Confédération: encore un bug?
Les bons comptes font les bons amis, dit un dicton populaire. S’agissant des comptes de la Confédération, ils confirment que les amis du libéralisme ont besoin de cours de rattrapage, et ailleurs qu’à leur stamm de l’université de St-Gall.

Ainsi, Karin Keller Sutter prévoyait un déficit pour l’année 2026 de près de 700 millions. Le plus sérieusement du monde, elle annonce maintenant que ce déficit s’est transformé en excédent pour un montant de 800 millions. La courge s’est transformée en carrosse.
Plutôt que de s’interroger sur cette monumentale erreur de prévision, les politicien·nes bourgeois·es sautent sur l’occasion pour déclarer que cela fera très bien l’affaire pour augmenter les dépenses militaires (rallonge de 970 millions pour l’armée annoncée par le Conseil fédéral), et éviter d’augmenter la TVA. Leur aplomb n’a d’égal que leur arrogance. Car sans cette rallonge pour l’armée, les recettes supplémentaires seraient de 2,5 milliards.
Catastrophisme budgétaire
Répétant sur tous les plateaux et dans tous les micros que la situation financière de la Confédération est inquiétante, les représentant·es des partis bourgeois manient la tronçonneuse encore mieux que leur collègue argentin, le libertarien Milei. Le programme d’allégement budgétaire 2027 rase tout. Du million de francs destiné à la lutte contre les violences domestiques à la protection des forêts.
Le catastrophisme habituel de la planification budgétaire ne sert qu’à justifier des choix politiques d’austérité. Le dogme libéral du «moins d’État» se traduit en permanence par des coupes financières. Sauf pour l’armée, la grande gagnante de ce Monopoly.
Armée plutôt que climat
Grand écart aussi sur les grandes menaces, désignées par les sept sages de la coupole fédérale. Chasser les canicules, la sécheresse, la fonte des glaciers avec des F-35 et des missiles Patriot, voilà en résumé le verbiage militariste du gouvernement. L’aggravation des catastrophes climatiques, n’est qu’un évènement mineur pour nos experts en géopolitique.
Dans un communiqué, le Conseil fédéral «entend accélérer des investissements essentiels dans la sécurité… Les actions hybrides et les attaques à distance constituent les menaces les plus probables pour la Suisse». Que fait le parti socialiste dans ce navire en perdition?
José Sanchez