Horlogerie

Horlogerie : Ouvrières et syndicat au combat

Moment fort de la grève féministe du 14 juin dernier, plus de 500 personnes se sont réunies au Sentier, lieu de départ de la grève de 1991, pour soutenir les revendications des employées de l’horlogerie.

Grève des femmes 2019 au Sentier

Grève des femmes 2019 au Sentier

Il y a un peu moins d’un an, un groupe d’une quinzaine d’horlogères s’est constitué à la Vallée de Joux avec l’appui du syndicat Unia dans le cadre de la préparation à la grève féministe. Leurs réunions régulières ont donné lieu à un cahier de revendications spécifiques à la branche.

Ce secteur rencontre en effet quelques singularités, puisque c’est notamment celui dans lequel «on trouve le plus de contrats temporaires et les salaires les plus bas» (solidaritéS n°334). Par ailleurs, alors que près de la moitié des employé·e·s sont des femmes, les temps partiels sont très difficiles à obtenir, ce qui porte préjudice à la conciliation de la vie professionnelle et familiale. Malgré cette proportion importante, le taux de femmes occupant des postes de direction n’est que de 1,1 %. Sans oublier l’écart salarial entre hommes et femmes, qui se maintient au taux scandaleusement élévé de 25 %.

Voici quelques-unes des principales revendications qu’elles formulent pour lutter contre la persistance de ces inégalités:

  • La valorisation des salaires, soit l’augmentation des salaires minimum pour toutes et tous et un contrôle indépendant de l’égalité salariale en entreprise.
  • Un meilleur aménagement du temps, qui inclut la facilitation des temps partiels, un congé parental à répartir qui s’ajoute au congé maternité, l’obligation pour les entreprises de soutenir des solutions de garde, l’arrêt des pressions sur les femmes enceintes et la garantie du poste au retour du congé maternité.
  • Un accès facilité à la formation, soit la mise en place d’une commission paritaire pour l’égalité qui aurait la tâche de mettre sur pied des mesures concrètes favorisant l’évolution professionnelle des femmes.
  • Le droit au respect, et particulièrement l’application d’une tolérance zéro face aux cas de harcèlement moral et sexuel, quel que soit le niveau hiérarchique des personnes mises en cause.
  • La convention collective de travail de la branche doit être rendue de force obligatoire, puisque ce sont encore près de 8000 salarié·e·s qui ne bénéficient pas de cette protection.

Après avoir été adopté par les représentant·e·s de la branche horlogère, ce cahier a été déposé auprès de la Convention patronale de l’industrie horlogère suisse fin juin dernier à la Chaux-de-Fonds. Il sera ensuite complété et défendu lors du renouvellement de la convention collective de travail en 2020.

Aurélie Gay