Éducation

Éducation : Victoire contre une mesure honteuse

Dépôt de la pétition contre la hausse des écolages

En septembre 2018, le Conseil d’État neuchâtelois a décidé de lisser les écolages en Écoles supérieures (ES) – formation professionnelle à plein temps – à 1000 francs alors que certains étaient à 750 francs. Il était également question de les doubler ensuite à 2000 francs. Face à cette attaque contre les étudiant·e·s des filières ES, une pétition a été lancée par une coalition réunissant SSP, SUD-EP, Unia, Jeunes POP, POP, solidaritéS et Jeunes Socialistes. Cette pétition a été soutenue par le PS. Ce parti encore une fois s’oppose aux conséquences logiques des baisses d’impôts qu’il défend et à l’action de ses élu·e·s à l’Exécutif, pourtant majoritaires. 2670 signatures ont ainsi été remises au gouvernement le 1er avril dernier. Ce qui a payé.

Dans un arrêté du 12 juin, le Conseil d’État est revenu en arrière. Mais le lissage à 1000 francs est conservé et des coupes sont probables ailleurs. Rappelons aussi l’existence d’autres mesures scandaleuses: coupes successives à l’école obligatoire et à l’université, dans l’archéologie, dans l’orthophonie, menace de fermeture de la Haute École de Musique, ou encore diminution des salaires des apprenti·e·s de l’État.

Dans cette approche que nous contestons, le système éducatif est un instrument qui renforce le système capitaliste, à travers le formatage des futur·e·s travailleurs·euses à l’économie de marché. Le remplacement des filières classiques par des formations duales résulte moins des contraintes du marché du travail subies par les étudiant·e·s que d’une idéologie productiviste qui n’épargne pas les personnes en formation.

Pour défendre une éducation démocratique et émancipatrice, il est nécessaire de sortir de l’austérité imposée par les libéraux de droite comme de gauche. L’éducation n’est pas un secteur indépendant du reste de la vie sociale, et les coupes dans les aides sociales, par exemple, prétéritent les étudiant·e·s les plus défavorisé·e·s et restreignent leur accès à la formation, accentuant encore les inégalités. Nous ne nous contentons pas de victoires sectorielles, qui ne mènent qu’au report des coupes dans d’autres domaines. Ce sont les fondements du système éducatif qu’il faut revisiter.

La bataille pour une formation de qualité est loin d’être finie à Neuchâtel. Cet exemple montre qu’il vaut la peine de combattre les attaques contre le système éducatif, pour la défense des étudiant·e·s et des apprenti·e·s. Cette victoire est en effet largement due à la participation de jeunes et d’étudiant·e·s. Cela montre qu’un plus grand engagement politique des étudiant·e·s dans tous les secteurs, par exemple dans les organes représentatifs de leurs établissements ou via la création de syndicats étudiants, encore très peu présents dans le canton de Neuchâtel, permet de faire la différence.

Robin Augsburger Florent Blanc