Le droit de manifester encore attaqué
Un an après une manifestation spontanée dénonçant le meurtre de journalistes à Gaza, un militant de BDS Neuchâtel est accusé d’être à l’origine du rassemblement et d’être responsable du court blocage de la circulation.

Le 14 août 2025, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Neuchâtel pour une manifestation spontanée dénonçant l’assassinat ciblé de journalistes internationaux dans la bande de Gaza. L’appel à rassemblement était porté par plusieurs collectifs, dont BDS Neuchâtel, Jura Palestine et solidaritéS.
À cause des perturbations du trafic routier, TransN, l’entreprise des transports publics neuchâtelois, a porté plainte contre X. La police, s’appuyant sur une enquête bancale, s’acharne sur un militant de BDS.
Comme d’autres personnes présentes ce jour-là, notre camarade de BDS portait un mégaphone et, à la fin de l’événement, a pris du temps pour discuter avec d’autres manifestant·exs. Selon le rapport de police, voilà des preuves suffisantes pour faire de lui l’organisateur de la manifestation. Sur cette base, deux policiers en civil ont tenté d’obtenir son identité, sans interpellation formelle mais en recourant à des intimidations répétées sur son «intérêt à collaborer».
Acharnement judiciaire
Ces dernières années, la répression de l’exercice des droits politiques et les méthodes policières à Neuchâtel inquiètent les militant·exs. Le même camarade de BDS, en 2024, a déjà reçu plusieurs appels sur son téléphone privé le sommant de donner des informations sur «le mouvement pro-palestinien», là encore hors de toute procédure formelle.
En mai de la même année, un policier avait également tenté d’infiltrer une assemblée de la Fédération des étudiant·exs.
En 2023, c’était la Grève féministe qui était attaquée en justice pour avoir emprunté l’Avenue de la gare sans autorisation.
Pétition
Face à cette situation, BDS Neuchâtel a lancé une pétition de soutien et appelé à un rassemblement devant le tribunal, le 31 août. Mais deux semaines avant l’audience, le militant accusé a été informé sans aucune justification du report du procès.
Face à ces attaques qui individualisent la lutte, ne laissons pas la justice saboter le soutien collectif!
La pétition peut encore être signée et un appel à rassemblement sera communiqué dès que l’audience sera reprogrammée.
Timothé Chételat