La fin des manifestations à Genève ?
communiqué de presse du 27 mars 2026
Alors que la RTS a diffusé une enquête accablante sur les violences policières lors de la manifestation du 2 octobre 2025, la droite et les Vert·es estiment que le danger pour la population viendra forcément des manifestant·es contre le G7, réduit·es à la casse et à la violence. Le prétexte pour brider le droit de manifester est tout trouvé
A Genève, la droite réclame la fin des manifs
Ne nous leurrons pas : il est prévisible que le ton monte alors que les violences dans le monde se multiplient, que les inégalités croissent et que la colère populaire s’intensifie. Réserver une réponse policière et répressive face aux demandes de manifestation sera bientôt la seule et unique réaction possible. Là où la plupart des médias et des débats se contentent de parler de vitres cassées et de coûts sécuritaires, nous voyons le seul outil populaire et contestataire inaliénable: descendre dans la rue et crier notre refus de voir génocides, écocides et inégalités perdurer!
En novembre, le PLR a déposé un projet de loi afin de limiter les manifestations politiques au centre-ville le samedi, au motif d’une péjoration des conditions de vie pour les commerçant·es. Discuté au Grand Conseil en plénière le 20 mars dernier, il est jugé d’une restriction trop générale du droit de manifester par la Conseillère d’État Carole-Anne Kast qui bloque le troisième débat et devra donc revenir lors de la prochaine session avec un amendement.
Ce même 20 mars, une résolution et une motion urgente ont été acceptées par le Grand Conseil genevois, l’une du PLR et l’autre du groupe LJS. Ces textes demandent au Conseil d’État d’interdire toute manifestation dans le canton pendant huit jours ou 12 jours avant et après le sommet du G7 (mi-juin). Ces textes servent à alimenter l’offensive médiatique de la droite mais ne sont pas contraignants. La balle est donc dans le camp du Conseil d’État.
Dans le viseur: le G7
Du 15 au 17 juin prochain, le sommet du G7 aura lieu à Evian, où se retrouveront certain·e·s des dirigeants les plus dangereux, autoritaires, criminels, guerriers et mortifères de la planète. A Genève, un contre-événement d’ampleur se tiendra, qu’on le veuille ou non. Des actions sont prévues le week-end précédent : conférences et concerts le samedi 13 juin à l’occasion de rencontres internationalistes, tandis que le dimanche 14 juin s’organise la symbolique et traditionnelle manifestation féministe au sein d’une large coalition NO-G7. Ce sont ces actions qui sont actuellement dans les viseurs des autorités et des partis de droite. Tout est fait pour que la tenue de ces événements soit interdite : des menaces liberticides et contre-productives alors que manifester est un droit fondamental.
Les craintes des un·es permettent la répression et le contrôle débridé des autres. Le Conseil d’État a déjà annoncé une réintroduction du contrôle aux frontières durant le G7, et l’armée a été sollicitée pour appuyer la police pour une durée maximale de trois semaines.
Quand même les Vert·es s’en mêlent…
Au niveau municipal, le MCG a déposé une motion en urgence, afin de demander au Conseil administratif de protéger les commerces du centre-ville des actions de protestation face au G7. Renforcée par ce vote municipal, le 12 mars à Léman Bleu, Marie Barbey-Chappuis, Conseillère administrative du Centre chargée de la sécurité, s’est faite la porte-parole des inquiétudes des faîtières patronales. Plutôt que d’apporter un début d’apaisement, elle a attisé la panique en lâchant les gros mots habituels (« black blocs », « casseurs »), tentant de réduire la manifestation du 14 juin à une entreprise de destruction systématique.
Loin de susciter l’apaisement, cette volonté d’interdiction et ce refus du dialogue nous semblent davantage propices à provoquer l’agitation. La meilleure façon de provoquer les violences c’est d’attenter à la liberté d’expression et d’interdire la tenue d’un village militant, qui centralisera les activités de la coalition NO-G7 et qui, nous le répétons, est conçu dans un esprit pacifique et festif.
Le plus inquiétant est que cette motion a été soutenue par les Vert·es, qui prétendent par ailleurs défendre le droit de manifester dans le cadre du G7, qui invoquent la lutte des classes dans la presse locale et crient “No pasarán” le poing levé aux soirées de gala. Une fois de plus : le chiffre d’affaires des boutiques de luxe en avant, et rien sur le fond. Alors même que la Grève féministe a déposé depuis des mois une annonce (réplique annuelle depuis 2019) de pouvoir utiliser le Parc des Bastions le 13 juin pour des échanges, sans aucune réponse.
Nous déplorons qu’il n’y ait eu aucune réaction du reste des membres du Conseil administratif, Vert·es et PS. Un Conseil à large majorité de gauche pourrait donc brider la possibilité de se réunir, d’échanger et de manifester. Interdire n’est pas se préparer au pire, c’est le fomenter.
Nous rappelons donc nos revendications :
- Nous demandons l’accès au Parc des Bastions tel que sollicité par le collectif genevois de la Grève féministe chaque année.
- Nous appelons Mmes de Chastonay, Kitsos, et Bertossa, M. Gomez à enfin agir pour préserver nos droits fondamentaux !
Le dernier rempart contre l’inhumanité et les violences de ce monde, c’est la solidarité. Celle-ci s’exprime avant tout dans la rue: la réprimer c’est permettre à la barbarie de proliférer.
Manifester contre le G7 et son monde le 14 juin prochain est non seulement un droit, c’est une nécessité ! Nous appelons tout le monde à venir s’exprimer dans la rue !