Prise de position de solidaritéS
votation populaire du 8 mars 2026
Sabrer la RTS ? NON
Le service public est en danger !
L’initiative populaire « 200 francs ça suffit » vise à réduire le mandat de la SSR. Porté par l’UDC et les jeunes PLR, le texte de l’initiative exempte complètement la contribution des entreprises et prévoit une diminution de la taxe des ménages. La baisse de la redevance est continue depuis plusieurs années : on est passé de 450 francs à 365 francs en 2019, puis à 335 francs en 2021. En dépit des coupes sombres qu’elle a déjà subies, la SSR assure aujourd’hui encore une information de qualité, multilingue, représentative de toutes les régions. Mais là, c’est le coup de grâce qui s’annonce. Les initiants ne visent que la SSR, les médias privés, eux, ne seraient en effet pas impactés par cette nouvelle réduction de la redevance.
Une fois de plus, le capitalisme veut mettre à mal l’accès de la population à une information indépendante, indifférente aux nombres de clics, pilier de notre démocratie. Nous refusons que la cohésion nationale et l’impartialité de notre service public soit affaiblie par le profit et les intérêts privés de l’économie de marché.
Une information publique de qualité a un coût, mais c’est de l’argent bien placé qui permet au service public de lutter contre les fake-news, contre les discours masculinistes, contre les propos homophobes, transphobes, ouvertement racistes et décomplexés qui nous assaillent notamment sur les réseaux sociaux. C’est pourquoi nous refusons cette initiative qui met en danger une information indépendante, indifférente aux nombres de clics. Nous ne baissons pas les bras devant les partisans du rouleau compresseur Trump. Nous voulons un service d’information public qui ne soit pas à sa botte.
Imposition individuelle OUI
Un pas vers une égalité émancipatrice
L’imposition des couples et des individus est un long serpent de mer parlementaire, mais jusqu’à présent aucun compromis n’avait pu être trouvé. La loi actuelle est centrée sur le modèle de la famille dite traditionnelle : l’homme gagne l’argent, la femme travaille gratuitement à la maison. L’initiative populaire des « Femmes PLR » pour une imposition individuelle a poussé le parlement à se mettre d’accord sur une nouvelle loi. Immédiatement contestée par les défenseurs de la famille traditionnelle, principalement Le Centre, l’UDC et les Evangélistes, cette loi a fait l’objet d’un référendum qui a abouti.
Principales modifications proposées proposée par la loi sur laquelle porte le vote :
– L’imposition est indépendante de l’Etat civil. Chaque personne, mariée ou non, fera une déclaration et paiera un impôt.
– Les déductions fiscales pour enfants sont augmentées
– Abaissement du taux d’imposition pour les bas et moyens revenus
– Légère augmentation du taux d’imposition des revenus élevés
En cas d’acceptation de cette loi, l’imposition individuelle sera applicable à tous les niveaux d’imposition, fédéral, cantonal et communal. Les déductions et modifications de barème sont valables pour l’impôt fédéral uniquement. Tous les cantons devront adapter leur législation fiscale à la nouvelle situation et les mesures au niveau fédéral sont une indication sur ce qui pourrait se passer.
Dans cette réforme, il y aura des gagnants et des perdants. Les gagnants seront les couples mariés avec enfants de bas et moyens revenus et les personnes non mariées. Les principaux perdants seront les couples mariés avec un seul revenu, en particulier si le revenu du parent qui gagne de l’argent est élevé. Cette réforme, si elle passe, aura un coût pour les finances publiques estimé à 630 millions pour le niveau fédéral. Quant à ce qui se passera dans les cantons, bienvenue dans la bataille politique.
Les opposants, les milieux religieux/familles nous assènent depuis des années que les couples mariés sont désavantagés par les impôts. On voit bien que c’est plus complexe et qu’en réalité ce qu’ils défendent, c’est la famille avec un couple marié.
Nous sommes partisan·e·s de l’imposition individuelle, signe d’autonomie et d’indépendance. Nous espérons que cette loi passera et qu’on pourra aller de l’avant vers plus d’égalité et d’émancipation.
Fonds climat OUI
L’avenir, c’est maintenant !
Le vote sur cette initiative appelle un vote de principe. Voulons-nous utiliser une plus grande partie de la richesse de la Suisse pour réorienter l’économie vers les énergies renouvelables, l’adaptation à la crise climatique et l’autonomie, cela de manière socialement équitable ? Notre réponse est clairement OUI.
Le Conseil Fédéral et le parlement considèrent que l’on en fait assez et qu’il faut continuer sur la voie actuelle. C’est une politique de courte vue, c’est foncer droit dans le mur.
L’initiative demande des mesures nouvelles pour sortir des énergies fossiles, développer le renouvelable, adapter la société au réchauffement climatique, développer la formation pour ces objectifs, renforcer la biodiversité. Ce qui est visé, c’est une transformation de la structure productive pour l’orienter vers l’énergie renouvelable et le renforcement de la résilience de la société face au choc climatique. Un accent fort est mis sur la formation et la reconversion professionnelle.
Voter OUI à l’initiative est un signal clair que nous voulons changer de cap.
A nos yeux, il manque un volet à l’initiative, c’est celui de la décroissance. L’initiative soutient une utilisation efficace et économe de l’énergie, mais nous pensons que nous devons aussi réduire la consommation d’énergie, notamment par la réduction du nombre de véhicules privés et la consommation d’objets inutiles. Cela implique sortir du capitalisme, ce qui n’est évidemment pas simple, mais nous sommes convaincus que meilleur sera le résultat de l’initiative, meilleures seront les conditions pour bifurquer vers le renouvelable et le résilient.
Monnaie sous forme de billets et pièces
Quoi que vous voterez, ça ne changera rien ! Ce vote n’a lieu que parce que des milieux hétéroclites, bien marqués à droite, ont suffisamment d’argent pour payer des récolteurices de signatures. L’initiative porte un titre bien ronflant « Oui à une monnaie suisse libre et indépendante sous forme de pièces ou de billets (l’argent liquide, c’est la liberté) ». En réalité, elle n’apporte rien qu’on n’aurait pas déjà. Le parlement a proposé un contre-projet qui prévoit d’inscrire le franc comme monnaie suisse dans la Constitution (et non plus seulement dans la loi) et de garantir l’approvisionnement en numéraire (càd en argent liquide). Le franc suisse ne risque pas de disparaître en catimini ! Si la Suisse voulait changer de monnaie, elle devrait de toute façon passer par un vote populaire. Nous voterons NON à l’initiative, et OUI au contre-projet, même si nous doutons fort de son utilité….