Du PAFE à la LAFE: une baffe pour le conseil d’État

À la suite d’un référendum lancé par la gauche politique et syndicale, les citoyen·nes fribourgeois·es étaient appelé·es à se prononcer sur le paquet austéritaire du Conseil d’État. Le résultat est sans appel, près de 70% des votant·es rejettent la destruction des services publics.

Action devant le Conseil d’État de Fribourg contre la LAFE
Action devant le Conseil d’État, Fribourg, 30 mars 2026

Le PAFE (programme d’assainissement des finances de l’État) avait déjà fait l’objet d’une vaste mobilisation en octobre, se traduisant par une grève des travailleurs et travailleuses du secteur public et parapublic et plusieurs manifestations (voir nº 454). Il avait malgré tout été accepté dans un Grand Conseil largement dominé par le camp bourgeois, à la suite de quoi le Parti socialiste et le Syndicat des services publics ont lancé un référendum

Le Grand Conseil désavoué par le peuple

Malheureusement, pour des raisons constitutionnelles, celui-ci ne pouvait porter que sur une partie du programme austéritaire, en visant uniquement sa loi d’application (la LAFE). Une grande partie des mesures désirées par le camp bourgeois (augmentation des frais d’écolage, renchérissement des examens de CFC, coupes massives dans l’agriculture et l’environnement, hausses de diverses taxes et émoluments sur les services de l’État) n’est donc pas remise en cause par le référendum.

Nous avons mené une belle campagne dans la rue et sur les lieux de travail et nous avons rappelé la situation idyllique des finances de l’État: si l’argent manque, il faut le chercher dans la poche des actionnaires, qui bénéficient depuis 2014 d’une baisse massive de l’imposition du capital. 

Partout, la population a montré son attachement à des services publics de qualité. Cet attachement s’est traduit dans les urnes: dimanche 26 avril, 68,57% des votant·es ont rejeté la logique austéritaire du Conseil d’État. 

Ce camouflet ne vise pas que les mesures contenues dans la LAFE, mais bien la logique austéritaire dans son ensemble: le Conseil d’État doit maintenant retirer l’ensemble des dispositions du PAFE!

Et la suite?

Du côté syndical, nous continuerons à défendre l’existence de services publics œuvrant pour le bien commun et pas pour les intérêts de quelques-uns. Cette attaque néo­libérale et austéritaire n’est pas propre à Fribourg, comme en témoignent les projets similaires menés dans d’autres cantons, au niveau fédéral et au niveau international. 

La résistance viendra d’en bas, des syndicats au collectifs d’usager·es. Elle se concrétisera notamment à l’occasion du G7 en juin prochain et de la prochaine grève féministe générale le 14 juin 2027!

Anouk Essyad