Nuit de nasse: une punition collective pour une intimidation à large échelle

Lors de la manifestation NOG7 ainsi que durant tout le week-end, un dispositif policier et une répression complètement démesurés ont été déployés. Le tout a culminé avec une scandaleuse nasse policière durant la nuit du dimanche 14 au lundi 15 juin, retenant des centaines de personnes – dont certaines n’avaient même rien à voir avec la manifestation. Ces méthodes répressives ont semble-t-il un objectif: décourager la participation aux prochaines manifestations. Elles auront l’effet inverse et ne feront qu’augmenter notre détermination.

Ce dimanche 14 juin, aux alentours de 20h40, la police a encerclé des centaines de personnes aux abords du Parc Mon Repos et sur le quai Wilson. Ces faits ont eu lieu peu après la fin de la manifestation NOG7 qui a rassemblé 60’000 personnes dans une déambulation déterminée et festive. Au total, près de 300 personnes ont été retenues plusieurs heures – et pour la plupart d’entre elles, jusqu’à 6h du matin. Des personnes blessées et des mineur·e·s étaient parmi les personnes nassées. Durant de longues heures, ils et elles ont été privées de tout accès à l’eau ainsi qu’à la possibilité de faire leurs besoins. Ce n’est que tard que des couvertures de survie ont été distribuées.

Parmi les personnes nassées, une grande partie de l’équipe d’organisation de la manifestation et de la team auto-protection (service d’ordre), des manifestant·es lambda, mais aussi de nombreuses personnes qui n’avaient strictement aucun lien avec la manif NOG7 (passant·es, travailleurs·euses de la buvette de la Perle du Lac, personne sans domicile fixe, etc.).

Une punition collective qui s’apparente à une séquestration

Le prétexte invoqué: opérer des contrôles d’identité. Pourtant, les personnes présentes étaient à visage découvert et nombre d’entre elles étaient connues publiquement pour avoir activement organisé la manifestation. Il ne s’agit donc que d’un prétexte pour pratiquer une intimidation à large échelle. La police a donné de nombreux ordres contradictoires et attendu plusieurs heures avant de commencer à contrôler les identités des personnes retenues. Plusieurs personnes ont même été emmenées et retenues au poste de police de la Gravière jusqu’à environ 8h30.

Une nouvelle étape dans l’arbitraire répressif et l’autoritarisme a été franchie. La disproportion manifeste de la méthode ressemble fort à une punition collective. Retenir des personnes durant plus de 4 heures pour vérifier leur identité n’est tout simplement pas admissible et s’apparente à de la séquestration. Les traitements dégradants qui ont été infligés (au froid durant des heures, devoir faire ses besoins dans les fleurs non loin des autres personnes nassées, etc.) sont des humiliations inacceptables. Mener une nasse aussi aveugle s’apparente à une « fishing expedition », à savoir de la recherche de preuves au hasard, sans indices concrets, ce qui est interdit.

Ces méthodes inqualifiables n’ont pas leur place dans un Etat de droit. Des plaintes seront probablement déposées.

Décourager les manifestant·es, en vain

Cet épisode s’inscrit dans la continuité des dernières semaines de psychose médiatique et politique à propos de la mobilisation NOG7 et un déploiement policier complètement démesuré depuis plusieurs jours. Plus largement, depuis plusieurs mois, on assiste à un accroissement de la répression des manifestations (notamment celles du mois d’octobre 2025 à Genève et Berne en soutien à la Palestine). Ce climat de tension et l’instauration d’un effet dissuasif visait sans doute à décourager un maximum de personnes de rejoindre la mobilisation NOG7 ce dimanche. Mais tous ces efforts ont été vains: la manifestation était grande et belle, et cette répression ne fera qu’augmenter notre détermination!

Olivier Jornot, Carole-Anne Kast et Monica Bonfanti doivent s’expliquer

Qui a ordonné cette nasse? Le procureur général Olivier Jornot? L’Etat-major de la Police? Quel assentiment a été donné par la Conseillère d’Etat socialiste (!) en charge de la Police Carole-Anne Kast? Cette dernière, jointe durant la nasse, ne semblait pas se soucier du sort des personnes retenues. Comment le Conseil d’Etat peut-il, dans son communiqué diffusé ce lundi, ne faire aucune mention de cet épisode et même féliciter les forces de l’ordre? Des réponses à ces questions doivent être rapidement données pour tirer au clair les responsabilités et donner lieu à des conséquences politiques.

solidaritéS appelle toutes les forces démocratiques et de la gauche politique et sociale à dénoncer ces méthodes répressives inacceptables et à demander des comptes. Des conséquences politiques doivent être tirées. Nous appelons notamment au lancement d’une enquête impartiale sur ce qui s’est passé. Nous encourageons également les personnes qui ont subi la nasse à donner des suites juridiques pour faire valoir leurs droits (éventuels dépôt de plainte pour séquestration, demandes d’indemnisations, etc.). Notre mobilisation continue!