24 février dans un article de la Tribune de Genève.

Le DAL, le PdT et solidaritéS, les trois composantes d’EàG et seuls membres statutaires de la coalition, réfutent l’entier du contenu de ce communiqué, et dénoncent les messages passés et futurs, provenant du nom de domaine ensemble-a-gauche-ge.ch. Ces derniers ne sont pas issus du site officiel détenu par EàG qui demeure eag-ge.ch.

Depuis plusieurs mois, 5 hommes élus au Grand Conseil sous la coalition EàG, détournent à leur profit le nom d’EàG, notamment en s’accaparant le site internet et les réseaux sociaux d’EàG. Ces élus ont démissionné début 2021 de solidaritéS pour créer «Résistons», un parti qui n’est pas membre de la coalition Ensemble à Gauche.

Bien que fortement minoritaires par rapport aux centaines de membres adhérent·es des trois composantes d’EàG, ces 5 élus se retrouvent souvent, suivant les absences, en majorité dans les réunions du groupe parlementaire au Grand Conseil qui compte 11 membres. Ils saisissent donc ces occasions pour passer en force et imposer leurs intérêts particuliers.

Détournement de l’association EàG-Grand Conseil (EàG-GC)

Lors de la dernière réunion du groupe parlementaire ce mardi 22 février, l’absence d’un élu de solidaritéS et de l’élue du PdT garantissait la majorité aux 5 élus de «Résistons». En position de force, ils ont lancé une nouvelle offensive majeure en soumettant au vote une refonte complète des statuts d’EàG-GC, l’association ad hoc dont l’activité s’était jusqu’ici limitée à gérer les flux financiers et l’administration du groupe parlementaire EàG. Cet «amendement général» aux statuts d’EàG-GC, totalisant 3 pages A4, a été envoyé par e-mail en cours de séance! Ce coup de force veut imposer un changement total de la structure et du fonctionnement d’EàG. Un vote qui, à 5 voix contre 4, a donc bien sûr tourné en faveur des élus de «Résistons».

Par leur manoeuvre, ils transforment l’association EàG-GC (aux buts jusqu’ici purement formels et administratifs) en association «Ensemble à Gauche-Genève» (EàG-Genève) qui, en se proclamant «force politique» (art.1) et en s’attribuant les principales compétences politiques et administratives de la coalition EàG, devient ipso facto un nouveau parti politique, excluant complètement les organisations composantes la coalition EàG. Cette association ainsi remodelée serait, selon ses statuts adoptés à une courte majorité, la seule entité habilitée à déposer des listes électorales sous le nom d’Ensemble à Gauche, elle aurait seule la maîtrise des outils de communication d’EàG et déciderait seule des mots d’ordre de votation. Elle remplace les organisations membres de la coalition Ensemble à Gauche avec les membres de l’actuel groupe parlementaire plus tout individu qui adhère aux conditions statutaires de «EàG-Genève».

Instrumentalisation des signataires d’un appel à l’unité

En septembre 2021, un «Appel à la constitution liste unique de la gauche de la gauche aux élections cantonales du printemps 2023» a circulé, avec la signature de plusieurs dizaines de personnes. Ce texte, rédigé par des membres de «Résistons», a été intégré au rang d’annexe dans les statuts de l’association créée par les 5 députés de «Résistons» et la signature de cet appel constitue une condition pour adhérer à «EàG-Genève».

Ce faisant, des personnes qui pensaient sans doute bien faire en signant cet appel à l’unité, se retrouvent instrumentalisées dans le cadre d’un coup de force mené par 5 élus, dont le seul objectif semble être le maintien de leur situation de pouvoir.

Outre les signataires de l’appel, les député·es des composantes, même si ielles ont refusé cette manoeuvre ou étaient absent·es lors du vote, sont aussi forcé·es de faire partie de ce parti unique et même de son comité! Ce qui peut être en contradiction avec les statuts de leurs organisations, par la double appartenance!

Pour solidaritéS, le Parti du Travail et le DAL, ce coup de force est totalement inacceptable. Cet «EàG-Genève» fantoche n’a aucune légitimité ni aucune crédibilité. Les artisans de cette supercherie se ridiculisent s’ils pensent que ces basses manoeuvres puissent constituer une base possible pour un quelconque travail en commun.

L’unité ne se décrète pas, elle se construit par un travail patient pour créer la confiance, dans le respect d’un fonctionnement collectif et démocratique. solidaritéS, le PdT et le DAL y travaillent désormais, dans une collaboration renforcée, loin d’une pseudo-unité de façade.