Minimum vaudois saison 3, la bataille continue

Le 14 juin, le Canton a passé un cap. L’initiative populaire pour inscrire le principe d’un salaire minimum dans le canton de Vaud a été adoptée de justesse. En revanche, avec le refus de l’initiative législative, il n’y aura pas de salaire minimum en vigueur au 1er janvier 2027. La bataille pour des salaires et des conditions de vie dignes se poursuit!

Pancartes en faveur du salaire minimum vaudois
Lausanne, 1er Mai 2026
Marco Lopez

En acceptant le principe d’un salaire minimum, la population vaudoise a donné un signal clair en faveur de meilleures conditions de vie pour tou·texs et de la revalorisation des métiers féminisés, indépendamment de la nationalité. Ce n’était pas gagné d’avance.

Durant la campagne, le Conseil d’État, les partis de droite et une partie du patronat ont brandi leur contre-projet trompeur, enchaîné les mensonges ou les approximations (catastrophe économique, fin du partenariat social, etc.) et attisé un sentiment anti-frontaliers. Tout cela au mépris des expériences concrètes et très positives de salaires minimums introduits dans d’autres cantons

Dans ces conditions il était prévisible que nombre de vaudois·es finissent par refuser cette mesure. Sans compter que les salaires minimums sont attaqués de toutes parts par le patronat et ses représentant·es politiques: exclusion des jobs d’été à Genève ou primauté des CCT au niveau fédéral. 

Malgré tout, la dynamique unitaire qu’Ensemble à Gauche a impulsé en 2022 et menée jusqu’au bout a payé. Preuve qu’unies, les forces progressistes peuvent obtenir des victoires qui améliorent concrètement la vie des gens. Une victoire pour une proposition que nous portons depuis plus de vingt ans!

Deux points noirs de la campagne. D’abord, les organisations politiques et syndicales n’ont pas su construire une campagne à partir des personnes concernées par les bas salaires pour rendre concrètes leurs conditions et leur permettre de s’auto-organiser et s’approprier cette bataille. Ensuite, cette campagne a eu une grande peine à rendre clair que le salaire minimum bénéficie à l’ensemble des salarié·es et renforce la position de l’ensemble de la classe des travailleur·ses, même si l’avancée reste très modeste.

Se battre pour un salaire minimum vaudois

Sans l’initiative législative, pas de vrai salaire minimum le 1er janvier 2027. Le Conseil d’État a désormais un délai de six mois pour proposer un projet de loi. Le cadre de l’initiative constitutionnelle est clair: «l’État institue un salaire minimum applicable en principe à tous les secteurs économiques». Mais, compte tenu du rapport de force au niveau cantonal, rien de garantit qu’il ne jouera pas la montre. Surtout, il faut s’attendre à ce qu’il cherche une nouvelle fois à limiter au maximum la portée de cette avancée sociale. 

Ensemble à Gauche aura donc pour objectif de défendre un vrai salaire minimum au parlement vaudois. Contre la logique Ettlin du contre-projet qui veut faire primer les CCT. Pour une indexation annuelle automatique et pleine. Pour un montant de départ digne.

Continuer la campagne dans les villes

Les résultats se caractérisent aussi par une distinction claire entre ville et campagne. Partout où Ensemble à Gauche est implanté, l’initiative a fini largement devant le contre-projet. Dans les villes de Nyon, Morges, Yverdon-les-Bains, Vevey, Montreux et Lausanne, le salaire minimum a donc une forte légitimité démocratique.

Or, le 10 juin, le Tribunal fédéral a rendu un arrêt qui atteste que les communes sont compétentes pour mettre en place un salaire minimum sur leur territoire. Devant l’absence d’une loi d’application du salaire minimum vaudois, une nouvelle voie s’est ouverte: les communes qui le souhaitent peuvent mettre en œuvre un salaire minimum à leur niveau.

Ensemble à Gauche s’engagera donc à promouvoir des initiatives analogues dans un maximum de communes.  À Lausanne, l’initiative constitutionnelle a obtenu plus de 65% et la législative presque 63%. Forte de sa représentation renforcée au Conseil communal, EàG Lausanne interviendra dès la reprise des séances plénières au mois d’août pour demander la mise en œuvre rapide d’une déclinaison communale de l’article constitutionnel sur le salaire minimum. 

Guillaume Matthey

Référendum contre Ettlin

 L e 1er juin 2026, la majorité de droite et bourgeoise du Conseil national a accepté le projet de modification de la Loi sur les conventions collectives de travail (LCCT). 

À l’origine, Erich Ettlin, député du Centre et un des lobbyistes les plus fervents du patronat suisse. Elle fera primer les CCT étendues sur les salaires minimaux cantonaux. solidaritéS participe à la récolte de signatures!

Une longue histoire

solidaritéS a participé à la bataille pour l’établissement de salaires minimums dans plusieurs cantons. 

À Neuchâtel dès 2006 jusqu’à l’entrée en vigueur de la loi cantonale 10 ans plus tard

À Genève, solidaritéS avait déposé seul plus de 12000 signatures en 2008 pour que le peuple puisse se prononcer une première fois, puis participé activement à la deuxième initiative qui a connu un dénouement heureux en 2020. 

Dans le canton de Vaud, nous avons porté ce sujet dès 2007, avec une première votation en 2011 qui avait déjà failli réussir (49% de oui).