cité Léopard : pas d'expulsions sans solutions acceptables de relogement!

Communiqué de Presse · 29 juillet 2020

Le 27 juillet s’est tenue la première Assemblée générale des habitant·e·s de la Cité Léopard à Carouge, grâce à la mobilisation de plusieurs d’entre elles·eux et de collectifs de soutien. Cette Assemblée a permis aux habitant·e·s d’informer les autorités carougeoises de leur situation et d’exiger leur droit à un logement.

Depuis 10 ans: un propriétaire qui exploite et menace

La situation de la Cité Léopard et de ses locataires est en pourparlers depuis une dizaine d’années maintenant. En 2008, avant sa vente à la SUVA, plusieurs élu·e·s de gauche du Conseil municipal de Carouge avaient demandé un projet de délibération visant l’exercice par la commune du droit de préemption des parcelles de cette Cité, afin que la Fondation HLM de la commune puisse y (re-)construire des logements sociaux salubres et garantir ainsi un développement harmonieux. Une proposition qui a été refusée, laissant de manière irresponsable un propriétaire et sa régie seuls maîtres du destin des locataires.

La Commune de Carouge a proposé de mettre en place un plan de relogement des habitant·e·s dès l’annonce de la destruction de la Cité. Et pour les locataires les moins précaires, leur départ a pu s’organiser. C’était sans compter les intérêts du nouveau propriétaire, qui – face à l’attente toujours longue pour obtenir des autorisations de construire – a décidé d’aller au plus rentable et de relouer les appartements libérés! A des loyers identiques voire supérieurs aux précédents, malgré l’absence de rénovation des immeubles, ce qui rend la Cité de plus en plus vétuste.

Ainsi, en 2020, la Cité est toujours largement habitée, tant par des personnes – parfois très âgées – qui y vivent depuis 50 ans, que par de nouvelles familles. Tous ces foyers ont cependant en commun une difficulté insoluble: trouver à se reloger rapidement, à un coût et pour une surface identiques, si possible pas trop loin de ce quartier qui est leur cadre de vie depuis des années et où leurs enfants vont à la crèche, à l’école. Ce, durant une année secouée par une crise sanitaire sans précédent, dans une ville où, en l’absence d’une politique de logement, il est très difficile de trouver un habitat.

Lors de l’Assemblée du 27, les habitant·e·s ont parfaitement su faire ressentir aux personnes présentes l’angoisse – bien compréhensible – qui est la leur face à l’absence de solution de relogement alors que l’expulsion de leur appartement actuel semble se rapprocher. Car depuis plusieurs mois, la régie se permet d’envoyer des courriers aux locataires leur signifiant leur départ, alors même que des possibilités d’oppositions sont encore en cours, et que l’autorisation de construire n’a pas été délivrée. Une mise sous pression inqualifiable!

Pour la suite : une lutte collective indispensable

La présence de l’ASLOCA et de la maire de Carouge à cette Assemblée a pu permettre un premier dialogue. Des propositions de suivi au cas par cas ont été formulées par les deux entités, avec des rendez-vous individuels pour évaluer les dossiers de chacun·e. Des propositions qui ont été acceptées, mais qui ne suffiront pas.

“Pour s’assurer que tou·te·s les locataires trouvent une solution acceptable de relogement, il faut mener la lutte ensemble” a rappelé Henriette Stebler. Se constituer en collectif d’habitant·e·s et se rencontrer régulièrement, voilà le moyen de faire valoir son droit au logement.

Un manifeste a aussi été accepté lors de cette première Assemblée, revendiquant :

– qu’AUCUNE EXPULSION n’ait lieu sans solution de relocation

– un ETAT DES LIEUX sans exigence de remise en état compte tenie du fait que ces logement sont destinés à la démolition. (Les logements étant très vieux, délabrés et pas entretenus depuis des années)

– le RESPECT DES LOCATAIRES par la régie Géro-finance, qui jusque là s’est permis des traitements méprisant envers les habitant·e·s

– une INFORMATION régulière et complète, sans mensonges, lors de permanences régulières (au rez-de-chaussée d’un des immeubles, qui commenceront dès le 17 août avec une prochaine assemblée des locataires) et jusqu’à la relocation complète des habitant·e·. La cessation immédiate des convocation devant les tribunaux!

– Le SOUTIEN plus actif de la Commune de Carouge pour trouver des solutions à travers la Fondation HLM de la Ville de Carouge et de la Fondation Immobilière de Droit Public Emma Kammacher.

–  Le SOUTIEN des habitant·e·s par le service social de Carouge, par les autres associations d’habitant·e·s, par les Conseillères municipales et du Grand Conseil présent·e·s à l’Assemblée du 27 juillet, ainsi que par l’ASLOCA

Des PROPOSITIONS ACCEPTABLES D’APPARTEMENTS À LOYERS MODÉRÉS au plus vite!

solidaritéS soutient pleinement les revendications et la démarche des habitant·e·s de la Cité Léopard!

Nous continuerons cette résistance en vous en informant régulièrement.

Prochaine assemblée: le 17 août à 18h30 à la Cité Léopard pour la constitution d’une association des habitant·e·s de la Cité Léopard.