Libération de deux militants emprisonnés

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Oleg Sentsov accueilli par président ukrainien Volodymyr Zelensky

SolidaritéS fait partie des organisations qui furent à l’initiative d’une campagne internationale pour la libération d’Olexandre Koltchenko, un militant anarchiste et écologiste de Crimée et de son co-accusé Oleg Sentsov, cinéaste. Suite à l’annexion de la Crimée par la Russie, les deux militants ont été kidnappés et condamnés pour « terrorisme » à 10 ans et 20 ans de prison. Depuis lors, ils n’ont cessé de défier le pouvoir de Poutine avec courage et fierté. Sentsov a entamé une grève de la faim qu’il a poursuivie pendant 145 jours.

Les deux hommes ont été libérés le 7 septembre lors d’un échange de prisonniers entre Kiev et Moscou. Néanmoins leur libération n’était possible que sous une condition: Poutine a obtenu en retour la libération par l’Ukraine d’un suspect clé dans l’affaire de l’avion civil MH17 abattu en 2014 vraisemblablement par un missile russe.

La première déclaration de Sentsov après son retour en Ukraine était celle de solidarité: « Nous devons nous rappeler que dans les prisons russes, nombreux sont aussi les Russes qui se battent pour eux-mêmes, pour une Russie libre et pour notre Ukraine. Ce sont nos vrais frères et nous ne devons pas les séparer de nous ». Il a notamment fait référence à Konstantin Kotov condamné à quatre ans de prison pour avoir protesté contre les persécutions politiques des musulmans en Crimée et pour avoir participé aux manifestations en faveur d’élections démocratiques. En effet, les habitant·e·s de Moscou ont envahi les rues de la capitale tout au long du mois d’août  et des milliers de personnes ont été arrêtées, bien que peu d’entre elles semblent avoir été condamnées à des peines aussi sévères que celle de Kotov.

La solidarité internationale peut sauver des vies. À cet égard, cette campagne a été un succès extraordinaire. Pourtant, il reste encore des centaines d’Ukrainien·ne·s et des Russes, ayant osé défier le régime de Poutine, qui sont enfermé·e·s dans les camps et qui purgent des peines pouvant aller jusqu’au 25 ans de prison.

Hanna Perekhoda