Russie

Russie : Poutine - Une réélection au goût de sang

Une réélection au goût de sang

Dans un mois, les citoyen·ne·s russes éliront leur président. Six hommes et une femme sont en lice face à Poutine, mais le résultat est prévisible comme jamais. Et la répression bat son plein.

Le simulacre de compétition politique semble ne servir qu’à légitimer le quatrième mandat présidentiel de Vladimir Poutine, le 18 mars prochain. Mais la victoire annoncée du président sortant, permise par le contrôle étroit du Kremlin sur la vie politique du pays, ne suffira pas à dissimuler la crise profonde du modèle de «démocratie dirigée» de Poutine. Ce dernier ne propose aucun programme clair. Sa campagne joue sur l’absence d’alternative fiable à sa candidature, avec un message simple: voter Poutine signifie remplir son devoir patriotique. Ce n’est pas un hasard si le scrutin a lieu le jour officiel de la «réunification» de la Crimée avec la Russie.

Bien que Poutine s’abstienne de participer aux débats, se plaçant au-dessus de la mêlée, ses concurrent·e·s doivent jouer le jeu de la bataille électorale, tout en ne dépassant pas les limites définies par le Kremlin. Face aux 47 % de participation de 2012, leur mission est d’encourager la participation des résigné·e·s et des sceptiques. Et de détourner l’attention de la campagne de boycottage de l’élection menée par Alexeï Navalny, chef de l’opposition libérale, dont la candidature a été invalidée.

La gauche russe appelle aussi à boycotter le scrutin. Le pouvoir, de plus en plus paranoïaque, voit une menace dans ces faibles contestations par les mouvements anti­capitalistes et antifascistes. L’hiver dernier, des antifascistes de Penza et de Saint-Pétersbourg, accusés d’appartenir à une organisation terroriste fictive, ont été arrêtés et torturés. Ils parlent de torture à l’électricité, de pendaison par les pieds ou les bras. Certain·e·s ont simplement disparu. Bref, la réélection de Poutine garantit une chose pour la gauche russe: toujours plus de répression et de morts, aux mains d’une police ayant tous les droits, dans un pays dirigé par un officier du KGB.

Hanna Perekhoda