solidaritéS s’engage dans le référendum contre la motion Ettlin
Communiqué
10 juin 2026
Le 1er juin 2026, la majorité de droite et bourgeoise du Conseil national a accepté le projet de modification de la Loi sur les conventions collectives de travail (LCCT) qui vise à faire primer les CCT étendues sur les salaires minimaux cantonaux.

La motion avait été proposée par le député du Centre, Erich Ettlin, un des lobbyistes les plus fervents du patronat suisse et suivie par une majorité de Conseiller·es d’État à mille lieues de comprendre la dure réalité économique des travailleuses et travailleurs pauvres.
La motion Ettlin aurait comme conséquence de retirer le droit au salaire minimum aux salarié·exs soumis à des CCT étendues qui fixent des salaires inférieurs aux salaires minimums légaux.
Si cette modification était appliquée, elle aurait des conséquences désastreuses pour les salarié·exs du pays: des dizaines de milliers de travailleur·sexs dans des métiers souvent mal-payés, comme la restauration, la coiffure et les soins, se verraient refuser le droit à des salaires dignes. Elle priverait par ailleurs d’autres régions de ce progrès social élémentaire.
Là où des salaires minimums ont été adoptés, les effets sont unanimement positifs: ils ont amélioré de façon substantielle les revenus les plus bas et ont fait diminuer le recours aux aides sociales sans faire augmenter le chômage. Un salaire minimum cantonal est une mesure particulièrement importante pour les deux tiers des femmes qui constituent la part des bas salaires en Suisse. Il est inacceptable que 25% des femmes en Suisse doivent encore survivre avec moins de 2500 francs par mois!
Cette modification de loi n’est pas seulement profondément antisociale, elle est aussi anti-démocratique, car elle contourne la volonté populaire des cantons qui ont déjà plébiscité les salaires minimums légaux.
Ne nous laissons pas duper par le discours creux de la droite qui prétend vouloir «défendre le partenariat social». Dans les secteurs à bas salaire, le rapport de force est hautement défavorable aux travailleuses et travailleurs, même dans les secteurs conventionnés comme l’hôtellerie-restauration ou la location de services.
La motion Ettlin n’a qu’un seul objectif: servir les intérêts patronaux sur le dos des travailleur·sexs et organiser la précarité!
Défendre le principe des salaires minimaux est un premier pas dans le renforcement des droits sur un marché du travail dérégulé et soumis à la sous-enchère salariale.
Par ailleurs, dans un contexte où les salaires ne suivent pas l’inflation, les salaires minimums cantonaux font office de plancher pour l’ensemble des salaires; ils constituent une pierre à l’édifice de la lutte pour l’augmentation générale de tous les salaires!
solidaritéS a participé à la bataille pour l’établissement de salaires minimums dans plusieurs cantons.
À Neuchâtel, solidaritéS a mené et gagné une longue bataille constitutionnelle que nous avons initiée en 2006 en déposant au Grand Conseil un décret pour instaurer le principe d’un salaire minimum cantonal. Nous avons ensuite participé activement à l’élaboration de la loi cantonale qui est entrée en vigueur 10 ans plus tard, après différentes attaques finalement perdues par nos adversaires au Tribunal fédéral.
À Genève, solidaritéS avait déposé seul plus de 12000 signatures pour que le peuple puisse se prononcer une première fois sur cette question. Nous avons également participé activement à la deuxième récolte lancée en 2018 par la communauté d’action syndicale et qui a connu un dénouement heureux en 2020.
Dans le canton de Vaud, nous avons été le fer le lance du comité d’initiative pour un salaire minimum légal de 23,60 francs de l’heure. Le 14 juin dernier, les votant·es ont accepté d’ancrer le principe d’un salaire minimum dans la constitution et il appartient maintenant au Conseil d’État, dont le contre-projet a été rejeté dans les urnes, d’appliquer cette volonté populaire!
Nous soutenons donc fermement le référendum lancé par l’Union syndicale suisse, dans son assemblée des délégué·exs du 5 juin 2026 et nous engagerons dans la récolte des signatures nécessaires pour le faire advenir. Enfin, nous appelons toutes les forces politiques, associatives, féministes ou encore pour la défense des droits démocratiques à s’emparer de ce référendum et à s’y engager à nos côtés.
- NON à la motion Ettlin qui veut faire prévaloir les CCT sur les salaires minimums!
- NON à la sous-enchère salariale!
- OUI à des salaires dignes pour vivre de son travail!
- OUI aux salaires minimums légaux!
- OUI aux augmentations généralisées de salaire et à la baisse du temps de travail!